États-Unis : les Démocrates nomment un pro-Israël au sous-comité du Moyen-Orient
La nomination de Moskowitz scandalise les progressistes, qui le jugent en décalage avec le parti, mais ses partisans y voient une stratégie payante face aux Républicains
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

WASHINGTON — Les dirigeants Démocrates à la Chambre des Représentants des États-Unis ont nommé l’un des plus fervents partisans de l’État hébreu à un poste clé de politique étrangère, une décision qui a suscité la colère des progressistes, lesquels estiment que l’élu est en décalage avec la dynamique actuelle du parti sur la question.
Le Représentant américain Gregory Meeks, chef de la minorité Démocrate au sein du comité des Affaires étrangères de la Chambre, a annoncé mardi que le Représentant Jared Moskowitz occuperait les fonctions de chef de la minorité au sous-comité du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
Meeks a également nommé deux autres Démocrates pro-Israël au sein du comité des Affaires étrangères, à savoir les Représentants Debbie Wasserman Schultz et Wesley Bell, aux côtés du Représentant progressiste Mark Pocan.
En tant que chef de la minorité, Moskowitz disposera d’un certain contrôle sur les projets de loi de la Chambre liés à la politique au Moyen-Orient, bien que l’influence du Congrès en matière de politique étrangère se soit considérablement réduite, aussi bien sous les administrations Démocrates que Républicaines.
Moskowitz sera également en position de présider le sous-comité si les Démocrates reprennent la Chambre à l’issue des élections mi-mandat de novembre prochain. Toutefois, la direction du parti pourrait choisir de suivre une autre voie.
En acceptant cette nomination, Moskowitz a écrit sur X (anciennement Twitter) qu’il s’efforcerait de « renforcer les relations de l’Amérique avec Israël et nos alliés du Golfe, consolider la paix régionale, faire progresser la diplomatie américaine et veiller à ce que notre politique étrangère repose sur la force, la sécurité et le pragmatisme ».
Cette nomination a été rapidement critiquée par l’aile progressiste du parti.
« Ne confiez pas notre politique au Moyen-Orient à des faucons pro-Israël en décalage avec notre électorat », a écrit sur X le Représentant Ro Khanna.
Ancien conseiller principal du président américain Barack Obama, Ben Rhodes a qualifié la nomination de Moskowitz de « gigantesque bras d’honneur de la direction Démocrate aux électeurs du parti ».
« Il semble complètement fou de placer à ce poste un type qui a soutenu la guerre de Trump contre l’Iran et qui a appuyé de manière totale et inconditionnelle l’anéantissement de Gaza par Israël », a déclaré Matt Duss, ancien conseiller en politique étrangère du sénateur Bernie Sanders, aujourd’hui vice-président exécutif du Center for International Policy, un think tank progressiste.
« Les électeurs Démocrates — tout comme de nombreux Démocrates au Congrès — souhaitent réellement exercer un contrôle strict sur les dossiers iranien et gazaoui. Avec Moskowitz à la présidence, ils devront se battre non seulement contre les Républicains, mais aussi contre leur propre direction », a-t-il ajouté.
Certains au sein du parti ont discrètement défendu cette décision.
Un conseiller parlementaire Démocrate a déclaré au Times of Israel que le but de cette nomination était d’épauler Moskowitz en vue d’une élection difficile en novembre prochain, dans une circonscription dont le découpage a récemment été remanié en faveur des Républicains.
Ce conseiller a également souligné que Moskowitz venait de vaincre un anti-sioniste déclaré lors de la primaire Démocrate pour son siège à la Chambre en Floride, et que le parti comptait toujours un électorat non hostile à Israël.
« Est-ce que les Démocrates tentent de dire à d’autres Démocrates que ceux qui soutiennent la relation entre les États-Unis et Israël ne sont pas les bienvenus aux postes de direction — alors à qui le tour après cela ? », a déclaré le Représentant Josh Gottheimer au New York Times. « S’agit-il d’un nouveau critère d’exclusion pour présider les comités ? Moskowitz est plus que qualifié pour le poste. »
L’organisation Democratic Majority for Israel s’est également inscrite en faux contre ces critiques, rappelant en réponse au message de Rhodes que Moskowitz avait remporté haut la main sa récente primaire face à un candidat anti-Israël.
Selon un sondage réalisé en mai par le New York Times et le Siena Research Institute, 74 % des électeurs Démocrates sont opposés à toute aide américaine à Israël. Soixante pour cent des personnes interrogées déclaraient éprouver plus de sympathie pour les Palestiniens, contre seulement 15 % pour Israël.
Selon ce même sondage, 48 % des Démocrates estiment que le parti apporte un soutien « trop important à Israël », contre 8 %, qui le jugent insuffisant, et 34 % qui l’estiment « approprié ».
la Communauté du Times of Israël !







