L’enquête de l’ONU sur des violences commises par Israël pâtit d’un manque de financement
L'équipe chargée d'enquêter ne peut mener à bien son travail en raison de contraintes financières, dû à un retard des contributions obligatoires, notamment de celles des États-Unis
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Un document a révélé qu’une équipe d’enquêteurs de l’ONU actuellement chargée d’enquêter sur les cas de violence commis par des partisans du mouvement pro-implantations israéliens et sur le transfert d’armes en direction d’Israël – des armes qui sont utilisées dans la guerre contre le Hamas à Gaza – n’était pas en mesure de mener à bien sa mission en raison de contraintes financières.
Un incident qui montre à quel point le manque criant de financement au sein du système des Nations unies – un manque causé par la lassitude des donateurs et par les restrictions budgétaires – nuit aux efforts livrés, à l’international, pour faire en sorte que les auteurs d’abus commis puissent rendre des comptes. Une enquête visant le Congo avait déjà été bloquée pendant l’année.
La dite Commission d’enquête internationale indépendante sur les Territoires palestiniens, créée en mai 2021 par le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) basé à Genève, peut fournir des preuves de crimes internationaux présumés utilisées dans les enquêtes préliminaires menées par des tribunaux tels que la Cour pénale internationale (CPI).
L’année dernière, le HCDH avait approuvé une demande du Pakistan visant à rechercher des preuves supplémentaires concernant les transferts d’armes vers Israël, dans le contexte de la guerre à Gaza et des violences commises par les extrémistes du mouvement pro-implantations.
Cependant, Navi Pillay, chargée de mener cette enquête, a déclaré au président du Conseil, dans une lettre datée du 6 août, que le manque de fonds l’empêchait d’embaucher du personnel.
« La Commission a commencé à informer les auteurs des deux résolutions qu’elle ne serait pas en mesure de produire les rapports demandés et de les présenter au Haut Commissariat en mars 2026 », a écrit Pillay, ancienne haute commissaire aux droits de l’homme et ancienne juge à la CPI.
Israël critique régulièrement cette commission, qui ne cesse de condamner les actions de l’armée israélienne depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. La Commission attribue également la responsabilité du conflit israélo-arabe à Israël et accuse l’État juifs d’autres actes répréhensibles, évoquant notamment le vol de ressources naturelles.
Les trois membres de la commission ont démissionné le mois dernier, mais ils continueront d’exercer leurs fonctions jusqu’à ce que de nouveaux membres soient nommés par le HCDH.
Pillay, juriste de carrière et originaire d’Afrique du sud, a été Haute-Commissaire des Nations unies aux droits humains de 2008 à 2014, une période durant laquelle elle a fréquemment critiqué les actions d’Israël à Gaza.
Elle avait présidé la commission d’enquête – une instance que les groupes juifs, Israël, les États-Unis et d’autres pays ont condamnée pour son prétendu parti pris. Il s’agit de la première commission d’enquête à durée indéterminée du Conseil, le plus haut niveau d’enquête du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDH).
Miloon Kothari, membre de la commission des Nations unies, qui a également présenté sa démission, avait déclenché une vive controverse en 2022 lorsqu’il avait déclaré que les réseaux sociaux étaient « largement contrôlés par le lobby juif », reprenant un trope antisémite courant. Il s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles Israël était autorisé à siéger à l’ONU.
Pillay a défendu les propos tenus par Kothari.
Elle a rejeté les préoccupations relatives à l’antisémitisme, les qualifiant de « diversion » et de « mensonges », et elle a qualifié les préoccupations sécuritaires d’Israël de « fiction ».
En 2014, plus de 100 membres du Congrès avaient signé une lettre adressée à Pillay dénonçant le parti pris du CDH à l’encontre d’Israël sous sa direction, affirmant que le Conseil « ne peut tout simplement pas être pris au sérieux en tant qu’organisation de défense des droits humains » alors qu’il enquêtait sur Israël, mais pas sur le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Le retard dans le paiement des cotisations obligatoires à l’ONU, notamment de la part du principal donateur, les États-Unis, qui doivent environ 1,5 milliard de dollars, a aggravé la crise de liquidité que connaît l’organisation depuis longtemps. En réponse, l’organisme mondial prévoit de réduire son budget de 20 %.
Selon un décompte du Service international pour les droits de l’homme (ISHR), 12 des 47 membres votants actuels du HCDH, qui doit se réunir en septembre pour discuter des crises au Soudan et en Afghanistan, ont des cotisations impayées.
Nada Al Nashif, Haut-Commissaire adjointe aux droits humains, a déclaré que les enquêtes étaient désormais menées avec environ 50 % des effectifs.
« Sans la disponibilité rapide des fonds, la mise en œuvre est devenue et continuera d’être de plus en plus limitée et, dans certains cas, elle sera tout simplement impossible », a-t-elle expliqué.
la Communauté du Times of Israël !







