« Honte à vous » : Un ex-otage et des familles de victimes répondent à Gal Hirsch
Or Levy et d'autres fustigent le responsable en charge de la question des otages pour avoir dit que les manifestations hebdomadaires avaient aidé le Hamas et créé une "urgence" inutile
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L’ancien otage Or Levy et des membres des familles d’autres otages ont vivement réagi ce week-end aux propos de Gal Hirsch, responsable gouvernemental chargé des otages, qui a déclaré dans une série d’interviews que les manifestations de masse organisées en Israël en faveur des otages avaient aidé le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Dans une interview publiée vendredi par le journal Haaretz, Hirsch a déclaré : « Les manifestations en faveur des otages ont aidé le Hamas. Il n’était pas nécessaire de créer un sentiment d’urgence pour nous [afin de les libérer]. »
Hirsch faisait référence aux manifestations hebdomadaires organisées à Tel Aviv et dans d’autres villes, auxquelles ont participé des dizaines de milliers de personnes qui ont exhorté le gouvernement à conclure rapidement un accord pour libérer les otages enlevés en Israël lors du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
« Cher Gal Hirsch, je vais commencer par m’adresser à vous. Je ne sais pas si vous savez vraiment qui je suis, car à part la question ‘Voulez-vous dire quelque chose à Trump ?’, vous n’avez pas échangé un mot avec moi », a écrit dimanche Levy, qui a été relâché l’an dernier après 491 jours de captivité à Gaza.
Son épouse, Eynav, a été tuée lors du festival Nova pendant l’assaut barbare et sanglant du Hamas, lorsque des terroristes ont enlevé 251 personnes dans le sud d’Israël et tué plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils.
« Gal Hirsch, honte à vous ! Qui êtes-vous pour parler de nous ou de nos familles ? Qui êtes-vous pour dire quoi que ce soit à mes parents, âgés de 70 ans, qui ont dû annoncer à leur petit-fils de deux ans que sa mère avait été assassinée et que son père avait disparu ? Qui êtes-vous pour dire à des parents en deuil qu’ils auraient pu récupérer leurs enfants vivants, mais qu’à cause des négociations, ils ont perdu la vie ? » a écrit Levy sur Facebook.
« Lorsque les documents nous concernant (y compris ceux qui n’ont pas été publiés) vous sont parvenus, vous avez choisi de garder le silence. Maintenant, c’est nous qui sommes blâmés. Nous ! Ceux dont vous ne vous êtes pas occupés, ceux que vous avez abandonnés ! »
« À mon retour, j’ai entendu le nom de Gal Hirsch à plusieurs reprises. Une fois, il a appelé ma mère et lui a demandé : ‘Or aimerait-il parler au Premier ministre ?’ J’ai répondu non. Parce que je n’ai besoin de la faveur de personne. Et maintenant, je vois que la campagne électorale est la seule chose qui compte. Changer le récit de ce qui se passe ici depuis plus de deux ans », a-t-il écrit.
Einav Zangauker, la mère de l’ex-otage Matan Zangauker, a répondu samedi aux accusations de Hirsch dans un message publié sur le réseau social X.
« Heureusement, le président Trump a pensé différemment et, grâce à lui ainsi qu’à nos merveilleux concitoyens qui se sont battus pour nos valeurs et n’ont pas abandonné, Matan est ici, chez lui. »
« Le larbin de Netanyahu poursuit sa campagne de mensonges et de réécriture de l’histoire. (Cela ne marchera pas pour vous !!) », a-t-elle ajouté.
Carmit Palty Katzir, fille de l’ancienne otage Hannah Katzir, 78 ans, qui est décédée peu après avoir été relâchée et dont le frère Elad est mort en captivité, a écrit dans un message publié sur Facebook : « N’avez-vous pas honte de parler d’urgence, quand il s’agit de manifestations qui ont fait pression sur le gouvernement américain qui nous a sauvés de vous ? »
« Hirsch était responsable de la sécurité de ma mère et de mon frère. Vous étiez à leurs funérailles, alors parlons du sentiment d’urgence. »
« Vous avez vu ma mère dans une vidéo prise pendant sa captivité, le 9 novembre 2023. Vous avez vu dans quel état déplorable elle se trouvait, et même à ce moment-là, vous n’avez pas ressenti l’urgence. Elle a été libérée après 49 jours de captivité et, moins de 10 jours plus tard, elle était déjà sous sédatifs et intubée. Pas d’urgence. »
« Vous aviez 99 jours pour ramener Elad vivant, mais l’urgence, c’est pour les hystériques. Vous l’avez ramené tranquillement, dans un sac », a poursuivi Palty Katzir. En avril 2024, Tsahal a annoncé avoir récupéré le corps d’Elad Katzir à Gaza.
