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Israël : Début des Maccabiades, symboles de la résilience juive

Retardés d'un an par la guerre et réduits de moitié, les « Jeux olympiques juifs » rassemblent 5 000 athlètes à Jérusalem pour deux semaines placées sous le signe de l'unité

L'équipe des États-Unis exulte lors de la cérémonie d'ouverture des Maccabiades à Jérusalem, le 14 juillet 2022. (Avec l'aimable autorisation de Maccabi USA)
L'équipe des États-Unis exulte lors de la cérémonie d'ouverture des Maccabiades à Jérusalem, le 14 juillet 2022. (Avec l'aimable autorisation de Maccabi USA)

À quelques heures de la cérémonie d’ouverture des 22e Maccabiades, ce mercredi soir à Jérusalem, l’effervescence dépasse le cadre purement sportif.

Un année après l’annulation de cette compétition, souvent présentée comme « les Jeux olympiques juifs », du fait des hostilités entre Israël et l’Iran, les Maccabiades de cette année ont pour thème « Plus que jamais » — un reflet de ce que les organisateurs qualifient de signe de la résilience juive.

« Il n’est pas exagéré de dire que ce sont les jeux les plus importants de cette génération », explique Marshall Einhorn, directeur général de la délégation américaine. « Après tout ce qu’Israël et la communauté juive mondiale ont traversé depuis le 7 octobre 2023, cela va être le plus important rassemblement de la communauté juive. Ça va être très spécial. »

En dépit des craintes de guerre qui continuent de couver au milieu de cessez-le-feu fragiles avec l’Iran, le Liban et Gaza, près de 5 000 athlètes, dont 2 000 Israéliens et 900 Américains, s’affronteront dans plus de 30 disciplines sportives au cours de deux semaines intenses, à partir de ce 1er juillet.

Au-delà de la compétition, il y aura un festival sportif familial à Tel-Aviv et des visites pour les athlètes au mur Occidental ainsi que dans le sud du pays, dans les lieux attaqués par le Hamas le 7-Octobre.

« Nous avons pris, je crois, la bonne décision, celle de nous engager à le faire, quoi qu’il arrive », explique au Times of Israel Roy Hessing, directeur général de la Maccabi World Union. « Partout dans le monde, les gens nous remercient de ne pas avoir annulé une nouvelle fois. »

De nombreux facteurs auraient pu faire dérailler ces Maccabiades pour la deuxième année d’affilée, et la compétition sera réduite de moitié par rapport à celle de 2022, la dernière édition en date des Maccabiades.

Plusieurs pays sont en effet revenus sur le principe de leur participation lorsque les États-Unis et Israël ont lancé leur frappe militaire contre l’Iran, en février dernier, pour des questions de sécurité, dans un pays en proie à de nombreuses guerres ces trois dernières années. Près de 40 % de la délégation américaine s’est désistée au début de la guerre, souligne M. Einhorn, et des disciplines ont dû être annulées, faute de participants.

Les joueurs de l’équipe américaine arrivent en Israël pour participer aux Maccabiades, en juin 2026 (Maccabi USA)

Mais pour des milliers d’athlètes qui attendent ce moment depuis des années, le début des jeux est la concrétisation d’un rêve.

« J’ai enduré d’extrêmes difficultés à l’entraînement pour élever mon niveau de jeu, et je suis reconnaissante d’être enfin ici », explique Maya Grinberg, une joueuse de football de Californie qui évolue au sein de l’équipe américaine des moins de 17 ans (U17). « Maintenant que nous sommes tous réunis ici en Israël, il nous faut montrer au monde ce que le peuple juif est capable d’accomplir. »

« Plus que jamais »

Les Maccabiades relèvent d’une tradition sioniste bien antérieure à la création de l’État d’Israël, la première édition ayant eu lieu à Tel-Aviv en mars 1932. Depuis 1957, les jeux ont lieu tous les quatre ans, à l’exception de l’édition 2021, repoussée à 2022 en raison de la pandémie de coronavirus.

