Un groupe djihadiste basé à Gaza a sévèrement critiqué l’accord de réconciliation passé la semaine dernière, entre le Hamas et le Fatah, le surnommant « crime politique contre tous les musulmans de
Palestine ».

Le Conseil des Moudjahidines de la Shura, dans les environs de Jérusalem, un groupe associé à Al-Qaïda, et impliqué dans plusieurs attaques à la roquette dans le sud d’Israël, a publié un communiqué mercredi.

Celui-ci qualifiait le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de « traitre », et accusait le Hamas de violer les lois religieuses en collaborant avec celui-ci.

« Cette réconciliation a résulté d’un grand nombre de violations de la charia, et le Hamas, en l’acceptant, a scandaleusement ignoré les appels dans ses rangs de l’ignorer », indiquait le communiqué.

« La plus flagrante transgression est d’accepter la démocratie et le bulletin de vote comme arbitre entre les factions, afin d’obtenir une partie du pouvoir, tout en acceptant la présidence du traitre Mahmoud Abbas, ainsi que son droit à diriger le destin des musulmans de Palestine. »

Dans son communiqué, le Conseil des Moudjahidines de la Shura affirme qu’il ne comprend pas pourquoi soudainement, le Hamas, a décidé de se réconcilier avec Abbas, alors que celui-ci annonçait samedi, dans une réunion de l’OLP, que son gouvernement d’union nationale reconnaitrait l’existence de l’Etat d’Israël, et continuerait de négocier avec lui, tout en condamnant la lutte armée.

« En dépit de tout cela, la direction du Hamas, représentée par Moussa Abu Marzouk, a indiqué qu’il trouvait le discours ‘positif’. De plus, ce dernier semblait se faire le défenseur de cette réconciliation, en interne comme à l’étranger, la qualifiant d’accomplissement d’importance nationale, » indiquait le Conseil.

Le communiqué, adressé principalement au Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, depuis sa prise de pouvoir violente en 2007, était assez inhabituel. En effet, le paysage palestinien soutient avec enthousiasme un accord nouveau de réconciliation entre les factions rivales palestiniennes, après des années de tentatives avortées. Le communiqué accuse le Hamas de renoncer à ses principes, énoncés par le passé par ses leaders politiques, éliminés par Israël.

« La direction actuelle du Hamas s’oriente vers des décisions illégitimes, et désespérées, tranchant clairement avec les principes du passé… Les traitres apostats du Fatah, tels que les décrivait [le leader du Hamas éliminé] Nizar Rayan, sont aujourd’hui des partenaires de la nation et des comparses. La question de la reconnaissance d’Israël, qui fut à un moment un crime impardonnable, n’est plus honteuse à défendre » indiquait le communiqué.