Un incendie frappe le cimetière juif d’Ouman
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Un incendie frappe le cimetière juif d’Ouman

Les autorités ukrainiennes n'excluent pas un incendie criminel ayant causé des dommages aux pierres tombales, mais affirment que la chaleur en est probablement responsable

De l’herbe brûlée après un incendie dans le cimetière juif d'Ouman, en Ukraine, le 31 août 2020. (Capture d'écran)
De l’herbe brûlée après un incendie dans le cimetière juif d'Ouman, en Ukraine, le 31 août 2020. (Capture d'écran)

Un certain nombre de pierres tombales ont été légèrement endommagées dans un incendie survenu dans un cimetière juif d’Ouman, en Ukraine, lundi.

Citant des médias ukrainiens, le journal Israel Hayom a rapporté que les pompiers avaient réussi à contrôler l’incendie, qui avait été exacerbé par la grande quantité d’herbe sèche se trouvant dans la zone.

Les autorités estimeraient que l’incendie a été déclenché par la chaleur intense et la présence de feuillage sec, mais n’écarteraient pas la possibilité d’un incendie criminel.

L’incendie est survenu quelques jours après des affrontements entre les habitants et des Juifs hassidiques qui tentaient d’entrer dans la ville dans le cadre d’un pèlerinage annuel.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré des foules en colère face aux pèlerins avant l’aube vendredi, juste avant qu’une interdiction d’entrée des étrangers dans le pays n’entre en vigueur en raison du coronavirus. La vidéo montrait les habitants les poussant et les bousculant, tentant de les empêcher d’entrer dans les appartements qu’ils avaient loués.

Les habitants ont crié aux pèlerins de quitter la ville, leur disant qu’ils se comportaient dangereusement.

Chaque année, des dizaines de milliers de pèlerins, principalement en provenance d’Israël, se rassemblent pour Rosh HaShana à Ouman, où se trouve le lieu de sépulture du rabbin Nachman, sage du XVIIIe siècle et fondateur du mouvement hassidique de Breslev. De son vivant, le rabbin avait appelé ses fidèles à être avec lui pour Rosh HaShana.

Des hommes ultra-orthodoxes prient dans les rues d’Ouman, en Ukraine, pendant Rosh Hashana, le 4 septembre 2013. (Yaakov Naumi/Flash90)

L’Ukraine a annoncé la semaine dernière qu’elle fermerait ses frontières aux étrangers en septembre afin de freiner la hausse des infections de coronavirus, empêchant les pèlerins israéliens et juifs de se rendre à Ouman pour Rosh HaShana.

Le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal a ajouté que le gouvernement imposerait une interdiction des grands rassemblements à Ouman, même pendant le nouvel an juif.

« Les gens ont peur pour leur vie, nous ne voulons pas de visiteurs ici cette année », a déclaré le maire d’Ouman, Oleksandr Tsebriy, cité par la Douzième chaine.

L’annonce de l’interdiction d’entrée est intervenue après que des responsables israéliens ont demandé au président ukrainien Volodymyr Zelensky d’empêcher le pèlerinage, craignant que les pèlerins de retour en Israël ne fassent grimper les taux d’infection dans l’État juif.

Zelensky avait annoncé que l’Ukraine « limiterait considérablement » l’entrée des visiteurs juifs lors de Rosh HaShana à la demande de Netanyahu, mais n’a pas précisé dans quelle mesure le pèlerinage serait limité.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à gauche, rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, à Jérusalem, le 24 janvier 2020. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le bureau de Netanyahu a rapidement nié que le Premier ministre avait émis une telle demande. Mais de nombreux membres de la communauté hassidique de Breslev ont tenu Netanyahu pour responsable, jurant qu’ils ne le soutiendraient plus jamais politiquement.

Selon la Douzième chaîne, après que la communauté lui a retiré son soutien, Netanyahu a déclaré aux principaux rabbins qu’il travaillait afin de trouver une solution pour leur permettre d’entrer en Ukraine et de visiter Ouman.

Le gouvernement a depuis formé un comité chargé d’examiner une éventuelle proposition visant à permettre à certains de voyager, bien qu’il ne soit pas clair qu’un déplacement à Kiev soit possible.

L’agence JTA a contribué à cet article.

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