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Affaire Epstein : La sphère complotiste antisémite s’agite après la révélation de noms

Milliardaire, juif, pédocriminel, un suicide jugé mystérieux : le profil d’Epstein et les dernières révélations ont réveillé comme rarement la sphère complotiste antisémite

Jeffrey Epstein, le 28 mars 2017. (Crédit : Registre des délinquants sexuels de l'État de New York via AP/Dossier)
Jeffrey Epstein, le 28 mars 2017. (Crédit : Registre des délinquants sexuels de l'État de New York via AP/Dossier)

Une juge de New York a commencé à dévoiler mercredi soir des noms de contacts, connaissances, proches, victimes ou complices présumés du financier américain Jeffrey Epstein accusé de crimes sexuels mais qui s’est suicidé en prison en 2019 avant d’être jugé.

Milliardaire, juif, pédocriminel, proche de tous les puissants, un suicide jugé mystérieux : le profil d’Epstein et ces nouvelles révélations ont réveillé comme rarement la sphère complotiste antisémite sur Internet et les réseaux sociaux.

« C’est clairement un bingo. Cette affaire est une sorte de pain béni pour la complosphère, qui agite tous les fantasmes d’un seul coup », a dépeint auprès de 20 Minutes Iris Boyer, secrétaire générale de l’ISD, think tank contre l’extrémisme et la polarisation.

« Les faits reprochés à Jeffrey Epstein collent parfaitement à l’un des narratifs du complotisme : le juif milliardaire qui utilise son pouvoir pour faire le mal, particulièrement du mal aux enfants », a ajouté la spécialiste du complotisme Marie Peltier. « Attention, ça ne veut pas dire que les faits reprochés sont faux, juste que les complotistes les exploitent pour valider leur récit et tirer encore plus le filon », a expliqué à 20 Minutes l’experte, selon laquelle cette affaire revêt un antisémitisme certain.

Parmi les quelque 150 à 180 identités dévoilées – sorties d’un millier de pages de documents judiciaires rendues publiques par la justice fédérale de Manhattan – on trouve les anciens présidents démocrate Bill Clinton (1993-2001) et républicain Donald Trump (2017-2021) – mais sans mention du moindre comportement illégal ou répréhensible de leur part, ce que font généralement mine d’oublier les commentateurs complotistes sur les réseaux sociaux.

Ces révélations judiciaires étaient prévues et attendues depuis une ordonnance du 18 décembre de la juge new-yorkaise Loretta Preska, un document qui avait fait l’effet d’une bombe à retardement dans la capitale financière américaine lorsque la justice l’avait diffusé le 19 décembre.

Cet acte judiciaire résulte d’une procédure en diffamation à l’encontre de l’ex-maîtresse et complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell – qui purge depuis 2022 une peine de 20 ans de prison – et portée par une plaignante américaine contre le couple, Virginia Giuffre.

La juge Preska avait listé en décembre 180 personnes – sous des numéros et le pseudonyme « Doe » – et ordonné que leur identité soit « complètement » dévoilée « 14 jours » au plus tard après les 18 et 19 décembre, soit le 2 ou 3 janvier.

D’après le média britannique Daily News, qui avait révélé l’existence de cette liste, la plainte en diffamation de Virginia Giuffre contre Ghislaine Maxwell remonte à 2016 et avait été réglée l’année suivante.

Mais le journal Miami Herald avait alors agi en justice au civil pour avoir accès au dossier et enquêter sur le réseau Epstein.

Le financier déchu qui fréquentait le tout-New York avait été arrêté en 2019.

Pour justifier le dévoilement de noms – dont des personnalités déjà citées dans la presse – la justice s’appuie sur le fait que certaines personnes sont facilement identifiables dans des interviews publiées ces dernières années.

Dans le cas de Donald Trump, le milliardaire new-yorkais est mentionné dans les documents comme une connaissance d’Esptein, mais aucune mention n’est faite sur un éventuel comportement délictuel ou criminel.

Quant à Bill Clinton, beaucoup plus proche du financier déchu et qui voyageait avec lui dans les années 2000, son nom est cité des dizaines de fois mais, là encore, sans indice clair de faits illégaux.

Ghislaine Maxwell et Jeffrey Epstein étaient en couple au début des années 1990 avant de devenir collaborateurs professionnels.

L’ex-mondaine britannique, française et américaine de 61 ans a été reconnue coupable en décembre 2021 à New York de trafic sexuel de mineures pour le compte d’Epstein et condamnée en juin 2022 à 20 ans d’emprisonnement.

L’homme, aux puissants relais économiques et politiques aux États-Unis et à l’étranger, était lui-même accusé d’avoir agressé sexuellement et violé des jeunes filles, mais son suicide par pendaison en prison à New York en août 2019 a éteint l’action publique à son encontre.

L’influence du réseau Epstein a alimenté après sa mort nombre de théories complotistes sur un assassinat qui aurait été déguisé en suicide.

Mais la médecine légale de New York et la police fédérale (FBI) avaient conclu qu’il s’était bien donné la mort et que ce décès « ne résultait pas d’un acte criminel ». Et en juin dernier, le ministère de la Justice avait confirmé « les conclusions du FBI quant à l’absence d’actes criminels dans la mort d’Epstein ».

Dans un volet distinct de ce dossier international, le prince britannique Andrew, ami du duo Maxwell-Epstein, a scellé en février 2022 un accord à l’amiable – pour 13 millions de dollars selon le Daily Telegraph – avec Virginia Giuffre, 40 ans, qui l’accusait de l’avoir agressée sexuellement en 2001 quand elle avait 17 ans.

Le prince de 63 ans, tombé en disgrâce, conteste ces accusations.

Autre proche d’Epstein, l’agent français de mannequins Jean-Luc Brunel, inculpé pour viols sur mineurs, a été retrouvé mort pendu en prison à Paris en février 2022.

Du côté des banques internationales qui avaient des liens avec Epstein, l’ex-patron de Barclays James Staley a été banni de la profession bancaire en octobre dernier et JPMorgan et Deutsche Bank ont versé respectivement au printemps 290 millions et 75 millions de dollars à des victimes pour clore leurs passifs sur leurs relations avec le financier mort à 66 ans.

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