Les ministres israéliens ont déclaré qu’ils tiendraient le nouveau gouvernement d’union responsable des tirs de roquettes sur Israël depuis la bande de Gaza, dans une réaction lundi devant l’inclusion du Hamas dans le nouveau cabinet palestinien qui a prêté serment plus tôt dans la journée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et huit principaux ministres ont affirmé qu’ils boycotteraient le nouveau gouvernement et formeraient une équipe pour « examiner les pistes d’action » à la lumière de la formation du nouveau gouvernement d’union palestinien.

Plus tôt dans la journée, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a fait jurer 17 ministres qui composeront le nouveau gouvernement technocratique destiné à mener l’AP vers des élections dans six mois.

Ce mouvement a provoqué les fougues d’Israël, car le nouveau gouvernement inclut le Hamas, considéré par une grande partie de la communauté internationale comme une organisation terroriste, qui refuse de reconnaître l’Etat juif.

Dans un communiqué publié par le bureau du Premier ministre, le cabinet de sécurité dénonce la nouvelle direction de l’Autorité palestinienne et Netanyahu jure qu’il ne négociera pas avec ce nouveau gouvernement.

Le cabinet a décidé qu’Israël considérerait désormais le gouvernement palestinien comme responsable de toute action hostile en provenance de la bande de Gaza et de Cisjordanie, selon le communiqué.

Le cabinet de sécurité a également voté à l’unanimité le rejet de toute négociation avec un gouvernement palestinien incluant le Hamas, et autorisé Netanyahu d’imposer de nouvelles sanctions aux dirigeants palestiniens.

Abbas « a dit aujourd’hui oui à la terreur et non à la paix. Ceci est la suite directe de la politique [d’Abbas], qui rejette la paix », a déclaré Netanyahu.

« [Il] a fait un pacte avec le Hamas, une organisation désignée comme un groupe terroriste par les Etats-Unis, l’Europe, l’Egypte et le monde entier. La communauté internationale doit le traiter en conséquence. »

Le cabinet a également voté pour empêcher toutes les organisations terroristes de participer aux élections palestiniennes à venir, selon le communiqué. Cela signifie probablement qu’Israël refuse d’autoriser la tenue d’élections palestiniennes à Jérusalem-Est, dans lesquelles participerait le Hamas.

Les ministres ont appelé à la formation d’une équipe en prévision d’éventuelles difficultés diplomatiques et sécuritaires susceptibles d’émerger sous la nouvelle direction palestinienne.

Abbas a salué lundi la fin de la division palestinienne, affirmant : « Aujourd’hui, avec la formation d’un gouvernement de consensus national, nous annonçons la fin de la division palestinienne qui a grandement porté atteinte à notre situation nationale. »

Il a dénoncé le refus d’Israël de reconnaître le gouvernement, indiquant que les Palestiniens poursuivraient leurs efforts en vue d’obtenir un État. « Nous ne resterons pas les mains jointes devant les mesures punitives, et nous utiliserons tous les outils juridiques et diplomatiques à notre disposition au sein de la communauté internationale », a-t-il assuré selon un rapport publié dans le journal Haaretz.

Abbas a d’ores et déjà promis que la nouvelle administration respectera les principes énoncés par le Quartet de paix au Moyen-Orient, qui appellent à la reconnaissance d’Israël, au rejet de la violence et au respect de tous les accords en vigueur. Cependant, le Hamas n’a pas encore ratifié ces conditions.