Rubio: la crise à Gaza ne doit occulter ni le sort des otages ni le démantèlement du Hamas
Mike Huckabee a annoncé sur Fox News que le nombre de sites d'aide d’humanitaire passera de 4 à 16 et a qualifié la mission de la GHF de "phénoménale"
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a déclaré que les sites d’aide à Gaza gérés par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël, devraient commencer à fonctionner 24 heures sur 24, car l’opération semble « s’intensifier ».
De son côté, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que la crise humanitaire à Gaza ne devait pas détourner l’attention du sort des otages israéliens détenus par des groupes terroristes, ni de la nécessité de démanteler le Hamas.
Les deux responsables se sont exprimés mercredi sur Fox News alors que la situation humanitaire à Gaza continuait de retenir l’attention de la communauté internationale. La situation alimentaire est devenue une préoccupation centrale dans le contexte de la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Les organisations humanitaires continuent de tirer la sonnette d’alarme face à une famine généralisée à Gaza et à la multiplication des décès dus à la malnutrition.
L’administration Trump a récemment indiqué qu’elle souhaitait s’impliquer davantage dans la distribution de l’aide, vraisemblablement en raison de sa déception quant à la manière dont les choses ont été gérées jusqu’à présent par la GHF.
« Le plan immédiat consiste à porter le nombre de sites à seize et à commencer à les faire fonctionner jusqu’à 24 heures sur 24 afin de distribuer plus efficacement davantage de nourriture à davantage de personnes », a déclaré Huckabee à propos des centres de la GHF.
Les sites de la GHF ne sont actuellement ouverts que quelques heures par jour. Le fait que des Gazaouis tentent d’atteindre les sites avant l’ouverture aurait constitué un facteur dans les incidents meurtriers qui se sont produits à plusieurs reprises au cours des premières semaines suivant le lancement de la GHF, au cours desquelles les soldats de l’armée israélienne ont été accusés d’avoir tiré sur des personnes venues chercher de l’aide au mauvais moment.
Malgré les critiques concernant les opérations de la GHF, Huckabee a qualifié la mission de « phénoménale », affirmant qu’elle avait distribué 106 millions de repas à des personnes dans le besoin, tout en les protégeant des « pillards et des voleurs ».
L’ambassadeur avait précédemment déclaré à Bloomberg News qu’il y avait une volonté d’ajouter rapidement douze sites d’aide aux quatre actuellement gérés par la GHF, mais il avait précisé que ce projet dépendait du financement et des opérations militaires dans le nord de Gaza. La GHF n’opère que dans les zones contrôlées par Tsahal, à l’écart des zones densément peuplées.
La GHF envisage depuis longtemps d’étendre ses opérations, mais semble avoir jusqu’à présent du mal à maintenir ouverts les quatre sites existants.
Dans son interview accordée à Fox News, Rubio a déclaré que la nécessité de libérer les otages restants et de démanteler le Hamas ne devait pas être éclipsée par la crise humanitaire plus large à Gaza.
« L’attention se concentre beaucoup sur la question humanitaire, et nous voulons faire tout notre possible pour aider à résoudre ce problème humanitaire », a déclaré Rubio.
« Mais on ne prête pas suffisamment attention au fait que vingt personnes qui n’ont rien à voir avec cela sont retenues en otage dans des tunnels, entre la vie et la mort, et que personne ne parle vraiment de la nécessité de désarmer et de démanteler le Hamas. »
Bien que 50 otages soient toujours détenus à Gaza, seuls 20 d’entre eux seraient encore en vie.
Rubio a souligné que ces trois questions étaient liées et que l’administration Trump s’était engagée à s’attaquer à chacune d’entre elles.
« In fine, le Hamas ne peut pas continuer d’exister. Même la Ligue arabe le dit », a poursuivi Rubio, faisant référence à certains éléments de la « Déclaration de New York » adopté le mois dernier, qui s’inscrivait dans le cadre de l’initiative française liée au projet de Paris de reconnaître un État palestinien, auquel Rubio s’est opposé avec véhémence.