Yonatan Shimriz a pour sa part répondu à Hirsch qu’il ne pouvait pas savoir ce que les familles avaient enduré. Shimriz est le frère d’Alon, qui avait réussi à échapper à ses geôliers à Gaza avec deux autres jeunes hommes, avant d’être tous les trois abattus par erreur par les troupes israéliennes alors qu’elles s’approchaient d’eux.
« Quand votre frère est kidnappé et que vous apprenez par un autre otage qui est revenu ce qu’ils lui font subir, que vous ne dormez plus, que la nourriture n’a plus de goût, que vous avez honte de vous glisser sous les draps la nuit et que vous avez honte de vivre, alors ce sentiment d’urgence, vous le ressentirez vous-même. »
Dans un message adressé à Hirsch et publié sur X, Lishay Miran-Lavi, l’épouse de l’ex-otage Omri Miran, qui a été relâché dans le cadre du dernier accord de cessez-le-feu, a écrit : « Je peux aussi aller m’asseoir dans des studios [de télévision] et parler de l’attitude dont nous, les familles, avons été victimes pendant deux ans. »
« Je pourrais parler du gaslighting, des fausses promesses, des réunions avec les hauts responsables de l’administration Trump, mais pas avec le Premier ministre israélien (problèmes d’emploi du temps, après tout). À propos du moment où Trump nous a dit qu’il y avait un accord, mais où vous avez précisé qu’il devait encore être approuvé par le gouvernement. »
« Mais je ne le ferai pas, c’est indigne de nous », a-t-elle écrit, soulignant que les familles se concentrent désormais sur la guérison.
« C’est ce qui est important. Tout le reste n’est que bruit de fond. »
Miran-Lavi a joint une photo de ses deux jeunes filles, « qui ont retrouvé leur père après deux ans ».
גל,
גם אני יכולה ללכת לשבת באולפנים ולספר על היחס שאנחנו, המשפחות, קיבלנו במשך שנתיים.
על הגזלייטינג, על הבטחות השווא, על הפגישות עם בכירי ממשל טראמפ אבל לא עם ראש ממשלת ישראל (אילוצי לו״ז, בכל זאת). על הפעם שטראמפ הודיע לנו שיש עסקה, אבל אתה הבהרת שזה עוד דורש אישור ממשלה.
אני… pic.twitter.com/eQF9LvmuTj— Lishay Miran-Lavi (@LishayLM) January 31, 2026
Plusieurs otages ont déclaré que leurs geôliers leur avaient montré des images des manifestations à Tel Aviv, ce qui leur avait donné de l’espoir et leur avait remonté le moral de savoir qu’ils bénéficiaient d’un soutien aussi fort et qu’ils étaient au centre de l’attention du public.
Dans l’interview qu’il a accordée à Haaretz, Hirsch a également tenu à préciser son intention.
« Je ne peux pas dire que je suis contre les manifestations de solidarité en Israël concernant la question des otages. Je suis pour. Cela montre la puissance du peuple israélien. D’un autre côté, les revendications qui accompagnaient ces manifestations… toutes sortes d’affirmations mensongères selon lesquelles [Israël] sabotait les accords et était la partie obstinée, ont donné au Hamas une position de force sur la scène internationale, dans les salles de négociation. »
Hirsch a déclaré au Times of Israel que la pression publique exercée par l’administration Biden sur Israël avait « saboté » les négociations et donné au chef du Hamas, Yahya Sinwar, « exactement ce qu’il voulait ».
Il a affirmé que certaines manifestations israéliennes avaient « amplifié » la propagande du Hamas pendant les pourparlers.
Selon Hirsch, le groupe terroriste « a agi pour créer une fracture dans la société israélienne grâce à une propagande très efficace, en créant une image inversée : alors qu’ils faisaient obstruction et ne voulaient pas faire avancer les négociations, ils nous ont attribué la responsabilité de les torpiller ».
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