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Une ONG révèle l’espionnage de dizaines de personnes par Pegasus en Jordanie

La plupart des cas d'espionnage découverts en Jordanie sont survenus entre 2020 et 2023, et seraient liés à des degrés divers à une grève menée par les enseignants en 2019

Le logo du NSO Group sur un smartphone placé sur un clavier. (Crédit : Mundissima/Alamy)
Le logo du NSO Group sur un smartphone placé sur un clavier. (Crédit : Mundissima/Alamy)

Des dizaines de journalistes et de militants ont été surveillés en Jordanie depuis quatre ans grâce au logiciel espion Pegasus, révèle l’enquête d’une ONG publiée jeudi.

Access Now, une ONG de défense des droits numériques, qui a travaillé avec le Citizen Lab de l’Université de Toronto (Canada), rapporte ainsi que pas moins de 35 citoyens ont vu leurs téléphones infiltrés par Pegasus en Jordanie depuis 2019. Des avocats et un homme politique sont également concernés.

Si Access Now n’établit pas la responsabilité de l’État jordanien dans l’espionnage mis en place, l’ONG souligne que la Jordanie a « accentué sa répression vis-à-vis des droits des citoyens et de leur liberté d’expression, d’association et de réunion ».

Pour le journaliste américano-palestinien Daoud Kuttab, dont le téléphone a été visé à trois reprises par Pegasus, le risque le plus important est de voir ses sources révélées. « Je ne veux pas leur infliger du tort », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Avant, les gens pouvaient surprendre vos conversations, désormais Pegasus est beaucoup plus intrusif », a insisté le journaliste. Selon lui, la majorité des journalistes qui travaillent au Moyen-Orient s’attendent à voir leur téléphone surveillé.

D’après Access Now, la plupart des cas d’espionnage découverts en Jordanie sont survenus entre début 2020 et fin 2023, et seraient liés à des degrés divers à une grève menée par les enseignants en 2019 dans le pays. Cette mobilisation avait conduit à l’arrestation de centaines de professeurs.

Le logiciel Pegasus, conçu par la société israélienne NSO et capable d’accéder au micro et à la caméra d’un téléphone ainsi qu’à ses fichiers, était au cœur d’un scandale révélé en 2021 par un consortium de rédactions internationales. Ces médias avaient alors mis en évidence la surveillance de centaines de personnes dans le monde, dont des journalistes et des membres du gouvernement français, pour le compte d’une dizaine d’États.

Malgré ce scandale, les sociétés de surveillance demeurent peu régulées, commente la responsable du plaidoyer au Moyen-Orient, Marwa Fatafta. « Les gouvernements se jettent sur leurs technologies pour espionner leurs citoyens et opprimer la société civile », a-t-elle déclaré à l’AFP.

« Il n’existe pas d’utilisation proportionnée des logiciels espions », insiste Marwa Fatafta, dont l’ONG appelle à l’interdiction totale.

La société NSO, qui édite Pegasus, a été visée par de nombreuses plaintes, notamment de la part d’Apple, mais s’est toujours défendue en affirmant que son logiciel n’était vendu qu’à des gouvernements et uniquement pour des utilisations pacifiques.

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