Au plus fort de la guerre à Gaza, Netanyahu aurait rencontré en secret un ex-responsable du Mossad travaillant pour le Qatar – média
Le Premier ministre refuserait de se soumettre à de nouveaux interrogatoires de la police dans l'affaire du "Qatargate" ; Jonatan Urich aurait perçu 1,9 M de NIS en 2024 pour une campagne d'influence pro-Qatar
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré en secret le plus haut responsable israélien à la solde du Qatar, plusieurs mois après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, en pleine guerre de Gaza, a rapporté dimanche la chaîne N12.
Cet Israélien, identifié uniquement par l’initiale hébraïque de son prénom, « Shin », et surnommé « le prince du Mossad », était un haut responsable de l’agence de renseignement du Mossad avant de prendre sa retraite et de se mettre au service de la campagne d’influence du Qatar en Israël.
Au cours de cette rencontre, qui aurait eu lieu durant l’été 2024, Shin aurait demandé à Netanyahu de faire taire plusieurs ministres du Likud : le ministre des Affaires de la Diaspora, Amichaï Chikli ; le ministre de l’Économie, Nir Barkat ; et le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, qui s’en prenaient publiquement au Qatar, selon la chaîne.
Cette rencontre a été tenue secrète, y compris vis-à-vis de David Barnea, alors directeur du Mossad, selon N12, et elle n’apparaît dans aucun procès-verbal officiel.
Le Qatar accueille depuis longtemps les hauts dirigeants du Hamas, et en septembre 2025, l’armée israélienne a frappé à Doha avec pour objectif d’éliminer plusieurs hauts responsables du groupe terroriste, sans succès.
Shin avait auparavant organisé une rencontre entre Yisrael Einhorn et Jonatan Urich, deux proches collaborateurs de Netanyahu, et Ali al-Thawadi, un haut diplomate qatari et confident de l’émir du Qatar. Einhorn et Urich sont également mis en cause dans l’affaire du « Qatargate ».
Des enquêteurs de l’unité des crimes majeurs de la police Lahav 443 ont interrogé Urich au sujet de l’organisation de la rencontre entre Netanyahu et Shin. Ce dernier a déclaré aux enquêteurs qu’il ne se souvenait d’aucune demande de ce type et que Shin n’avait pas besoin de lui pour entrer en contact avec le Premier ministre.
Au début du mois, la chaîne N12 a rapporté qu’un enquêteur de la police avait déclaré que c’était Shin qui leur avait révélé qu’il y avait eu deux rencontres entre Urich et Thawadi au cours de l’été 2024.
Thawadi a occupé le « portefeuille Israël » pendant les deux années de guerre entre Israël et le Hamas à Gaza et a été l’interlocuteur privilégié du Qatar lors des négociations sur les otages. À ce titre, il a rencontré à plusieurs reprises son homologue israélien, Ron Dermer. Depuis janvier 2026, il est le représentant du Qatar au sein du Comité exécutif de Gaza, soutenu par les États-Unis.
Le 31 mars, Netanyahu a été interrogé pendant deux heures par la police au sujet de l’implication d’Urich dans le « Qatargate » et dans un deuxième scandale : la transmission d’informations classifiées au journal allemand Bild, dans lequel Urich était également impliqué.
Urich a fait l’objet d’une enquête concernant Shin en mai, et la police cherche depuis lors à faire revenir Netanyahu pour une deuxième série d’interrogatoires. Il n’a pas donné son accord, a rapporté N12.
Netanyahu lui-même n’est pas suspecté dans les affaires du « Qatargate » et des documents classifiés. Mais ces affaires ont constitué des enjeux majeurs de la campagne électorale avant le scrutin de mardi.
Bien qu’Urich ait apparemment rencontré au moins deux fois Thawadi, l’un des hommes les plus puissants du Qatar, la chaîne N12 a affirmé au début du mois que Netanyahu avait déclaré dans son propre témoignage qu’Urich ne l’avait jamais abordé au sujet du Qatar ni ne l’avait tenu informé de ses réunions d’affaires et de ses relations avec des responsables qataris.
Versements à Urich
N12 a également rapporté dimanche qu’Urich avait reçu 1,9 million de shekels entre janvier et septembre 2024 pour ce que la police soupçonne être un travail lié à la campagne d’influence en faveur du Qatar.
Le reportage affirmait que l’argent avait été transféré à Urich par Einhorn. En janvier, la police israélienne avait déclaré Einhorn, basé en Serbie, « criminel en fuite » et indiqué qu’un mandat d’arrêt avait été lancé contre lui.
Selon un reportage de la chaîne N12 diffusé la semaine dernière, Urich a admis aux enquêteurs avoir reçu « des centaines de milliers de shekels » du Qatar et n’avoir eu aucun scrupule moral à travailler pour Doha, tant avant qu’après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Un reportage de Kan TV a estimé à 1,2 million de shekels la somme versée à Urich entre janvier et septembre 2024, précisant qu’elle provenait de plusieurs États étrangers, dont le Qatar.
En réponse à ces informations publiées dimanche, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, chef du parti d’opposition Beyahad, a exigé que le Premier ministre « explique aux citoyens ses liens avec le Qatar, pourquoi il a défendu les intérêts du Qatar en temps de guerre, et pourquoi la personne la plus proche de lui, même aujourd’hui, est un agent qatari qui a commis l’acte de trahison le plus grave de l’histoire de l’État ».
Bennett a promis que les réponses à toutes ces questions, que Netanyahu « tente de dissimuler », seraient révélées « par la commission d’enquête nationale que nous mettrons en place » après les élections de mardi.
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