Trump : Israël « perdrait tout le soutien » des États-Unis s’il annexait la Cisjordanie
Le vice-président américain a pour sa part estimé que le vote de la Knesset sur l'annexion de la Cisjordanie était "très stupide"
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Le président américain Donald Trump a affirmé qu’Israël perdrait « tout soutien » des États-Unis s’il tentait d’aller de l’avant avec l’annexion de la Cisjordanie.
Dans une interview accordée au magazine Time le 15 octobre au sujet du cessez-le-feu négocié par les États-Unis, et publiée ce jeudi, Trump a été interrogé sur les membres de la coalition israélienne qui font pression pour annexer tout ou partie de la Cisjordanie.
« Cela n’arrivera pas. Cela n’arrivera pas. Cela n’arrivera pas parce que j’ai donné ma parole aux pays arabes », a déclaré le locataire de la Maison Blanche.
« Et vous ne pouvez pas faire cela maintenant. Nous avons bénéficié d’un grand soutien arabe. Cela n’arrivera pas parce que j’ai donné ma parole aux pays arabes. Cela n’arrivera pas. Israël perdrait tout le soutien des États-Unis si cela se produisait. »
Depuis l’aéroport Ben Gurion après avoir passé deux jours en Israël, le vice-président américain JD Vance a pour sa part déclaré que le vote préliminaire de la Knesset de mercredi sur l’annexion de la Cisjordanie l’a offensé et était « très stupide ».
Le vote était « bizarre », a-t-il répondu à une question, ajoutant qu’il était « quelque peu déconcerté par cela ».
Vance a déclaré qu’on lui avait expliqué qu’il s’agissait d’un « coup politique » et d’un geste « purement symbolique », mais que c’était un « coup politique très stupide, et que personnellement, je le considérais comme une insulte ».
« La Cisjordanie ne sera pas annexée par Israël », a-t-il ajouté.
« Cela restera notre politique, et si les gens veulent voter symboliquement, ils peuvent le faire, mais nous n’en sommes certainement pas satisfaits. »
Interrogé sur le cessez-le-feu à Gaza, Vance a déclaré qu’à « l’heure actuelle, nous pouvons affirmer avec certitude qu’Israël respecte le cessez-le-feu, tout comme le Hamas. »
« Il y a des exceptions », a précisé Vance.
« Il y a quelques petites exceptions ici et là. C’est normal lorsque ces parties sont en guerre depuis deux ans. Mais jusqu’à présent, le cessez-le-feu tient bon, la paix tient bon, et nous essayons maintenant de trouver comment la maintenir à long terme. »
« Notre message est le suivant : faites tout ce que vous pouvez pour travailler avec nous afin de maintenir cette paix », a-t-il déclaré à l’adresse d’Israël.
La nouvelle Force internationale de sécurité « va désormais prendre la tête du désarmement du Hamas », a assuré Vance.
« Cela va prendre du temps et dépendra beaucoup de la composition de cette force », a-t-il poursuivi.
« Certains pays devraient être très efficaces dans ce domaine, tandis que d’autres peuvent jouer un rôle, mais je ne pense pas qu’ils seront aussi utiles. Mais cela dépendra en grande partie des forces qui seront effectivement déployées et de la manière dont nous serons en mesure de mettre en œuvre la deuxième phase du plan de paix. »
Interrogé sur d’éventuelles conversations récentes avec le groupe terroriste, Vance a répondu : « Nous pouvons toujours décrocher le téléphone et appeler le Hamas quand nous le voulons », mais il a précisé que la grande majorité des contacts se font par l’intermédiaire des médiateurs arabes.
Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a de son côté souligné jeudi que le gouvernement s’oppose au projet de loi visant à annexer certaines parties de la Cisjordanie et qu’il se concentre plutôt sur le plan du président américain.
Il a qualifié le vote de mercredi de « manœuvre politique de l’opposition ».
Lors d’une conférence de presse à Jérusalem, Saar a été interrogé sur l’approbation préliminaire par la Knesset d’un projet de loi qui appliquerait la souveraineté israélienne à toutes les implantations de Cisjordanie, parallèlement à une proposition distincte visant à annexer une importante agglomération d’implantations. Il a également été interrogé sur l’avertissement du secrétaire d’État américain Marco Rubio selon lequel cette mesure pourrait compromettre le plan Trump.
Saar, qui avait publiquement lancé l’idée d’annexer les implantations il y a un mois, a répondu que « le gouvernement n’avait pas participé au vote, ce qui démontre notre approche ».
« Il s’agissait d’une manœuvre politique de l’opposition visant à embarrasser le gouvernement pendant la visite du vice-président américain JD Vance », a-t-il déclaré.
