Trump dit ne pas avoir consulté Israël avant de rétablir ses relations avec Sharaa
"Nous voulons que la Syrie réussisse", a déclaré le président à l'issue de sa tournée de 4 jours au Moyen-Orient sans s’arrêter en Israël, très méfiant envers le nouveau dirigeant islamiste de Damas
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Le président américain Donald Trump a indiqué vendredi ne pas avoir consulté Israël au sujet de la décision de Washington de reconnaître le nouveau gouvernement syrien, malgré la profonde méfiance de Jérusalem à l’égard du dirigeant islamiste syrien Ahmed al-Sharaa, qui a mené en décembre le renversement du dictateur syrien Bashar el-Assad, soutenu par l’Iran.
« Je ne leur ai pas posé la question. Je pensais que c’était la bonne chose à faire. On m’a beaucoup loué pour cela. Écoutez, nous voulons que la Syrie réussisse », a déclaré Trump aux journalistes à bord de l’Air Force One, peu après avoir quitté Abou Dhabi à l’issue d’un voyage de quatre jours en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis.
Trump, qui a rencontré Sharaa mercredi à Ryad, avait annoncé mardi qu’il rétablirait les relations avec la Syrie et qu’il lèverait les sanctions imposées par les États-Unis à l’ancien régime Assad.
Le président américain a déclaré après sa rencontre avec Sharaa qu’Israël avait été informé de l’intention de Washington de lever les sanctions. Un responsable israélien a déclaré à l’Associated Press que la décision de Trump allait à l’encontre de la demande formulée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de sa visite à la Maison Blanche le mois dernier, qui souhaitait que les sanctions soient maintenues.
Le rétablissement des relations entre les États-Unis et la Syrie par Trump est la dernière d’une série de mesures prises par la Maison Blanche qui semblaient mettre Israël à l’écart.
Washington avait en effet négocié indirectement avec le groupe terroriste palestinien du Hamas la libération d’un otage américano-israélien, repris les négociations sur le nucléaire avec l’Iran, signé un cessez-le-feu au Yémen qui permettait aux terroristes houthis soutenus par l’Iran de continuer à viser Israël, et aurait renoncé à faire de la normalisation avec Israël une condition préalable à la poursuite du programme nucléaire civil de l’Arabie saoudite.
Cette rencontre entre Trump et Sharaa était la première entre un dirigeant américain et syrien depuis un quart de siècle. Au cours de cette rencontre, Trump a exhorté Sharaa à rejoindre les Accords d’Abraham, qui ont normalisé les relations entre Israël et quatre pays arabes pendant le premier mandat du président américain.
Malgré ses réticences, Israël aurait engagé des pourparlers confidentiels avec des responsables syriens à ce sujet. Sharaa a confirmé la semaine dernière que des discussions sur la sécurité étaient en cours par l’intermédiaire de médiateurs, sans toutefois s’exprimer sur d’éventuelles relations diplomatiques.
S’exprimant à bord de l’Air Force One après avoir rencontré Sharaa, Trump l’a qualifié de « jeune homme séduisant. Un dur. Un passé difficile. Un passé très difficile. Un combattant ». Le nouveau dirigeant syrien, qui a fondé le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), l’ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie pendant la guerre civile, était recherché par les États-Unis pour terrorisme depuis 2018 jusqu’en décembre 2024, avec une récompense de 10 millions de dollars pour son arrestation.
Israël a mis en garde contre une reconnaissance rapide du gouvernement Sharaa, exprimant un profond scepticisme à l’égard du nouveau dirigeant syrien après que la coalition rebelle dirigée par les islamistes a renversé Assad. En février, Reuters rapportait qu’Israël avait fait pression sur les États-Unis pour que la Syrie reste décentralisée et isolée.
Après le renversement d’Assad, Israël a déployé des troupes dans la zone tampon démilitarisée entre les deux pays, invoquant la crainte qu’elle ne tombe entre de mauvaises mains. Israël a également frappé des bases militaires à travers la Syrie, détruisant une grande partie de ce qui restait de l’armée d’Assad.
Israël, qui compte environ 150 000 Druzes, a également mené au cours du mois dernier ce qu’il a qualifié de « frappes d’avertissement » contre le régime Sharaa, notamment près du palais présidentiel à Damas, à la suite d’affrontements meurtriers entre des Druzes syriens et les forces de sécurité syriennes.
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