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La barrière de Gaza pas conçue pour protéger seule, disait son constructeur en 2018

L'ex-directeur de Magal Security Systems a précisé qu'elle nécessitait une présence militaire, son but étant de "donner une indication en temps réel" d'une tentative de violation

Des Palestiniens brandissant leur drapeau et célébrant près d'un char israélien détruit à la barrière de sécurité, à la frontière de la Bande de Gaza à l'est de Khan Younis, le 7 octobre 2023. (Crédit : Yousef Masoud/AP Photo)
Des Palestiniens brandissant leur drapeau et célébrant près d'un char israélien détruit à la barrière de sécurité, à la frontière de la Bande de Gaza à l'est de Khan Younis, le 7 octobre 2023. (Crédit : Yousef Masoud/AP Photo)

La barrière frontalière entre Gaza et Israël n’a pas été conçue pour résister au type d’assaut mené par le Hamas le 7 octobre, lorsque d’importants contingents de terroristes palestiniens l’ont attaquée et l’ont franchie en plusieurs endroits, avant de massacrer plus de 1 400 personnes en Israël.

L’ancien PDG de l’entreprise de défense chargée de la construction et de l’entretien de la barrière l’avait clairement indiqué lors d’une interview en 2018.

« Il faudrait environ 30 secondes pour traverser », avait expliqué Saar Koursh à Bloomberg en avril 2018, alors que le Hamas organisait des émeutes de grande ampleur dans le cadre de la « Marche du retour » à la frontière et promettait de galvaniser 100 000 habitants de Gaza pour qu’ils prennent d’assaut la barrière.

Koursh soulignait que la barrière « n’a pas été construite pour arrêter les émeutes », mais plutôt « pour donner des indications en temps réel si quelqu’un essaie de traverser la frontière ».

L’armée israélienne avait déclaré à l’époque qu’elle renforçait la protection des frontières à l’aide de chars, de drones, de tireurs d’élite et d’autres techniques de dispersion des foules.

La société Magal Security Systems Ltd. a été chargée pour la première fois de la construction d’une barrière entre Israël et Gaza en 2002. Celle-ci avait été renforcée après 2005, suite au retrait complet d’Israël de la bande de Gaza, puis améliorée à plusieurs reprises.

Magal a ensuite commencé à développer une « barrière intelligente » améliorée. Le projet, baptisé « Mur de fer », avait duré trois ans et demi et s’était achevé en décembre 2021. Le projet comprenait de nouveaux capteurs, radars et équipements de détection, ainsi qu’un nouveau mur souterrain et une barrière maritime.

Des drapeaux palestiniens accrochés à la barrière de sécurité d’Israël lors d’une manifestation le long de la frontière avec Israël, à l’Est de Gaza, le 18 mai 2023, en réaction à la marche annuelle du drapeau israélien, en l’honneur du Jour de Jérusalem (Crédit : Mohammed ABED / AFP)

Une fois le projet achevé, le ministre de la Défense de l’époque, Benny Gantz, en avait fait l’éloge en déclarant, lors d’une cérémonie d’ouverture de la nouvelle barrière de 65 kilomètres, qu’elle « place une ‘muraille de fer’, des capteurs et du béton entre le groupe terroriste [de Gaza] et les habitants du sud d’Israël ».

Dans l’interview de 2018, Koursh, alors PDG de Magal, avait précisé que la barrière ne pourrait pas résister à des milliers de personnes qui tenteraient de la piétiner et de faire irruption en Israël. « Il faudrait environ 30 secondes pour traverser », avait prédit Koursh à Bloomberg. « Cette barrière n’a pas été construite pour arrêter des émeutes comme celles que l’on voit aujourd’hui. Elle a été construite pour indiquer en temps réel si quelqu’un essaie de franchir la frontière. »

Alors que les manifestations et les émeutes de la Marche du retour s’étaient calmées à la fin de 2019, les manifestations le long de la clôture de Gaza ont persisté de manière sporadique.

