Un employé yéménite du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme est décédé alors qu’il était détenu par les Houthis après avoir été arbitrairement emprisonné pendant plus de deux ans, a fait savoir cette instance de l’ONU, qui a appelé à ouvrir une enquête indépendante et à garantir la remise en liberté des membres de son personnel qui restent incarcérés.
Mohammad el Shami avait été placé en détention par le groupe terroriste des Houthis le 6 juin 2024, a indiqué le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Turk, dans un communiqué.
Sa famille a expliqué n’avoir que récemment été informée de son décès, plus d’un mois après les faits. Elle a ajouté qu’aucune explication ne lui avait été donnée s’agissant de la cause ou des circonstances de sa mort, a précisé M. Turk.
Turk a réclamé une enquête rapide, indépendante et approfondie, et il a exigé la libération immédiate et inconditionnelle de tous les autres membres du personnel de l’ONU qui se trouvent actuellement dans les geôles des Houthis, évoquant notamment sept employés de son bureau ainsi que des travailleurs humanitaires et des membres de la société civile.
Le Premier ministre yéménite a condamné ce décès, disant qu’il tenait les Houthis pour entièrement responsables de ce drame. Il a appelé à ce que les coupables soient traduits en justice, soulignant que plus de 70 employés de l’ONU et des dizaines de travailleurs humanitaires sont toujours emprisonnés.
Les Houthis n’ont pas fait de commentaire. Ce groupe soutenu par l’Iran a indiqué que les personnes incarcérées faisaient partie d’un réseau d’espionnage qui travaillait pour les États-Unis et Israël. Il a également accusé les organisations humanitaires d’utiliser leur travail comme couverture pour des activités de renseignement, sans toutefois fournir de preuves.
Les Houthis s’étaient emparés de la capitale, Sanaa, en 2014, déclenchant une intervention militaire menée par l’Arabie saoudite en 2015 en soutien du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. Depuis, le conflit divise le pays : les Houthis contrôlent Sanaa ainsi qu’une grande partie du nord et du nord-ouest, tandis que les forces fidèles au gouvernement contrôlent une grande partie du sud et de l’est.