2 000 personnes manifestent contre Netanyahu devant le domicile du procureur général
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2 000 personnes manifestent contre Netanyahu devant le domicile du procureur général

La Haute cour a limité le rassemblement hebdomadaire appelant à la mise en examen du Premier ministre à 500 manifestants ; David Bitan évoque une “violation flagrante du jugement de la cour”

Environ 2 000 personnes ont manifesté samedi soir aux abords du domicile du procureur général, Avichai Mandelblit, après le jugement de la Haute cour de justice autorisant la reprise des manifestations hebdomadaires. Ils demandent l’inculpation du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans deux enquêtes de corruption.

Si ce jugement, survenu après le blocage par la police de la manifestation de la semaine dernière et l’arrestation de deux de ses leaders, a limité le nombre de manifestants à seulement 500, ce sont 2 000 personnes qui se sont réunies samedi, selon des estimations de la police et d’autres. La police a bloqué des manifestants venus pour le rassemblement pour tenter de limiter ce nombre, et des centaines de participants se sont réunis dans les rues avoisinantes.

David Bitan, président de la coalition et député du Likud, , a déclaré que l’ampleur de la manifestation constituait « une violation flagrante du jugement de la Haute cour », accusant les protestataires de ne s’intéresser à l’Etat de droit que lorsque ce dernier leur était favorable.

« Les tyrans de la gauche ne brandissent le droit que lorsque cela les arrange, mais il s’avère que pour mener un coup d’état, et pas par le biais d’élections, piétiner la loi devient casher, a dit Bitan. J’attends que la police agisse avec fermeté et applique les instructions du tribunal en direction d’une minorité anarchiste. »

Dans la contre-manifestation organisée à proximité, des manifestants de droite ont dénoncé le mouvement de protestation anti-Netanyanu dont les participants sont, à leurs yeux, des « antisémites » et des « gauchistes hypocrites », a annoncé Haaretz.

Manifestation devant le domicile du procureur général, Avichai Mandelblit, à Petah Tikva, le 27 mai 2017. (Crédit : Roy Alima/Flash90)
Manifestation devant le domicile du procureur général, Avichai Mandelblit, à Petah Tikva, le 27 mai 2017. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

La police a indiqué que la manifestation, qui a réuni 2 000 personnes, avait violé les conditions établies par le tribunal, tout comme l’utilisation de hauts-parleurs.

En réponse aux affirmations de la police, les organisateurs ont indiqué qu’ils s’étaient conformés aux restrictions policières et que les milliers de participants qui avaient été écartés du rassemblement principal avaient improvisé des mouvements de protestation aux alentours, respectant intégralement le jugement.

La police a noté que 500 manifestants étaient déjà arrivés place Goren, près du logement de Mandelblit à Petah Tivka, lors du lancement de la manifestation à 20 heures. Les forces de l’ordre ont alors appelé les participants en surnombre à s’écarter du site et à « respecter la décision du tribunal ».

Ce mouvement de protestation est survenu alors que le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan (Likud) a reconnu que les arrestations, la semaine dernière, des leaders du mouvement, Menny Naftali et Eldad Yaniv, avaient été « une erreur ».

« Je ne défends pas la police », a-t-il déclaré à la Deuxième chaîne, qualifiant l’arrestation des deux hommes « d’erreur de jugement » et ajoutant qu’il n’était pas nécessaire de les menotter.

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, et Roni Alsheich, à gauche, à la Knesset, le 12 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, et Roni Alsheich, à gauche, à la Knesset, le 12 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Même s’il a critiqué les arrestations de Yaniv et Naftali, Erdan a également eu des mots durs pour les manifestants et a affirmé que la police ne cherchait pas à limiter la liberté d’expression.

« Disons seulement la vérité : ceux qui font du mal à l’Etat de droit sont Eldad Yaniv et ses amis qui exercent une pression inappropriée sur le procureur général », a-t-il estimé, faisant référence aux demandes des manifestants qui veulent que Mandelblit passe à la vitesse supérieure dans les enquêtes de corruption impliquant Netanyahu.

Yaniv a appelé l’opinion publique à venir manifester dans un certain nombre d’autres lieux de Petah Tikva qui, a-t-il dit, n’ont pas fait l’objet de limitations imposées par l’injonction temporaire de la Haute cour.

« Il y a deux collines à côté qui attendent l’arrivée de milliers de personnes », a-t-il tweeté avant le début de la manifestation. « Venez. »

Naftali, ancien employé de la résidence du Premier ministre, qui organise ces manifestations depuis 40 semaines, était lui aussi présent.

Le jugement de la Haute cour adopté au début de la semaine est venu répondre à une requête qui avait été déposée par les organisateurs, après que la police a bloqué les participants à ce mouvement de protestation pour les empêcher d’atteindre le domicile de Mandelblit la semaine dernière. Les forces de l’ordre avaient déclaré que les futures manifestations devraient obtenir un permis préalable.

Menny Naftali, au centre, ancien concierge de la résidence du Premier ministre et le militant israélien Eldad Yaniv, deuxième à droite, aux abords de salle d'audience de la Haute cour de Jérusalem, le 24 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Menny Naftali, au centre, ancien concierge de la résidence du Premier ministre et le militant israélien Eldad Yaniv, deuxième à droite, aux abords de salle d’audience de la Haute cour de Jérusalem, le 24 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
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