Plus récemment, le mois dernier, plusieurs événements se sont produits au cours desquels au moins 200 habitants de Gaza se sont révoltés à divers endroits le long de la frontière de la bande de Gaza.

La barrière frontalière entre Israël et Gaza, ouverte suite aux bombardements des terroristes palestiniens, dans le Sud de la bande de Gaza, le 7 octobre 2023. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Au cours de l’une de ces émeutes, un gros explosif a été déclenché sur la clôture frontalière. Cela s’est répété des dizaines de fois dans la matinée du 7 octobre, alors que quelque 2 500 terroristes s’engouffraient dans les brèches de la clôture.

Koursh avait indiqué dans l’interview que la barrière et ses technologies doivent être accompagnées de mesures et de déploiements militaires appropriés pour pouvoir être efficaces. « Lorsque vous combinez plusieurs technologies avec l’armée, vous obtenez une barrière efficace, un système en place qui peut dissuader, retarder et détecter », avait-il déclaré. (Koursh n’a pas pu être joint par le Times of Israel pour cet article).

L’attaque sans précédent à l’aube du 7 octobre s’est déroulée sous une salve de missiles visant des zones civiles israéliennes, et a impliqué des tirs de snipers, des largages d’explosifs par des drones sur des tours de guet et de communication, et des bulldozers ont percé la double barrière de six mètres de haut à une trentaine d’endroits. Les terroristes ont envahi les lieux à bord de camionnettes et de motos.

Selon les détails rapportés le 10 octobre par le New York Times, citant les évaluations initiales de quatre hauts responsables de la sécurité israélienne, l’échec opérationnel a commencé lorsqu’une alerte urgente lancée tôt à l’aube du 7 octobre par des responsables du renseignement au sujet d’une augmentation soudaine de l’activité des réseaux de communication du Hamas n’a pas été prise en compte par les gardes-frontières, qui ne l’ont vraisemblablement pas reçue ou lue.

Un soldat israélien montant la garde lors d’une cérémonie d’ouverture de la barrière souterraine nouvellement achevée le long de la frontière entre Israël et Gaza, le 7 décembre 2021. (Crédit : Tsafrir Abayov/AP Photo)

Les drones contrôlés à distance par le Hamas ont ainsi pu bombarder et mettre hors service des tours de communication, des centres de surveillance et des mitrailleuses télécommandées près de la frontière, ainsi que mettre hors service des caméras de sécurité par des tirs de sniper, rendant instantanément la frontière sans défense.

Peu de soldats étaient stationnés près de la frontière, à la fois parce que les forces avaient été détournées vers la Cisjordanie et parce que la dépendance à l’égard de la barrière de haute technologie a conduit l’armée à penser que les troupes n’avaient pas besoin de garder physiquement la frontière en grand nombre.

A LIRE : Pourquoi Israël pensait qu’une clôture le protégerait d’une armée de terroristes ?

En outre, selon l’article du New York Times, de nombreux commandants étaient regroupés dans une seule base militaire près de la frontière, ce qui a empêché une réaction coordonnée et la transmission d’informations au reste de l’armée lorsque la base a été envahie par les terroristes et que les commandants ont été tués, blessés ou enlevés avec de nombreux soldats de rang inférieur, dont certains ont été pris pour cible alors qu’ils dormaient dans leur caserne.

Il aura fallu de nombreuses heures pour que l’armée soit en mesure de faire les rapprochements nécessaires et de prendre la mesure de l’ampleur de la situation dans les villes frontalières, et d’envoyer des forces pour affronter les terroristes.

Une partie de la barrière de 64 km le long de la bande de Gaza, une fois achevée le 7 décembre 2021. (Crédit : Ministère de la défense)

Au moins 1 000 des 1 400 personnes tuées par les terroristes du Hamas étaient des civils, massacrés dans 22 localités et lors d’un festival de musique en plein air. Certaines victimes, dont des enfants, ont été mutilées, torturées ou violées. Des milliers d’autres ont été blessées. Au moins 203 autres personnes, de tous âges, ont été enlevées et emmenées en captivité à Gaza.

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