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Analyse

Le candidat républicain au Sénat de Caroline du Sud devrait être pro-israélien

La sœur du sénateur décédé, nommée par Trump pour remplacer le républicain partisan de la ligne dure, affronte huit adversaires dans une élection partielle ; la question d'Israël n'a pas été abordée pendant la campagne

Le sénateur américain Lindsey Graham s'exprime devant les médias à Tel-Aviv, le 21 décembre 2025. (AP/Maya Levin)
Le sénateur américain Lindsey Graham s'exprime devant les médias à Tel-Aviv, le 21 décembre 2025. (AP/Maya Levin)

JTA – De nombreux candidats s’affronteront mardi lors des primaires spéciales en Caroline du Sud. Tous briguent l’investiture républicaine pour le poste de sénateur américain longtemps occupé par feu Lindsey Graham, l’un des plus fervents alliés d’Israël et de l’Ukraine au Capitole et farouche partisan du recours à la force militaire contre l’Iran.

S’il ne fait guère de doute que le vainqueur sera favorable à Israël, on ignore encore quelle place occupera l’État juif dans les priorités du candidat. Il sera difficile d’égaler le niveau d’expérience de Graham en matière de politique étrangère et son intérêt pour le Moyen-Orient, une région qu’il a souvent visitée.

« Les autres candidats, s’ils sont aussi partisans d’une ligne dure, n’ont tout simplement pas la tribune ni le pouvoir de l’affirmer. Lui, en revanche, les avait », a indiqué Scott Huffmon, professeur de sciences politiques à l’université Winthrop de Caroline du Sud, à la Jewish Telegraphic Agency.

Graham est décédé subitement le 11 juillet des suites d’une rupture de l’aorte, à l’âge de 71 ans, après avoir siégé pendant 23 ans au Sénat et huit ans à la Chambre des représentants des États-Unis. Membre de longue date des commissions des forces armées et du budget du Sénat, il s’était rendu en Israël une dizaine de fois depuis le pogrom perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023.

Graham avait grandi à l’époque de la Guerre froide. C’était un conservateur d’abord anti-soviétique, puis anti-russe, qui s’est toujours montré résolument pro-israélien, a précisé Huffmon, qui dirige également le Centre de recherche sur l’opinion publique et les politiques de l’université de Winthrop.

« Il envisageait la paix au Moyen-Orient dans la perspective d’un Israël protégé », a ajouté Huffmon. Graham avait fait d’Israël une priorité, a-t-il souligné. « Pour son successeur, il sera très difficile de s’imposer sur ce dossier, même s’il partage les mêmes convictions inébranlables que le sénateur Graham. »

Quelques jours seulement après son décès, le gouverneur républicain de Caroline du Sud, Henry McMaster, a nommé la sœur cadette du défunt sénateur, Darline Graham, à son poste, jusqu’à la fin de son mandat. Malgré son expérience politique limitée – elle avait notamment siégé à la Commission pour les aveugles de Caroline du Sud –, elle a rapidement obtenu le soutien du président Trump, et a fait part de sa candidature aux primaires spéciales de mardi.

Darline Graham, sœur du défunt sénateur américain Lindsey Graham (républicain de Caroline du Sud), prête serment lors d’une cérémonie présidée par le président pro tempore du Sénat, Chuck Grassley (républicain de l’Iowa), dans l’ancienne salle du Sénat du Capitole à Washington, le 14 juillet 2026, tandis que son mari, Larry Nordone, tient la Bible. (AP Photo/J. Scott Applewhite)

Graham devra affronter neuf autres républicains. Ses principaux adversaires sont notamment Ralph Norman et Russell Fry, qui siègent tous deux actuellement au Congrès, ainsi que Mark Sanford et Mark Lynch.

Selon un récent sondage de l’Emerson College, Graham et Norman se disputent la tête du classement, avec respectivement 19 % et 22 % des intentions de vote. Fry recueille quant à lui 12 %. Sanford est un ancien membre du Congrès et ancien gouverneur de la Caroline du Sud ; Lynch est un homme d’affaires.

Parmi les principales priorités de Norman figure le projet de loi Safeguard American Voter Eligibility Act (SAVE America Act), qu’il a coparrainé à la Chambre des représentants, et qui obligerait les électeurs à présenter une pièce d’identité dans les bureaux de vote – une priorité majeure pour Trump. Il s’est également engagé à réduire les dépenses, à renforcer la sécurité aux frontières américaines, à financer les forces de l’ordre, à protéger le droit de posséder des armes à feu, à limiter la participation aux compétitions sportives féminines aux femmes biologiques, à soutenir les anciens combattants et à développer l’armée.

« Nous devons faire preuve de prudence avant d’envoyer les fils et les filles de l’Amérique risquer leur vie, mais lorsque nous le faisons, ils méritent de bénéficier de tous les moyens disponibles pour mener à bien leur mission et rentrer chez eux sains et saufs », a affirmé son équipe de campagne.

Le député Ralph Norman, républicain de Caroline du Sud, prend la parole lors d’un meeting électoral organisé en vue d’une primaire spéciale du Parti républicain visant à désigner le successeur du sénateur Lindsey Graham, républicain de Caroline du Sud, décédé récemment, le 1er août 2026, à Lexington, en Caroline du Sud. (AP Photo/Meg Kinnard)

C’est sur Fox News que Darline Graham a dévoilé son programme, il y a moins d’une semaine. Elle a notamment souligné que le SAVE America Act était le premier projet de loi qu’elle coparrainait au Sénat américain. Si ses autres positions politiques sont similaires à celles énoncées par Norman, elle a toutefois également déclaré soutenir explicitement le droit à la vie. Elle a vivement critiqué le programme diversité, équité et inclusion (DEI), ainsi que deux figures de proue de la gauche : la députée progressiste Alexandria Ocasio-Cortez, de New York, et Anthony Fauci, l’ancien haut responsable fédéral de la santé, accusé par les républicains de ne pas avoir su gérer la pandémie de COVID. Darline Graham a obtenu le soutien de la Coalition juive républicaine (RJC) peu après avoir annoncé sa candidature.