« Mais je peux vous assurer que, comme vous le savez, il s’agissait d’une lecture préliminaire, et que cela n’ira pas plus loin sans le soutien du gouvernement israélien. Ce n’était pas une loi présentée à la Knesset par le gouvernement », a-t-il noté.
« Même si cela est notre souhait ou notre aspiration, nous avons décidé de ne pas la présenter à la Knesset à ce stade, car nous devons actuellement fournir d’importants efforts pour que le plan Trump soit couronné de succès, et nous allons nous investir dans cette voie », a conclu le ministre des Affaires étrangères.
Après les critiques acerbes du vice-président américain à l’égard du vote préliminaire de la Knesset visant à annexer certaines parties de la Cisjordanie, et la publication de l’interview dans laquelle Trump déclarait qu’Israël perdrait « tout le soutien » des États-Unis s’il annexait ce territoire, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que ce vote était « une provocation politique délibérée de l’opposition visant à semer la discorde pendant la visite de Vance en Israël ».
« Les deux projets de loi ont été présentés par des membres de l’opposition à la Knesset », a déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué publié en anglais.
« Le parti Likud et les partis religieux (les principaux membres de la coalition) n’ont pas voté en faveur de ces projets de loi, à l’exception d’un membre mécontent du Likud qui a récemment été démis de ses fonctions de président d’une commission de la Knesset », indique le communiqué, faisant référence à Yuli Edelstein, qui a été depuis renvoyé de la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense.
« Sans le soutien du Likud, ces projets de loi ont peu de chances d’aboutir. »
Les partis Otzma Yehudit et HaTzionout HaDatit, qui sont membres de la coalition, ont soutenu le projet de loi.
Le projet de loi le plus important a été présenté par le député d’extrême droite Avi Maoz, du parti Noam, qui ne compte qu’un seul membre et qui faisait partie de la coalition jusqu’à son départ au début de l’année. Ce projet de loi exigerait qu’Israël « applique ses lois et sa souveraineté aux zones d’implantation en Judée-Samarie, afin d’établir le statut de ces zones comme faisant partie intégrante de l’État souverain d’Israël ».
Dans un message publié sur le réseau social X à l’intention de Trump, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a écrit : « Israël est un État souverain et indépendant, et les membres de la Knesset votent selon leur propre discrétion. »
Il a publié ce message à la suite du vote préliminaire de la Knesset sur les deux projets de loi visant à annexer certaines parties de la Cisjordanie.
Ben Gvir a souligné qu’il avait « un grand respect » pour l’ancien président américain, qu’il qualifie de « meilleur président envers Israël ».
Il a également semblé répondre aux déclarations de Trump dans le magazine Time, selon lesquelles le président pourrait faire pression sur Israël pour qu’il libère Marwan Barghouti, la figure de proue du Tanzim, la branche armée du Fatah, qu’il prendrait une décision quant à la libération de ce terroriste condamné pour avoir planifié des attentats meurtriers pendant la Seconde Intifada.
Ben Gvir a qualifié Barghouti de « nazi meurtrier responsable du sang de nombreux civils, femmes et enfants » qui « ne sera pas libéré et ne dirigera pas Gaza ».
Les négociateurs du Hamas ont récemment tenté, sans succès, d’obtenir la libération de Barghouti dans le cadre de l’accord d’échange d’otages et de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, négocié par les États-Unis.
L’Arabie saoudite est à la tête d’un groupe de plus d’une dizaine de pays arabes et musulmans qui ont publié jeudi une déclaration conjointe dénonçant l’adoption par la Knesset de projets de loi visant à annexer certaines parties de la Cisjordanie.
Ces pays « condamnent avec la plus grande fermeté l’approbation par la Knesset israélienne de deux projets de loi visant à imposer une soi-disant « souveraineté israélienne sur la Cisjordanie occupée et sur les colonies israéliennes illégales, ce qui constitue une violation flagrante du droit international ».
Cette déclaration a été signée par le royaume hachémite de Jordanie, la République d’Indonésie, la République islamique du Pakistan, la République de Turquie, la République de Djibouti, le Sultanat d’Oman, la République de Gambie, l’État de Palestine, l’État du Qatar, l’État du Koweït, l’État de Libye, la Malaisie, la République arabe d’Égypte, la République fédérale du Nigeria, la Ligue des États arabes et l’Organisation de coopération islamique.
Les pays « réaffirment qu’Israël n’a aucune souveraineté sur le territoire palestinien occupé ».
Trump, qui s’oppose également à l’annexion de la Cisjordanie par Israël, a récemment vanté les perspectives d’une normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël.
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