Le match final de futsal entre les États-Unis et l’Australie dans le cadre des Jeux Maccabiables à Jérusalem, le 22 juillet 2022. (Oren Ben Hakoon/Flash90)

L’année dernière, quelque 8 000 Juifs de 55 pays se sont préparés à s’affronter lors des « Jeux olympiques juifs » jusqu’à ce qu’Israël lance son attaque surprise contre l’Iran, trois semaines avant le début des Jeux. Avec un espace aérien israélien fermé et un calendrier militaire incertain, les dirigeants des Maccabiades n’ont eu d’autre choix que d’annoncer que la compétition se tiendrait un an plus tard avec les « Mêmes valeurs. Même vision. Juste un peu plus de temps. »

À l’époque, le directeur général de la Maccabi World Union, Amir Gissin, avait déclaré au Times of Israel que les jeux 2026 seraient « plus grands que les Jeux olympiques », avec l’espoir que les guerres d’Israël avec ses voisins soient terminées d’ici là.

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Le match final de futsal entre les États-Unis et l’Australie lors des Maccabiades à Jérusalem, le 22 juillet 2022. (Oren Ben Hakoon/Flash90)

En 2022, les Maccabiades avaient attiré 10 000 athlètes, soit juste derrière les Jeux olympiques en matière de taille, mesurée par le nombre de participants. Mais du fait des incertitudes géopolitiques, la compétition de cette année n’en réunira que la moitié.

Pour autant, les organisateurs affirment que ces jeux n’ont jamais été plus porteurs de sens.

La cérémonie d’ouverture, qui se jouera à guichets fermés au stade Teddy de Jérusalem ce mercredi, comprendra ce que les organisateurs qualifient de « spectacle artistique et pyrotechnique à couper le souffle », ainsi que des performances de stars de la pop israélienne et des apparitions d’ex-otages du Hamas à Gaza.

La flamme des Maccabiades sera allumée conjointement par le champion paralympique de taekwondo Asaf Yasur et la médaillée d’argent olympique de judo Inbar Lanir.

Cérémonie d’ouverture des Maccabiades à Jérusalem, le 14 juillet 2022 (Olivier Fitoussi/Flash90)

Pour la première fois, les jeux offriront également un festival sportif ouvert au public, qui se déroulera à l’Expo Tel-Aviv du 6 au 10 juillet.

La « Ville des Maccabiades » cherchera à recréer l’atmosphère d’un village olympique avec des compétitions physiques, des zones interactives pour les supporters, des expositions historiques et la possibilité de rencontrer des athlètes juifs.

La plupart des compétitions se dérouleront dans le centre du pays, dans des gymnases et centres sportifs de Tel-Aviv, Herzliya et Ramat Gan, entre autres, précise M. Hessing.

Les épreuves de gymnastique et d’athlétisme auront lieu à Jérusalem et d’autres épreuves, dans le nord. Les événements et logements bénéficieront du plus haut degré de sécurité en coordination avec Tsahal, la police et le service de sécurité du Shin Bet, poursuit M. Hessing.

L’Américain Mitchell Marks renversant une barre d’haltères sur le haut de sa poitrine pendant le segment d’épaulé-jeté de la compétition d’haltérophilie des Maccabiades à Jérusalem, le 19 juillet 2022. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Toutes les compétitions sont gratuites et ouvertes au public : seule l’exposition de la Ville des Maccabiades requiert l’achat des billets.

Le football devrait être l’un des sports les plus disputés, surtout en cette année de Coupe du monde en Amérique du Nord, souligne M. Einhorn. Les attentes sont également élevées pour le pickleball, un hybride tres apprécié entre le tennis et le ping-pong qui fera son entrée aux Maccabiades de cette année.

En plus des compétitions, des excursions d’une journée sont organisées pour permettre aux participants de visiter le sud et de rencontrer des personnes attaquées par le Hamas le 7 octobre 2023, afin de les sensibiliser au pogrom qui s’y est déroulé. Les participants pourront également visiter Jérusalem, et certains auront la possibilité de célébrer leur bar ou bat mitzvah au mur Occidental s’ils ne l’ont pas fait avant, ajoute M. Hessing.