Fry, pour sa part, promeut également le programme « America First » de Trump, axé sur la sécurisation des frontières, la fin de la crise du fentanyl, la réduction des coûts, la défense des agriculteurs et des communautés rurales, le respect des anciens combattants, la confrontation avec le Parti communiste chinois et le développement des énergies pétrolière, gazière et nucléaire aux États-Unis.

La priorité absolue de Sanford, inscrite en gras et en rouge sur son site web, est « la dette nationale et les dépenses qui l’alimentent ». Son programme prône le renversement du « point de basculement financier » qui menace la « capacité du pays à préserver le rêve américain ». Sanford, dont le mandat de gouverneur a été entaché de scandales, s’est brièvement présenté contre Trump lors des primaires présidentielles de 2020.

L’ancien gouverneur Mark Sanford, républicain de Caroline du Sud, au centre, prend la parole lors d’un meeting électoral réunissant les candidats en lice pour la primaire républicaine spéciale visant à désigner le successeur du sénateur Lindsey Graham, républicain de Caroline du Sud, décédé, en vue des élections de novembre, le 8 août 2026, à Florence, en Caroline du Sud. (AP Photo/Meg Kinnard)

Si les priorités de Lynch sont assez similaires à celles de Norman, Graham et Fry, il tient toutefois un discours plus ferme en matière de politique étrangère : il réclame une « armée capable de frapper, dédiée à la défense du territoire national », la fin de « l’implication américaine dans des conflits étrangers dont l’issue est incertaine » et l’obtention d’une autorisation officielle du Congrès pour tout nouvel engagement militaire.

Par ailleurs, la question d’Israël n’a pas occupé une place significative dans la campagne.

Selon Huffmon, même si Graham a obtenu le soutien de Trump, les partisans de Norman et de Fry les considèrent également comme des candidats qui « contribueront à faire avancer le programme de Trump ». Norman dispose d’un solide bilan et d’une notoriété à l’échelle de l’État en tant que conservateur sur le plan budgétaire ; Fry, quant à lui, possède « de solides références conservatrices », mais jouit d’une notoriété moindre.

D’après ses propres enquêtes auprès des républicains de Caroline du Sud, Huffmon a constaté que les électeurs les plus conservateurs avaient tendance à accorder des taux de popularité élevés à Trump, McMaster et à l’ancienne gouverneure Nikki Haley, mais qu’ils considéraient Lindsey Graham comme « trop modéré ».

« Ceux qui souhaitent le plus la réussite du programme de Trump n’ont pas toujours été les plus grands partisans de Graham », a-t-il ajouté. « Ils ne diront donc peut-être pas automatiquement : ‘La sœur de Graham est la candidate idéale’. »

Le sénateur Lindsey Graham (à gauche) faisant un geste tandis que le président américain Donald Trump s’adresse aux journalistes à bord de l’Air Force One, alors qu’ils rentraient à la base interarmées d’Andrews, dans le Maryland, le 4 janvier 2026. (Crédit : Alex Brandon/AP)

D’après Christopher Cooper, professeur de sciences politiques à l’université Western Carolina, « elle se rapprochera probablement de son frère sur la plupart des sujets » et c’est, d’une certaine manière, « ce qui la caractérise en tant que candidate ». Mais, à l’instar de Huffmon, il a souligné que « Lindsey Graham n’était pas très populaire » – même s’il était donné favori pour sa réélection.

Pour autant, selon Huffmon, la Caroline du Sud « reste un État conservateur, favorable à Trump », et « son soutien compte toujours beaucoup ».

Une opinion que partage Cooper. « Mieux vaut l’avoir que ne pas l’avoir, mais ce n’est plus une garantie de victoire », a-t-il expliqué.

Le sondage d’Emerson, qui portait sur un échantillon de 500 électeurs ayant participé aux primaires du Parti républicain, a également posé aux personnes interrogées la question de savoir quelles devaient être les priorités du prochain sénateur de Caroline du Sud. Seuls 3,5 % ont cité la politique étrangère, tandis que 59,5 % ont nommé l’économie, 18,7 % l’immigration, 8,3 % la santé et 10 % « autre chose ». En revanche, 56,1 % ont affirmé « soutenir fermement » une intervention militaire américaine en Iran ; 14,6 % seulement s’y sont fermement opposés.

Lorsqu’un sondage demande aux électeurs de désigner leur priorité absolue, a expliqué Huffmon, la deuxième question la plus importante pour les personnes interrogées peut se situer « à un cheveu » de la première – mais elles ne peuvent en choisir qu’une seule. Les électeurs peuvent actuellement avoir le sentiment qu’une approche ferme en matière de politique étrangère « est nécessaire mais pas suffisante », a-t-il précisé.

Huffmon a qualifié Israël de « question décisive » : les électeurs considèrent les sentiments anti-israéliens et pro-palestiniens comme des facteurs rédhibitoires, mais ils accordent à cette question une priorité moindre par rapport à d’autres thèmes, comme l’économie.

Cooper partage ce point de vue. « Les électeurs républicains ont tendance à être plutôt bellicistes, mais si vous demandez à n’importe quel groupe de personnes aujourd’hui quelle est leur principale préoccupation, leur réponse sera l’économie », a-t-il affirmé.

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