L’ex-Miss Californie écartée d’une commission de la Maison Blanche pour ses propos antisémites
Carrie Prejean Boller avait refusé de démissionner après avoir perturbé un panel sur la haine des Juifs en affirmant qu’être antisioniste n’était pas antisémite
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

JTA – L’activiste catholique de droite Carrie Prejean Boller a été démise de ses fonctions au sein de la Commission sur la liberté religieuse de la Maison Blanche en raison de ce que le président de la commission a qualifié « d’agenda politique » lors d’une audience publique consacrée cette semaine à l’antisémitisme.
L’annonce de son exclusion par le lieutenant-gouverneur du Texas Dan Patrick, chrétien évangélique, mercredi, est intervenue après le refus de Prejean Boller de démissionner malgré les réactions de plus en plus vives suscitées par ses propos tenus lundi.
« Carrie Prejean Boller a été démise de ses fonctions au sein de la Commission pour la liberté religieuse du président Trump », a écrit Patrick dans un message publié sur X. « Aucun membre de la Commission n’a le droit de détourner une audience à des fins personnelles ou politiques, quel que soit le sujet abordé. C’est clairement, et incontestablement, ce qui s’est produit lundi lors de notre audience sur l’antisémitisme en Amérique. C’est ma décision. »
Le Wall Street Journal, l’activiste conservatrice Laura Loomer, ainsi que des organisations catholiques et juives engagées dans la lutte contre l’antisémitisme ont tous dénoncé les propos de Prejean Boller, qui ont introduit, dans un cadre gouvernemental, des arguments d’extrême droite sur les Juifs et Israël, alimentant récemment des divisions au sein du Parti républicain autour de la rhétorique antisémite.
« Je préfère mourir plutôt que de m’incliner devant Israël », a publié mercredi matin sur X Carrie Prejean Boller, mannequin et activiste catholique de droite nommée à la commission en juin, alors que la controverse se poursuivait.
Lors de la réunion, convoquée pour discuter de l’antisémitisme aux États-Unis, Prejean Boller a défendu Candace Owens et Tucker Carlson face aux accusations d’antisémitisme, contesté l’idée selon laquelle accuser les Juifs d’avoir tué Jésus constitue un propos antisémite, et affirmé que sa foi catholique lui interdisait de soutenir Israël.
« Je suis catholique, et les catholiques n’adhèrent pas au sionisme, que ce soit bien clair. Tous les catholiques sont-ils donc antisémites ? », a demandé Prejean Boller, qui portait un pin’s représentant les drapeaux américain et palestinien, au président de la Yeshiva University, Ari Berman, invité à témoigner.
Elle a également demandé à Shabbos Kestenbaum, devenu un militant contre l’antisémitisme après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, si, étant donné que « nous avons mentionné Israël à 17 reprises, êtes-vous prêt à condamner ce qu’Israël a fait à Gaza ? »
Prejean Boller a aussi critiqué Seth Dillon, le directeur chrétien du site satirique conservateur The Babylon Bee, pour avoir qualifié Owens et Carlson d’antisémites.
« J’apprécierais vraiment que vous cessiez de traiter Candace Owens d’antisémite. Elle n’est pas antisémite. Elle ne soutient simplement pas le sionisme, et cela doit vraiment cesser », a-t-elle déclaré. « Je ne sais pas pourquoi vous continuez à parler d’elle et de Tucker. »
La Commission sur la liberté religieuse a été créée en mai dernier par le président américain Donald Trump afin de formuler des recommandations destinées à renforcer la liberté religieuse. Ses détracteurs estiment qu’elle répond principalement aux préoccupations des chrétiens évangéliques ; un groupe interconfessionnel a d’ailleurs déposé cette semaine une plainte contre la commission, l’accusant de défendre des « points de vue déséquilibrés et biaisés ».
Prejean Boller, convertie au catholicisme en avril, a été nommée à la commission par Trump en juin aux côtés de plusieurs influenceurs chrétiens, dont Dr Phil.
Habituée aux controverses, le mannequin avait remporté le titre de Miss Californie en 2009 avant d’être destituée quelques mois plus tard après avoir critiqué le mariage homosexuel. En 2021, elle a mené une campagne sur les réseaux sociaux contre l’obligation du port du masque durant la pandémie de COVID-19 et s’est régulièrement opposée à l’inclusion des personnes transgenres dans le sport ainsi qu’au mariage homosexuel. Ces derniers mois, elle a largement relayé des discours anti-Israël et défendu Carlson et Owens sur son compte Instagram, suivi par 125 000 abonnés.
La semaine dernière, Prejean Boller a également relayé sur Instagram des théories complotistes antisémites concernant Jeffrey Epstein, délinquant sexuel condamné aujourd’hui décédé.
