La famille du suspect arrêté vendredi à Marseille dans l’enquête sur la tuerie du musée juif de Bruxelles, s’est dite dimanche « très choquée », après avoir appris la nouvelle « par la télévision ».

« On est très choqués. On n’est pas bien et on ne s’y attendait pas », a déclaré à la presse une tante de Mehdi Nemmouche, devant la maison d’un quartier résidentiel de Tourcoing, où l’homme de 29 ans a vécu quelque temps.

« On l’a appris ce matin aux infos », a-t-elle ajouté, décrivant son neveu, placé dans un foyer d’accueil peu après sa naissance avant d’être hébergé par sa grand-mère à l’âge de 17 ans, comme « quelqu’un de gentil, d’intelligent, scolarisé, qui avait fait une année d’université », mais aussi « très discret » et qui « ne se confiait pas facilement ».

La famille n’a « plus eu de contact avec lui » à partir du milieu des années 2000, alors qu’il était en détention.

« Apparemment, il était dans une prison dans le sud. Nous, on ne savait plus rien. Il ne voulait pas donner de ses nouvelles, il ne voulait pas nous causer de problèmes », a expliqué un autre membre de sa famille, qui a requis l’anonymat.

A sa sortie de prison, fin 2012, la famille a « eu la surprise de le revoir. Il est venu faire un petit bonjour, pour nous rassurer, puis on ne l’a plus jamais revu », a témoigné sa tante.

Portrait de Mehdi Nemmouche (Crédit : AFP)

Portrait de Mehdi Nemmouche (Crédit : AFP)

« Il ne fréquentait pas la mosquée, il ne parlait pas de religion (…). C’est forcément en prison » qu’il a pu se radicaliser, a-t-elle assuré.

Le jeune homme était tombé à l’adolescence « dans la petite délinquance », mais son arrestation dans le cadre de l’enquête sur la tuerie du musée juif de Bruxelles, un « acte horrible, odieux », constitue « un fossé », a estimé l’un des membres de sa famille.

Mehdi Nemmouche, soupçonné d’être le tireur qui a abattu quatre personnes au Musée juif de Bruxelles le 24 mai, avait déjà été condamné par la justice, notamment dans une affaire de braquages, a déclaré dimanche son avocate Me Soulifa Badaoui.

L’homme soupçonné d’être le tueur du Musée juif de Bruxelles est resté muet depuis le début de sa garde à vue, mais les expertises scientifiques sur ses armes et sa caméra commencent à fournir des éléments « probants », a-t-on appris dimanche de source proche de l’enquête.

« La police technique et scientifique de la police judiciaire commence à obtenir des résultats, même s’ils ne seront officiels qu’en début de semaine », a affirmé cette source à l’AFP.

Selon elle, « les premiers résultats sur les armes ainsi que les premières exploitations du matériel informatique et des images vidéo en sa possession semblent donner des résultats très probants », a-t-elle expliqué.

Une autre source proche de l’enquête a toutefois précisé qu’il était trop tôt pour savoir si le fusil d’assaut Kalachnikov et le revolver retrouvés en possession de Mehdi Nemmouche, un Français de 29 ans, lors de son arrestation vendredi à Marseille (sud de la France) sont bien ceux utilisés pour tuer quatre personnes le 24 mai dans la capitale belge.

Le suspect avait aussi en sa possession des munitions correspondant à ses armes, ainsi qu’une caméra portative GoPro, un ordinateur portable et des cartes mémoire qui sont également exploités.