À Tel Aviv, entre deux sirènes, une habitante dit « c’est calme comme à Kippour »
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À Tel Aviv, entre deux sirènes, une habitante dit « c’est calme comme à Kippour »

Les magasins habituellement animés émergeant des fermetures liées à la COVID voient à nouveau le nombre de clients diminuer, les roquettes menaçant la ville qui ne dort jamais

La rue Ibn Gabirol, dans le centre de Tel Aviv, était inhabituellement calme jeudi après-midi – les voitures et les bus circulaient toujours, tout comme quelques personnes sur des trottinettes électriques, mais la circulation était beaucoup plus clairsemée que d’habitude. Les cafés et les restaurants, qui venaient de rouvrir après des mois de fermetures imposées par la COVID, étaient à nouveau presque dépourvus de clients. La place Rabin, qui abritait jusque récemment d’énormes sites de dépistage et de vaccination COVID, était baignée de soleil mais vide.

La dernière série de combats menés par Israël dans la bande de Gaza cette semaine a vu des volées répétées de roquettes cibler la ville côtière. Le carrefour culturel d’Israël, situé à environ 70 kilomètres de Gaza, est généralement à l’abri des flambées intermittentes de violence entre la bande de Gaza et Israël.

Bien que les groupes terroristes aient la capacité d’atteindre la ville centrale avec leurs roquettes depuis des années maintenant, ils évitent en général de le faire, conscients que la réponse israélienne sera drastique. Par conséquent, alors que les villes du sud comme Sderot, Ashkelon et Ashdod sont quelque peu habituées à subir la menace d’attaques venues du ciel de temps en temps, Tel Aviv a entendu pour la dernière fois des sirènes d’avertissement de tirs de roquettes pendant la guerre d’été de 2014.

« Nous sommes habitués à vivre dans une bulle ici à Tel Aviv », a déclaré Annette, une immigrante allemande qui vit à Tel Aviv depuis les années 80 et qui a été témoin de plusieurs guerres israéliennes. « Ma première guerre a été la première guerre du Liban au début des années 80 ».

La rue Ibn Gabirol et la place Rabin à Tel Aviv, le 13 mai 2021. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Annette était assise dans un café sur la place Rabin avec son partenaire, sirotant un cappuccino et partageant un sandwich. Ils vivent à proximité, a-t-elle mentionné, et sont sortis « pour un peu de santé mentale » et pour faire une pause dans le déferlement constant de mauvaises nouvelles.

En tout, les terroristes palestiniens ont tiré près de 1600 projectiles (roquettes, obus de mortiers et missile anti-char) depuis Gaza vers Israël depuis le début des combats lundi soir, avec environ un cinquième d’entre eux atterrissant à l’intérieur de Gaza, a déclaré l’armée israélienne. En réponse, l’armée israélienne a attaqué des cibles du Hamas, détruisant des installations clés appartenant au groupe terroriste et frappant les principaux commandants. Pendant ce temps, des violences se sont déchaînées dans plusieurs villes israéliennes, principalement celles avec des populations juives et arabes, où les émeutes d’extrémistes des deux ethnies ont vu des personnes blessées et des biens vandalisés. Tel Aviv a jusqu’à présent été largement épargnée de telles violences (bien que Jaffa ait connu quelques troubles).

Le centre commercial à ciel ouvert Gan Ha’ir presque vide de clients, le 13 mai 2021. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)

« Hier soir, à partir de 17 heures environ, Tel Aviv était si calme qu’on se serait cru juste avant Shabbat », a déclaré Annette. À peu près à la même heure, les habitants se préparaient à un nouveau déluge de roquettes après que Tsahal a abattu plusieurs commandants du Hamas à Gaza.

« En fait, non. Pas Shabbat. Plutôt avant Yom Kippour », corrige-t-elle, en référence au jour du Grand Pardon juif, qui a lieu à l’automne, lorsque les commerces et la circulation sont fermés et que de nombreux Israéliens, même laïques, observent une journée de jeûne.

« C’est comme s’ils avaient replié les trottoirs pour que les gens ne puissent pas marcher », a-t-elle déclaré, ajoutant : « En Israël, il y a toujours des hauts et des bas. Ça aussi ça passera. »

Dans le centre commercial à ciel ouvert de Gan Ha’ir, Mickey, responsable d’un magasin d’une chaîne de mode féminine, a déclaré qu’après deux mois d’activité intense, suite à la levée des mesures de confinement et à l’affaiblissement du virus, la fréquentation avait considérablement ralenti. « J’ai réussi à faire le ménage et quelques tâches ménagères ce matin avant de partir au travail, car je savais qu’il n’y aurait pas de circulation », a-t-elle déclaré.

Mickey, gérante de magasin dans un centre commercial, dit qu’après deux mois d’activité intense, les magasins sont à nouveau vides, le 13 mai 2021. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Alors qu’une cliente venait chercher une robe qu’elle avait commandée, Mickey a dit : « C’est bien que tu te sois acheté quelque chose de bien. Tu vois ? On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. Il faut juste vivre. »

Peu après, les sirènes ont retenti une fois de plus, avertissant de l’arrivée de missiles. Une mère est sortie d’un magasin voisin et a attrapé sa fille par le bras. Toutes deux ont couru vers les escaliers menant au parking souterrain du centre commercial, suivies par d’autres clients.

Il n’y a pas eu de panique lorsque les gens se sont rassemblés dans l’espace souterrain. Nombre d’entre eux ont consulté les dernières nouvelles sur leur téléphone ou ont appelé des membres de leur famille pour leur dire qu’ils allaient bien. Une musique de centre commercial entraînante continuait à être diffusée par les haut-parleurs voisins, étouffant le bruit de deux ou trois explosions au-dessus de leur tête – peut-être le système de défense Dôme de fer qui interceptait les roquettes.

Le parking souterrain du centre commercial Gan Ha’ir à Tel Aviv alors que les visiteurs attendent la fin d’un barrage de roquettes, le 13 mai 2021. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Au bout d’une dizaine de minutes, certaines des personnes rassemblées dans le parking ont repris le chemin du centre commercial. D’autres, dont cette journaliste, sont montées dans leur voiture et ont rejoint leur domicile ou leur bureau – la vie, comme toujours, continue.

Il est apparu par la suite que plusieurs dizaines de roquettes avaient été tirées sur Tel Aviv et Beer Sheva, faisant au moins quatre blessés.

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