7-Octobre : Levin dirigera le panel chargé de définir l’enquête menée sur le gouvernement par le gouvernement
Pour Lapid, Netanyahu tente de "blanchir" sa propre responsabilité en nommant des ministres d'extrême droite, architectes de la réforme judiciaire qui a conduit à un "relâchement" de la sécurité avant l'attaque du Hamas
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C’est le ministre de la Justice Yariv Levin, membre du parti au pouvoir, le Likud, qui dirigera le comité ministériel chargé de définir le mandat de la très controversée commission d’enquête gouvernementale sur les défaillances entourant l’attaque perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023, a annoncé lundi le secrétaire du cabinet Yossi Fuchs.
Une annonce vivement critiquée par les opposants du gouvernement. Le chef de l’opposition Yair Lapid a notamment accusé la réforme judiciaire menée par Levin d’avoir conduit à négliger la sécurité d’Israël dans les mois qui ont précédé l’invasion et le pogrom commis par le Hamas. Une négligence qui aurait contribué à rendre cette attaque dévastatrice possible.
Dans une lettre adressée aux membres du gouvernement, Fuchs a indiqué que le comité comprendrait également le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, ainsi que la ministre des Implantations et des Missions nationales Orit Strouk, membre du parti HaTzionout HaDatit de Smotrich, et le ministre du Patrimoine Amichay Eliyahu, membre du parti Otzma Yehudit de Ben Gvir.
Le ministre de l’Agriculture Avi Dichter, la ministre des Sciences et de la Technologie Gila Gamliel et le ministre des Affaires de la diaspora Amichai Chikli, qui, comme Levin, sont membres du Likud, feront également partie du panel. Y siègeront également le ministre du ministère des Finances Zeev Elkin, membre du parti Tikva Hadasha du ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, qui s’est séparé du Likud en 2020 avant de s’y dissoudre à nouveau.
Ce panel ministériel spécial disposera de 45 jours pour soumettre au gouvernement ses recommandations concernant le mandat de la commission, notamment les questions et les périodes qui feront l’objet de l’enquête.
À l’exception d’Elkin, tous les ministres membres du panel étaient en poste au moment de l’attaque du 7-Octobre, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes et enlevant 251 otages, déclenchant ainsi la guerre à Gaza.
Les critiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu, notamment les familles des victimes du 7-Octobre, exigent que les défaillances de l’échelon politique et des services de renseignement avant, pendant et après l’attaque soient examinées par une commission d’enquête nationale, qui est la plus haute autorité d’investigation en Israël. Les sondages d’opinion confirment régulièrement qu’une forte majorité d’Israéliens soutient la mise en place d’une commission d’enquête nationale sur l’attaque.
Netanyahu rejette catégoriquement une telle commission d’enquête nationale dont la composition serait déterminée par le pouvoir judiciaire, que son gouvernement actuel cherche à affaiblir par l’intermédiaire d’une refonte de la justice. Dimanche, le gouvernement a donc voté la création de sa propre commission d’enquête avec, selon lui, « l’approbation la plus large possible du public ».
Réagissant à l’annonce de lundi, le chef de l’opposition Yair Lapid, a, avec d’autres responsables de l’opposition, rejeté l’idée d’une enquête du gouvernement, faisant valoir que les ministres « n’avaient aucune autorité morale ou légale pour enquêter sur eux-mêmes ».
Il a en outre énuméré ses griefs à l’encontre de certains membres du panel, à commencer par son président, Levin, dont la refonte judiciaire, pour Lapid, est la raison pour laquelle « la sécurité a été négligée » avant le 7-Octobre ; Eliyahu, et sa proposition « de larguer une bombe nucléaire sur Gaza » ; Smotrich, « qui a déclaré qu’affamer les enfants était ‘justifié et moral' » ; Ben Gvir, « à cause duquel les otages ont subi de mauvais traitements » ; et Strouk, qui a exhorté l’armée israélienne à combattre dans des zones où elle savait qu’il y avait des otages, même si cela les mettait en danger.
« Ce sont ces ministres que Netanyahu a nommés pour blanchir sa propre culpabilité et dissimuler sa propre responsabilité dans le massacre du 7-Octobre », a martelé Lapid.
« Cela ne marchera pas. »
La réforme judiciaire dévoilée par Levin en janvier 2023 a déclenché des manifestations de masse contre les propositions qu’elle contenait, des contestations qui ont pris fin avec l’attaque du Hamas. Certains militants, qui servaient comme réservistes dans l’armée israélienne, ont menacé de ne plus se présenter à leur poste si cette réforme était adoptée. Les alliés de Netanyahu ont saisi cette occasion pour rejeter la responsabilité de l’attaque du Hamas sur le mouvement anti-gouvernement.
Pendant les manifestations, les chefs de la sécurité israéliens ont mis en garde, en privé et en public, contre le fait que la réforme de la justice et les troubles sociaux qui en résulteraient seraient très certainement exploités par les ennemis d’Israël.
Le ministre de la Défense de l’époque, Yoav Gallant, a averti en mars 2023 que les divisions qu’avaient provoquées la réforme s’étaient propagées au sein des institutions chargées de la sécurité, et faisaient désormais peser une menace tangible sur la sécurité d’Israël.
Les responsables de la sécurité avaient en outre mis en garde contre la politique menée depuis des années par Netanyahu, consistant à laisser le Qatar envoyer chaque semaine au Hamas des millions de dollars en espèces. Des sommes qui, selon le Premier ministre – dont les principaux collaborateurs font actuellement l’objet d’une enquête pour leurs liens présumés illicites avec ce pays du Golfe – étaient destinées à couvrir les salaires des fonctionnaires.
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