Elle a aussi été critiquée lors de la réunion de lundi, notamment par des commissaires catholiques ayant contesté sa présentation de la doctrine catholique, ainsi que par le seul membre juif de la commission, le rabbin Meir Soloveichik, de la congrégation Shearith Israel et du groupe de réflexion conservateur Tikvah, à New York.
« Il faudrait avant tout veiller à ne pas parler au nom de tous les membres d’une communauté religieuse, même lorsque l’on appartient soi-même à cette communauté », a déclaré Soloveichik pendant la réunion, visiblement en réponse à Prejean Boller. Il n’a pas répondu aux demandes de commentaires de la Jewish Telegraphic Agency.
Patrick a finalement mis fin à l’interrogatoire de Prejean Boller lundi. Mais la controverse s’est poursuivie en ligne, où Laura Loomer, théoricienne du complot d’extrême droite connue pour avoir influencé certaines décisions de recrutement de Trump et d’autres responsables républicains, a demandé son renvoi.
« Qui, à la Maison Blanche, a choisi Carrie Prejean Boller @CarriePrejean1 pour siéger à la Commission sur la liberté religieuse de la Maison Blanche ? Son comportement aujourd’hui était honteux et elle n’a pas sa place au sein de cette commission », a écrit Loomer sur X. « En fait, elle devrait être démise de ses fonctions. »
Prejean Boller a rapidement répliqué.
« Imaginez un peu, une commission sur les libertés religieuses prête à licencier une commissaire en raison de sa foi catholique ? Si cela se produit, cela prouvera que leur mission n’a jamais été la liberté religieuse, mais un programme sioniste », a-t-elle écrit sur X. « Je refuse de démissionner. »
Kestenbaum a lui aussi appelé, sur X, à la démission de Prejean Boller, l’accusant d’avoir utilisé la fin du panel « pour faire pivoter le débat vers Israël ».
« Je suis choqué que vous abusiez de la confiance du président Trump et de sa commission pour vous concentrer sur un conflit étranger au Moyen-Orient au lieu de vous concentrer sur la manière de renforcer les libertés religieuses », a-t-il écrit. « Si vous n’avez pas l’intention d’aider les jeunes Américains comme moi à défendre les libertés religieuses, alors je vous encourage à céder votre place à quelqu’un qui le fera. »
Prejean Boller lui a également répondu qu’elle ne démissionnerait pas de la commission.
« Je ne me laisserai pas intimider. J’ai la liberté religieuse de refuser de soutenir un gouvernement qui bombarde des civils et affame des familles à Gaza, et cela ne fait pas de moi une antisémite. Cela fait de moi une catholique pro-vie et une Américaine libre qui ne cédera pas sa liberté religieuse à la pression politique », a-t-elle écrit. « La suprématie sioniste n’a pas sa place dans une commission américaine sur la liberté religieuse. »
Certaines personnalités conservatrices ont apporté leur soutien à Prejean Boller après l’audience de lundi, notamment l’ancienne représentante républicaine de Géorgie Marjorie Taylor Greene, qui a écrit dans une publication sur X : « Je suis avec elle ». Lorsqu’elle siégeait au Congrès, Greene avait voté contre une législation sur l’antisémitisme, estimant qu’elle contredisait « l’évangile » selon lequel « les Juifs » auraient livré Jésus à ses bourreaux.
Owens a également pris la défense de Prejean Boller. « Les sionistes réclament que Carrie Prejean soit punie », a-t-elle écrit sur X. « C’est parce qu’ils ne sont pas d’accord avec la position catholique et orthodoxe, selon laquelle nous ne nous contentons pas, comme le souligne Seth Dillon, “de vénérer un Juif”. Il s’agit d’un argument théologique intentionnellement corrompu qui doit cesser. »
Après l’annonce par Patrick du limogeage de Prejean Boller, Owens a dénoncé la décision dans un message publié sur X contenant une série de théories antisémites du complot.
« Carrie n’a rien détourné. Vous avez organisé une audience sioniste purement théâtrale destinée à neutraliser la foi chrétienne. Carrie a dit la vérité en tant que catholique et, en tant que chrétiens, la Vérité ne peut être vaincue. Les sionistes sont naturellement hostiles aux catholiques parce que nous refusons de nous plier à une histoire révisionniste et de soutenir le massacre et le viol massifs d’enfants innocents au profit d’adorateurs occultes de Baal. Votre décision ne fera que renforcer l’éveil chrétien en cours dans ce pays. Et pour cela, nous vous remercions », a écrit Owens dans un message ensuite repartagé par Prejean Boller. « @CarriePrejean1 a refusé de vendre son âme. »
Le renvoi de Prejean Boller a été salué par Kestenbaum.
« Nous parlions des chrétiens et des juifs américains pris pour cible. Elle, voulait discuter du Moyen-Orient au lieu de faire avancer les libertés religieuses aux États-Unis. MERCI », a écrit Kestenbaum sur X.
la Communauté du Times of Israël !







