« Nos geôliers nous battaient et disaient que c’était à cause de Ben Gvir » – ex-otage
Bar Kupershtein en veut au ministre de la Sécurité nationale de s'être targué des conditions difficiles imposées aux prisonniers palestiniens ; l'élu accuse la presse de prendre le parti du Hamas
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L’ancien otage Bar Kupershtein a été relâché le 13 octobre dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu et de libération d’otages conclu entre Israël et le groupe terroriste palestinien. Il a expliqué que ses geôliers du Hamas l’avaient tabassé si violemment qu’il n’avait pas pu marcher pendant un mois. Ce passage à tabac était une mesure de représailles au traitement réservé par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, aux prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël.
Dans un extrait diffusé dimanche d’une interview complète qui sera diffusée mardi par la chaîne publique Kan, Kupershtein déclare ressentir de la rancœur envers le ministre d’extrême droite qui s’était targué d’avoir aggravé les conditions de vie des prisonniers palestiniens, car cela avait rendu la vie plus difficile aux otages.
« Comment avez-vous pu les laisser nous maltraiter ? Vous êtes ministre du gouvernement… vous êtes censé prendre soin de nous. Pourquoi ne le faites-vous pas ? », a demandé Kupershtein, qui a été enlevé durant le festival de musique Nova au cours de l’assaut barbare et sanglant du Hamas, le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.
Ben Gvir, qui s’est toujours opposé à tout accord de cessez-le-feu et de libération d’otages avec le Hamas, a publié une déclaration vidéo en réponse aux reproches de Kupershtein. Il y accuse la presse israélienne de prendre le parti du Hamas.
« Je suis heureux pour Bar Kupershtein et tous les otages libérés, mais les médias israéliens reprennent le discours du Hamas », a déclaré le ministre, dont les commentaires sur les prisonniers palestiniens ont, selon les témoignages d’autres anciens otages à leur retour, donné lieu à d’autres cas de passages à tabac.
« Le Hamas n’avait pas besoin d’excuse le 7 octobre pour entrer, assassiner, violer, maltraiter et brûler des bébés », a poursuivi Ben Gvir.
אני מחבק חיבוק את בר קופרשטיין ואת כל החטופים שחזרו הביתה. אבל התקשורת הישראלית מאמצת את הנרטיב של החמאס.
החמאס לא היה צריך תירוץ כדי שב־7.10 הם ייכנסו, יירצחו, יאנסו, יתעללו, יישרפו תינוקות. כל הדברים האלה התרחשו עוד הרבה לפני השינויים בבתי הכלא – שינויים שנתניהו באותה תקופה לא… pic.twitter.com/jyZoTDNhw0
— איתמר בן גביר (@itamarbengvir) October 26, 2025
« Toutes ces choses se sont produites bien avant les changements dans les prisons. »
Ben Gvir a déclaré qu’il souhaitait apporter ces changements au traitement des prisonniers palestiniens avant le 7 octobre, mais que le Premier ministre Benjamin Netanyahu l’en avait empêché.
Il a également affirmé que l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet avait depuis déclaré que sa décision de rendre publique la sévérité des traitements infligés aux prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes avait entraîné « une diminution des attentats terroristes et dissuadé le Hamas ».
Or, contrairement à ce qu’il affirme, les chiffres du Shin Bet montrent que le mandat de Ben Gvir a été marqué par une augmentation significative des attentats terroristes.
« Œil pour œil, dent pour dent »
Dans l’extrait diffusé par Kan, Kupershtein explique que ses geôliers le privaient volontairement de nourriture pendant plusieurs jours d’affilée, alors qu’ils avaient suffisamment de provisions pour se nourrir.
« Nous ne les avons pas vus manger. Ils étaient dans leur propre pièce. Mais cela se voyait à leur poids : nous maigrissions et eux grossissaient », poursuit-il.
« Il y avait un type, que nous appelions Shchorzik, dont le travail consistait, selon ses propres dires, à ‘veiller à ce que vous ne soyez pas trop bien traités’. »
Kupershtein raconte que, vers le 270ᵉ jour de sa captivité (qui aura duré deux ans), « ils sont venus vers nous et nous ont simplement… roué de coups. Ils nous ont mis contre le mur et nous ont vraiment tabassés ».