(De gauche à droite) Le directeur général de la Maccabi World Union, Roy Hessing, et Marshall Einhorn, directeur général de Maccabiah USA (Avec l’aimable autorisation de/Ronen Topelberg/Maccabiah USA)

Près de 2 000 athlètes de moins de 18 ans vont s’affronter dans la catégorie Juniors, 1 500 dans la catégorie Open et 1 500 encore dans la catégorie Masters, pour les athlètes plus âgés, précise M. Hessing. La quatrième catégorie, celle des Paralympiques, verra s’affronter une centaine d’athlètes israéliens, parmi lesquels des vétérans de Tsahal avec un handicap, à une poignée de concurrents venus de l’étranger.

L’hymne des jeux, interprété par les rappeurs israéliens Nunu et Jimbo J, s’inspire d’une chanson de Naomi Shemer écrite, à l’origine, pour les Maccabiades de 1981.

Histoires personnelles et défis

Les athlètes présents sont originaires de communautés représentatives de la diversité de la vie juive de par le monde. Pour certains d’entre eux, le fait de pouvoir s’affronter sur une scène mondiale lors de ces jeux 2026 est, déjà en soi, une victoire face à l’adversité, celle qui se joue en dehors du terrain.

Maya Grinberg a bien failli ne jamais venir en Israël. Cette joueuse de football U17 était en plein entraînement, il y a de cela deux ans, lorsque les médecins lui ont découvert une maladie invalidante. Avec un rythme cardiaque tombé à moins de 30 pulsations par minute et une importante perte de poids, on lui a diagnostiqué un déficit énergétique relatif au niveau sportif (RED-S), un syndrome causé par un apport calorique trop faible pour couvrir l’effort sportif, ce qui peut gravement nuire à la santé à long terme.

« L’an dernier, mon médecin ne m’avait même pas autorisée à jouer, mais depuis que je suis sortie de l’hôpital, j’ai réappris à manger de façon à donner ce qu’il faut à mon corps », explique-t-elle.

« Maintenant que je suis là, je vais faire en sorte de me servir de ma notoriété pour sensibiliser les filles à l’importance d’une alimentation et d’une récupération appropriées. »

(De gauche à droite) Les athlètes des Maccabiades Maya Grinberg, les sœurs Alexa et Tory Young, et Robert Sugarman, 86 ans (Autorisation)

Pour d’autres, comme par exemple le membre le plus âgé de la délégation américaine, Robert Sugarman, 86 ans, la compétition est plutôt une occasion de célébrer la vie.

« Ce sera mon quatrième triathlon aux Maccabiades, et j’y viens à chaque fois avec un grand groupe d’enfants et de petits-enfants », confie M. Sugarman, qui se trouve être l’ex-président de l’Anti-Defamation League et de la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations. « C’est une profonde émotion pour moi de faire partie de l’équipe américaine et de défiler pour la cérémonie d’ouverture. Je ne sais pas combien de personnes seront dans ma tranche d’âge cette année, mais j’espère que tout se passera bien. »

Les jumelles Alexa et Tory Young joueront sous les couleurs de l’équipe américaine de volley-ball après avoir concouru ensemble au sein d’une équipe de Miami qui a remporté le championnat national junior en 2025. Pour elles, ce voyage est une sorte de retour sur l’histoire de leur famille : les sœurs ont d’ailleurs prévu de visiter le mémorial et musée de la Shoah de Yad Vashem pour y voir les plaques honorant les Justes parmi les nations qui ont caché leur grand-père quand il était bébé, en Italie, et de voir pour la première fois de leur vie des parents éloignés.

« C’est un honneur et très important pour nous d’être ici et de parcourir Yad Vashem en connaissant l’histoire de notre famille », confie Tory. « Le fait de me retrouver enfin ici, en Israël, cela me relie à mes origines juives. »

Illustration : La délégation israélienne participe à la cérémonie d’ouverture des 20e Maccabiades à Jérusalem, le 6 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Pour M. Einhorn, qui prépare l’équipe américaine pour ces jeux depuis 2024, la plus grande des récompenses est de voir enfin les jeux débuter malgré toute l’adversité à laquelle le peuple juif a été confronté ces dernières années.

« Il y a eu beaucoup de préparation en vue de ces jeux, et les gens sont ravis d’être enfin là », conclut-il

« Après tout ce que la communauté juive a enduré, le fait de rassembler tous ces athlètes pour qu’ils se rapprochent de leur identité juive et se connectent avec Israël est une chose extraordinaire. »

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