Trump : le dirigeant syrien soutient la normalisation avec Israël
Netanyahu aurait demandé au président américain de ne pas lever les sanctions contre le pays - ce que Trump a fait mardi, évoquant une requête soumise par les Saoudiens et la Turquie

Le président américain Donald Trump a vivement appelé le président syrien intérimaire Ahmed al-Sharaa à normaliser les relations de son pays avec Israël en rejoignant les Accords d’Abraham, a déclaré la Maison Blanche dans la journée de mercredi. Les deux dirigeants se sont entretenus à Ryad, dans le cadre de la toute première rencontre entre des leaders des deux pays en l’espace de 25 ans.
Trump a également demandé à Sharaa « d’expulser les terroristes palestiniens » et de dire aux hommes armés qui viennent de l’étranger de quitter le pays. Il a appelé le gouvernement intérimaire syrien à prendre le contrôle des camps qui accueillent actuellement les terroristes de l’EI qui ont été capturés et qui ont été placés, jusqu’à présent, sous la supervision de militants kurdes opposés à la Turquie, a indiqué la Maison Blanche.
Cet entretien, en Arabie saoudite, a eu lieu après l’annonce faite par Trump de la levée des sanctions contre la Syrie et du rétablissement des liens entre les deux pays par le biais de son nouveau dirigeant – une décision que le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait demandé à Trump de ne pas prendre lors de sa visite à Washington le mois dernier, ont indiqué les médias mercredi.
Le ministère syrien des Affaires étrangères a qualifié « d’historique » cette rencontre qui a duré une trentaine de minutes – elle a été plus longue que les prévisions initiales – mais il n’a pas mentionné les accords d’Abraham. Les médias d’État syriens n’ont pas non plus mentionné la question de la normalisation mais Trump a ensuite assuré que le président syrien islamiste lui avait dit être prêt à accéder à sa demande d’une normalisation des relations de son pays avec Israël.
Interrogé à ce sujet dans l’avion qui l’emmenait au Qatar, le président américain a dit aux journalistes : « Je lui ai dit, j’espère que vous rejoindrez (les accords d’Abraham, ndlr) une fois que vous aurez réglé votre situation et il m’a dit ‘oui’. Mais ils ont beaucoup de travail à faire. »
Des discussions indirectes sont actuellement en cours entre Damas et Jérusalem.
Trump est actuellement en déplacement au Moyen-Orient – un déplacement qui devait également inclure des arrêts aux Émirats arabes unis et au Qatar, mais pas en Israël.
Le président américain a fait savoir, mardi, que la perspective de l’adhésion de l’Arabie saoudite aux accords d’Abraham était « son rêve », tout en reconnaissant que Ryad rejoindrait les accords en temps voulu.
Une source proche des services de sécurité américains avait antérieurement confirmé la possibilité que Damas rejoigne également les accords d’Abraham – avec les Émirats arabes unis comme médiateur.
Et de son côté, Sharaa lui-même a reconnu, la semaine dernière, qu’Abou Dhabi intervenait déjà en tant qu’intermédiaire entre Israël et la Syrie, deux pays qui n’entretiennent pas de relations officielles.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président turc Recep Tayyip Erdogan – par visioconférence – ont assisté à la réunion entre Trump et Sharaa, aux côtés d’autres responsables, avec parmi eux le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Le président américain a indiqué mardi que sa décision de lever les sanctions contre la Syrie avait été prise à la demande des hauts-responsables saoudiens et turcs.
Washington et les pays du Golfe chercheraient à soustraire la Syrie à l’influence de l’Iran. Téhéran, qui a juré de détruire Israël, avait soutenu l’ancien régime du dictateur Assad tout au long de la sanglante guerre civile qui avait déchiré la Syrie.
Pour sa part, la Turquie a accru sa présence en Syrie et elle a soutenu les groupes rebelles alignés sur Sharaa pendant la guerre civile.
S’exprimant devant les journalistes qui se trouvaient à bord d’Air Force One après la réunion, Trump a déclaré que le nouveau dirigeant syrien, qui avait créé un groupe djihadiste en lien avec Al-Qaïda, était « jeune, séduisant. C’est un dur à cuire. Un passé solide. Un passé très fort. Un combattant ».
« Il a de réelles chances de tenir le coup », a ajouté Trump, avant d’ajouter : « J’ai parlé avec le président Erdogan, qui est très ami avec lui. Il pense qu’il a une chance de faire du bon travail. C’est un pays déchiré ».







