Deux espèces de mérous protégées par un décret du ministère de l’Environnement
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Deux espèces de mérous protégées par un décret du ministère de l’Environnement

La Société de protection de la nature salue l'interdiction de pêcher le mérou badèche, déplorant la décision du ministère de ne protéger que pour un an le mérou brun

Un mérou badèche. (Crédit : Dr Shevy Rothman)
Un mérou badèche. (Crédit : Dr Shevy Rothman)

La ministre de la Protection environnementale, Gila Gamliel, a signé un amendement, lundi, qui permet d’ajouter de manière permanente le mérou badèche à la liste des espèces marines protégées dans le pays. Le mérou brun, de son côté, intègre la liste de manière temporaire, pour un an.

Les pêcheurs qui attraperont des mérous bruns « sans intention préalable » dans leurs filets pourront les vendre à la consommation, mais les amateurs de pêche sportive ont dorénavant l’interdiction d’utiliser des fusils de chasse et autres harpons sous-marins pour les tuer.

Lorsqu’elle avait pris cette décision au mois de février, Gamliel avait souligné que l’ajout de ces deux espèces sur la liste permettrait « un équilibre entre la protection de la biodiversité et des écosystèmes en mer Méditerranée et la garantie que les revenus des pêcheurs ne subiront pas de préjudice ».

Un communiqué qui a été émis, lundi, par le ministère de la Protection environnementale a indiqué que « en tant que prédateurs, le mérou badèche et le mérou brun [connus en hébreu sous le nom de ‘locus’] sont deux espèces déterminantes, dont l’importance écologique est essentielle [car ils] maintiennent l’équilibre écologique dans les fonds marins en régulant les populations de poissons dont ils se nourrissent ».

Le communiqué a ajouté qu’ils aidaient aussi à contrôler les poissons invasifs qui se nourrissent des algues qui poussent sur les roches sous-marines, privant les espèces locales d’alimentation et d’habitat.

Un mérou badèche. (Crédit : Dr Shevy Rothman)

La Société de la protection de la nature en Israël, qui avait soumis des pétitions à la Haute-cour à deux occasions pour réclamer la protection du mérou brun, a salué la décision prise par le ministère sur le mérou badèche – tout en avertissant que les mesures très partielles qui ont été prises pour protéger le mérou brun ne permettraient pas à sa population de se rétablir.

Au mois de novembre, le Groupe spécialiste des mérous et des labres au sein de l’Union internationale de la conservation de la nature (IUCN) avait écrit à Gamliel, demandant que les deux espèces, Epinephelus costae et Epinephelus marginatus, soient protégées.

Les deux, avait estimé l’Union, devaient impérativement être « totalement protégées pendant au moins dix ans », conformément aux recommandations du groupe.

Le mérou brun est considéré comme vulnérable dans le monde entier, et il est en danger dans la mer Méditerranée. « Il n’y a aucun doute sur le fait que cette population a été réduite de manière substantielle si on compare les chiffres actuels aux chiffres historiques », avait indiqué le courrier. Concernant le mérou badèche, le groupe avait considéré ne pas avoir suffisamment de données en sa possession.

La missive avait ajouté que « dans ce cas, l’espèce reste une source d’inquiétude – mais les données sont insuffisantes pour conclure une évaluation de population qui soit respectueuse des mesures strictes de l’IUCN ». En raison des caractéristiques et du comportement similaires du mérou badèche, toutefois, ce dernier nécessite probablement le même statut de conservation que ses cousins bruns, avait continué le groupe.

« Les mérous figurent parmi les espèces les plus sensibles pour la pêche en raison de leur biologie et de leur demande (leur valeur commerciale). Encore et encore, espèce après espèce, nous constatons que ces populations subissent un impact négatif quand elles sont exploitées (même peu) en l’absence d’une gestion efficace ».

Israël alloue seulement 3 % de ses eaux territoriales aux réserves marines, a noté la lettre – ce qui est bien inférieur à la cible de 30 % de la Convention sur la biodiversité.

La Société de protection de la nature a indiqué « qu’il est important de noter que la pêche est la cause la plus significative des dommages subis par les systèmes naturels marins, que ce soit dans les océans et dans la mer Méditerranée ».

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