Ahmed al-Sharaa confirme les discussions indirectes avec Israël, pour « apaiser les tensions »
De Paris, le président syrien dénonce une violation de l’accord de 1974 par Israël et appelle à intensifier les pressions pour mettre fin aux interventions militaires en Syrie
Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Le président syrien Ahmed al-Sharaa a confirmé mercredi que Damas menait des discussions indirectes avec Israël, par l’intermédiaire de médiateurs, dans le but « d’apaiser les tensions et d’éviter que la situation ne devienne incontrôlable pour l’ensemble des parties concernées ».
S’exprimant lors d’une conférence de presse à Paris à l’issue d’une rencontre avec le président français Emmanuel Macron, Sharaa a affirmé que « l’intervention israélienne [incursion militaire en territoire syrien] constitue une violation de l’accord de 1974 » entre les deux pays. Il a ajouté qu’il s’était engagé, depuis le début de son mandat, à faire respecter cet accord.
Le chef de l’État syrien a également indiqué que son gouvernement sollicitait les pays entretenant des relations avec Israël afin qu’ils exercent des pressions sur Jérusalem, pour qu’elle mette un terme à ce qu’il qualifie d’« interventions et attaques de Tsahal en Syrie ».
Plus tôt dans la journée, l’agence Reuters avait révélé que des discussions indirectes étaient en cours entre Israël et la Syrie, sous médiation des Émirats arabes unis, et qu’elles portaient sur des questions d’ordre technique.
En février, les nouvelles autorités syriennes avaient demandé le retrait d’Israël du territoire syrien lors d’entretiens avec le chef de la force d’observation des Nations unies, ont rapporté les médias d’État.
Lors d’une réunion entre Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, avec les ministres syriens des Affaires étrangères et de la Défense, « il a été confirmé que la Syrie était prête à coopérer pleinement avec les Nations unies », a déclaré l’agence de presse officielle SANA.
La Syrie est également prête à redéployer des forces sur le Golan, conformément à un accord de 1974 établissant une zone tampon, « à condition que les troupes israéliennes se retirent immédiatement », a ajouté SANA.
Israël a repris la majeure partie du Golan sur la Syrie au cours de la Guerre des Six Jours de 1967, avant laquelle plusieurs armées arabes avaient planifié une invasion d’Israël. Jérusalem a annexé la région en 1981, une décision qui n’a été reconnue que par les États-Unis. La zone tampon contrôlée par l’ONU était destinée à séparer les forces israéliennes et syriennes.
Les forces loyales au gouvernement Assad ont abandonné leurs positions dans le sud de la Syrie avant même que les groupes rebelles islamistes n’atteignent Damas, ce qui a conduit le Premier ministre Benjamin Netanyahu à déclarer qu’il y avait un « vide à la frontière d’Israël ».
L’ONU considère que la prise de contrôle de la zone tampon par Israël constitue une violation de l’accord de désengagement de 1974. Israël affirme que l’accord est tombé en désuétude car l’une des parties n’est plus en mesure de le mettre en œuvre.