« Tant que le Hamas existera en tant que groupe armé à Gaza, il n’y aura pas de paix, il n’y aura pas d’avenir pacifique, car cela se reproduira. Et cela ne doit plus jamais se reproduire. »
Un responsable de l’Union européenne (UE) a déclaré jeudi à Reuters que la situation humanitaire à Gaza restait très grave, mais qu’elle évoluait dans le bon sens.
Il a indiqué que des progrès avaient été enregistrés concernant l’approvisionnement en carburant, la réouverture de certaines routes, l’augmentation du nombre de camions entrant quotidiennement dans l’enclave et la réparation de certaines infrastructures essentielles.
Il a toutefois ajouté que « des obstacles importants continuent de compromettre les opérations humanitaires et l’acheminement de l’aide à Gaza, notamment l’absence d’un environnement sûr permettant la distribution de l’aide à grande échelle ».
Ces propos interviennent après que les responsables de la politique étrangère et humanitaire de l’UE ont informé mercredi soir les pays membres de l’état d’avancement de l’accord conclu le mois dernier avec Israël pour améliorer l’accès humanitaire à Gaza.
Huckabee s’est, quant à lui, exprimé alors que les dirigeants israéliens s’apprêtent à approuver un plan controversé visant à placer de vastes zones du nord et du centre de Gaza sous le contrôle de Tsahal pendant plusieurs mois, ce qui pousserait des centaines de milliers de civils gazaouis supplémentaires vers des camps de déplacés dans le sud de l’enclave.
L’expansion des activités de la GHF ferait partie intégrante de ce plan.
Selon la chaîne N12, cette expansion sera financée par environ 1 milliard de dollars de dons provenant, entre autres, des États-Unis.
Israël aurait déjà versé des millions de dollars à la GHF, mais n’a pas encore confirmé cette information publiquement, car un tel financement serait probablement impopulaire auprès d’une partie de la base électorale de droite du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui s’oppose à l’idée d’autoriser l’aide à Gaza, a fortiori de la financer.
La semaine dernière, Huckabee et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff ont visité un site de la GHF dans le sud de la bande de Gaza.
Mardi, Axios a rapporté que les États-Unis souhaitaient renforcer considérablement leur rôle dans la distribution de l’aide, estimant qu’Israël avait jusqu’à présent mal géré la question. Le plan précis de l’administration Trump est toutefois encore en cours d’élaboration.
Des images de Gazaouis amaigris, apparues ces dernières semaines (dont certaines ont été utilisées à des fins diffamatoires), notamment d’enfants affamés, ont alarmé le monde entier et intensifié la pression internationale sur Israël pour qu’il autorise l’acheminement d’une aide supplémentaire dans l’enclave en proie à plus de vingt-deux mois de guerre.
Israël affirme que le Hamas vole les marchandises livrées par l’ONU et les organisations d’aide internationales. Un reportage de la BBC diffusé mercredi a corroboré cette affirmation.
La GHF, créée pour fournir une aide alternative afin d’empêcher le Hamas de s’emparer des denrées, est le théâtre de fusillades quasi quotidiennes qui auraient fait des centaines de morts parmi les personnes qui tentent d’atteindre ses centres de distribution. Il y a également eu des morts lors d’autres livraisons d’aide humanitaire effectuées par les Nations unies et d’autres organisations humanitaires, qui refusent de coopérer avec la GHF, invoquant des préoccupations humanitaires et éthiques quant à ses méthodes. Mercredi, selon l’Agence de défense civile de Gaza, contrôlée par le Hamas, vingt personnes auraient été tuées et des dizaines d’autres blessées lorsqu’un camion transportant des vivres s’est renversé.
Selon les Nations unies, plus de 1 300 personnes auraient trouvé la mort en tentant d’obtenir de la nourriture dans l’enclave depuis le début des opérations de la GHF en mai, dont une grande partie aurait été abattue par les troupes israéliennes opérant à proximité des sites de la GHF.
L’armée israélienne a reconnu avoir tiré des coups de semonce en direction des foules qui s’approchaient de façon menaçante, mais a réfuté les chiffres avancés par l’ONU qu’elle qualifie « d’exagérés », sans toutefois fournir ses propres chiffres.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tuant plus de 1 200 personnes et prenant 251 otages, dont 50 – dont 20 seraient encore en vie – sont toujours détenus dans la bande de Gaza.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Plus de 60 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 20 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.
Tsahal affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
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