« Ils ont dit que c’était à cause de Ben Gvir – vous subirez ce qu’il fait à nos prisonniers, ‘œil pour œil, dent pour dent’ », explique-t-il.
« Ils ont répété cela plusieurs fois, puis ils sont venus nous tabasser. »
« Environ une semaine plus tard, je me souviens qu’ils m’ont emmené dans leur chambre – les yeux bandés, bien sûr – et dès que j’y suis entré, j’ai reçu deux coups en plein visage, comme des cymbales qui s’entrechoquent », dit-il en mimant le geste.
בלעדי: ליווינו את בר קופרשטיין לאחר חזרתו משבי של שנתיים בעזה. לראשונה מול המצלמות הוא מספק עדות שכמותה לא שמעתם – על העינויים בשבי, על מה שקרה במנהרות ועל מה שקרה לו אחרי שהשר בן גביר החליט לצאת לתקשורת בהצהרה על הרעת תנאי האסירים הפלסטינים. הסרט המלא בשלישי ב״זמן אמת״ בכאן 11 pic.twitter.com/J0sDviGe3b
— בר שם-אור Bar Shem-Ur (@Bar_ShemUr) October 26, 2025
« Je suis tombé par terre sous la force du choc. »
« Ils m’ont traîné par les jambes sur toute la longueur de la pièce, ils m’ont piétiné et m’ont humilié autant qu’ils le pouvaient. »
Kupershtein a raconté que ses geôliers l’avaient ensuite attaché par les jambes à un poteau, puis l’un d’eux s’était adressé à lui en hébreu, en lui disant : « Jusqu’à présent, nous n’avons rien fait. Maintenant, tu vas ressentir dans ta chair ce que ressentent nos prisonniers [en Israël]. »
« Quand ils ont attaché mes genoux, je me suis dit : ‘Que vont-ils faire ? Me couper les jambes ?… Est-ce que c’est la fin ?’ Ma vie a défilé devant mes yeux », raconte Kupershtein. Ses geôliers ont ensuite commencé à lui asséner des coups sur les jambes et les pieds.
« Je me souviens même d’avoir posé ma jambe droite sur ma jambe gauche pour qu’ils ne frappent qu’une seule jambe, et qu’il m’en reste au moins une. »
« Ils m’ont cassé plusieurs os du pied et je n’ai pas pu marcher pendant environ un mois », ajoute-t-il.
Lorsqu’on lui a demandé s’il était en colère contre Ben Gvir, Kupershtein a répondu qu’il était en colère que le traitement sévère réservé aux prisonniers palestiniens en Israël soit rendu public.
« J’étais en colère parce que cela avait été divulgué à la presse. Comment des choses comme ça – même si elles se produisent, je ne sais pas si ce sont des erreurs ou non – peuvent-elles être divulguées à la presse alors que vous savez que nous sommes entre leurs mains », a expliqué Kupershtein.
Kupershtein faisait partie des vingt derniers otages encore en vie qui ont été relâchés le 13 octobre dans le cadre du cessez-le-feu négocié par les États-Unis. Les corps de treize otages morts, dont un soldat tué au combat lors de la guerre à Gaza contre le groupe terroriste palestinien du Hamas en 2014, sont toujours détenus dans l’enclave.
Ben Gvir, qui supervise l’administration pénitentiaire israélienne (IPS) en sa qualité de ministre de la Sécurité nationale, a dénoncé à plusieurs reprises ce qu’il qualifie de produits de luxe fournis aux prisonniers palestiniens détenus pour des raisons de sécurité. Au début de son mandat, il a pris des mesures pour interdire la distribution de pitot fraîches derrière les barreaux et limiter le temps de douche des détenus. À la suite du pogrom du 7 octobre, il a ordonné de nouvelles restrictions, notamment en matière de surpopulation carcérale et de suppression de lits.
Le mois dernier, dans ce qui a été considéré comme une réprimande claire à l’encontre de Ben Gvir, la Haute Cour a estimé, par deux voix contre une, que l’État n’avait pas rempli ses obligations légales de nourrir correctement les prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, et lui a ordonné de prendre des mesures pour leur fournir suffisamment de nourriture « pour leur permettre de vivre dans des conditions élémentaires ».
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