Pour pouvoir vraiment obtenir un accord de paix durable, les dirigeants palestiniens doivent officiellement reconnaître Israël comme un Etat juif et revoir en profondeur leurs demandes pour avoir le droit que les réfugiés palestiniens rentrent, affirme jeudi l’ambassadeur palestinien au Royaume Uni.

Dans un article publié dans Fathom, un trimestriel consacré à Israël et au Moyen-Orient, Manuel Hassassian, qui sert comme émissaire palestinien en Grande-Bretagne depuis 2005, et le professeur israélien Raphael Cohen-Almagor, décrivent les étapes qui, à leur avis, seraient nécessaire pour que l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien puisse obtenir un accord de paix final.

« Nous croyons que si il y a une volonté, il y a un moyen », écrivent-ils. « La paix est un bien précieux et une nécessité donc un prix élevé pour sa réalisation, pour atteindre une solution qui soit acceptable aux deux parties ».

Les auteurs posent le postulat que le conflit en cours ne pourrait prendre fin que si Israël et les Palestiniens reconnaissent le droit de l’autre à l’autodétermination.

« Les deux parties doivent faire des concessions douloureuses et parvenir à un compromis », écrivent-ils. « Israël doit reconnaître l’Etat de Palestine. La Palestine reconnaîtra l’Etat juif d’Israël ».

Les déclarations de Hassassian sont contraires aux récentes déclarations du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas qui affirme qu’il n’y a « aucun moyen » que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un Etat juif.

« Ils font pression et disent, ‘pas de paix sans l’Etat juif’ », a déclaré M. Abbas en mars, mais il n’a pas précisé qui faisait pression. « Il n’existe aucun moyen. Nous n’accepterons pas ».

L’émissaire palestinien et Cohen-Almagor a poursuivi en déclarant que les deux parties qui négocient doivent convenir d’un plan de réinstallation et de réhabilitation des réfugiés palestiniens, car la question pose un obstacle majeur pour le processus de paix.

« Pour les Palestiniens, c’est une question d’histoire, de justice et d’équité. Pour les Israéliens, il s’agit d’une question déjà débattue, où de nombreux Israéliens ne sont pas prêts à revendiquer la responsabilité de la tragédie palestinienne et la plupart des Israéliens s’opposent au droit au retour car cela signifierait la fin de l’Etat juif », peut-on lire dans l’article.

Hassassian et Cohen-Almagor suggère que les réfugiés palestiniens de 1948 doivent être autorisés à s’installer dans le futur Etat palestinien tandis que d’autres Palestiniens seraient absorbés dans différents pays sur la base de quotas définis précédemment.

Israël, cependant, ne serait pas obligé d’accepter un afflux massif de réfugiés et de leurs descendants sur son territoire, même si l’unification des familles vivant des deux côtés de la frontière de l’Etat juif serait autorisé à une échelle limitée.

Encore une fois, cela marque une différence avec la position d’Abbas; il a déclaré en Janvier qu’il ne pouvait pas négocier la suppression du droit absolu des réfugiés palestiniens et de leurs descendants de revenir en Israël.

Les auteurs ont en outre déclaré qu’Israël avait le droit d’annexer les grands blocs d’implantations en Cisjordanie dans le cadre d’un régime convenu d’échange de terres avec l’Autorité palestinienne. Le reste des implantations au-delà de la Ligne verte, affirme Hassassian, doit être évacué par Israël.

« Les grands blocs d’implantation – Maale Adumim, Givat Zeev, Goush Etzion, Modiin Illit et Ariel –qui représentent environ 70 % de la population juive en Cisjordanie et sur moins de quatre % de son territoire, peuvent être annexés à Israël après un accord avec l’Autorité palestinienne dans le cadre de l’échange de terres de taille et de qualité égale », écrivent-ils. « L’ajustement des frontières doit être maintenu au strict minimum et doit être
réciproque ».

Dans les négociations précédentes avec Israël, les Palestiniens avaient déclaré qu’ils seraient prêts à accepter des échanges de terres mineurs pour permettre à Israël de garder une partie des dizaines d’implantations juives construites en Cisjordanie depuis que le territoire a été capturé pendant la guerre des Six Jours en 1967. La plupart de la communauté internationale juge ces implantations illégales en vertu du droit international.

L’ambassadeur palestinien et le professeur israélien a ajouté que l’Autorité palestinienne et Israël devaient travailler ensemble afin de lutter contre la violence et adopter une attitude de tolérance zéro face à l’activité terroriste.

« Les deux parties doivent faire en sorte que leurs citoyens des deux côtés de la frontière vivent dans la paix et la tranquillité », écrivent-ils. « Les fanatiques et les terroristes, Palestiniens et Juifs, recevront des sanctions sévères en cas de violation de la paix et de tranquillité ».