Des photographes de Tsahal en compétition contre leurs homologues américains
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Des photographes de Tsahal en compétition contre leurs homologues américains

L'équipe israélienne a remporté la troisième place de la compétition américaine, pour la première participation d'une nation étrangère

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

  • Le lieutenant Netanel Ben-Ami porte le sergent Stav Baduso lors d'une compétition américaine de photographie de guerre à Quantico, en Virginie, en mai 2019. (Crédit: armée israélienne)
    Le lieutenant Netanel Ben-Ami porte le sergent Stav Baduso lors d'une compétition américaine de photographie de guerre à Quantico, en Virginie, en mai 2019. (Crédit: armée israélienne)
  • Des photographes israéliens et américains 
participent à une compétition américaine de photographie de guerre à Quantico, en Virginie, en mai 2019. (Crédit: armée israélienne)
    Des photographes israéliens et américains participent à une compétition américaine de photographie de guerre à Quantico, en Virginie, en mai 2019. (Crédit: armée israélienne)
  • Lieutenant Netanel Ben-Ami participe à une compétition américaine de photographie de guerre à Quantico, en Virginie, en mai 2019. (Crédit: armée israélienne)
    Lieutenant Netanel Ben-Ami participe à une compétition américaine de photographie de guerre à Quantico, en Virginie, en mai 2019. (Crédit: armée israélienne)
  • Lieutenant Netanel Ben-Ami participe à une compétition américaine de photographie de guerre à Quantico, en Virginie, en mai 2019. (Crédit: armée israélienne)
    Lieutenant Netanel Ben-Ami participe à une compétition américaine de photographie de guerre à Quantico, en Virginie, en mai 2019. (Crédit: armée israélienne)
  • Le sergent Nir Bitan participe à une compétition américaine de photographie de guerre à Quantico, en Virginie, en mai 2019. (Crédit: armée israélienne)
    Le sergent Nir Bitan participe à une compétition américaine de photographie de guerre à Quantico, en Virginie, en mai 2019. (Crédit: armée israélienne)

La semaine dernière, l’armée américaine a accueilli une équipe de photographes israéliens dans une compétition de photographies de guerre au cours de laquelle les photographes militaires ont mis leur courage à l’épreuve lors de courses d’obstacles, de longues marches et d’entraînements à la photographie en conditions réelles.

Il s’agissait de la septième compétition annuelle Hilda I. Clayton du meilleur COMCAM (appareil photo de combat) du département américain de la Défense. La compétition a été créée en l’honneur d’une photographe de l’armée américaine qui a été tuée par un obus de mortier ayant explosé prématurément lors d’un exercice d’entraînement en Afghanistan. Il s’agissait de la première fois qu’une armée étrangère participait au concours, auquel Tsahal était la seule.

La compétition de cinq jours s’est tenue dans la base des Marines de Quantico en Virginie. Elle était organisée par la 55e Compagnie de transmissions de l’armée américaine, a fait savoir le lieutenant Netanel Ben-Ami, commandant et photographe de guerre de l’unité des porte-paroles de l’armée israélienne, qui participait à l’événement.

Elle a commencé lundi dernier avec un entraînement physique, un examen écrit et une épreuve visant à créer un contenu audiovisuel sur un sujet spécifique. Le jour suivant a consisté en une course d’obstacles et « une session photo en condition de stress », au cours de laquelle le rythme cardiaque des soldats était accéléré avant un exercice de photos dans des scénarios de conditions réelles. Le troisième jour a consisté en une simulation de missions de combats urbains, qui incluait l’évacuation de soldats blessés. Le dernier jour, les participants ont pris part à une marche de 20 kilomètres, 15 kilos d’équipements sur les épaules.

Le lieutenant Netanel Ben-Ami participe à une compétition de photographies de combats militaires à Quantico en Virginie, en mai 2019. (Crédit : Armée israélienne)

Pendant toute la compétition, les soldats ont pris des photographies et tourné des vidéos et, à la fin de la journée, ont choisi cinq de ces photos et monté une vidéo de quatre minutes.

« Cela vous met au défi mentalement, physiquement et techniquement, » a déclaré le sergent chef Edward French IV, instructeur de l’armée américaine.

Vendredi soir dernier, un groupe de photographes de guerre à la retraite ont visionné les vidéos finales. Les notes ont été attribuées, et les vainqueurs annoncés. Edward French et son équipier, le sergent Enoch Fleites, sont arrivés premiers, suivis par une équipe de la 55e Compagnie de transmissions. L’équipe de Tsahal – les sergents Yoav Pinus et Nir Bitan – est arrivée à la troisième place ex-æquo avec une équipe de la 55e Compagnie américaine.

En partant de la gauche, le sergent Yoav Pinus, le sergent Nir Bitan, le lieutenant Netanel Ben-Ami et le sergent Stav Basudo tiennent une photographie du sergent Lior Ziv, un photographe de Tsahal qui a été tué dans des combats dans la bande de Gaza en 2003, le 9 mai 2019 dans le cadre de la cérémonie de Yom HaZikaron lors de la compétition de photographie de combat militaire à Quantico en Virginie.(Crédit : sergent Edward French IV/ armée américaine)

Le programme de photographie de guerre des porte-paroles de l’armée israélienne a connu une série de changements au fil des ans. Auparavant, les photographes militaires étaient relativement peu entraînés au combat, jusqu’à 2003, quand Lior Ziv a été tué lors d’une mission dans la bande de Gaza. Après la mort du sergent, l’armée a décidé que les photographes accompagnant les troupes lors d’opérations devraient passer par un camp d’entraînement au combat.

Lors de la compétition, qui a eu lieu entre Yom HaZikaron et Yom HaAtsmaout, les soldats israéliens ont tenu une petite cérémonie en l’honneur du soldat photographe et diffusé un petit film sur lui.

En 2014, Tsahal a élargi son programme de photographie de guerre, faisant passer les photographes par des entraînements encore plus intenses – avec la Brigade d’infanterie Golani – avant de les déployer dans chaque commandement de Tsahal. La formation a encore été élargie ces cinq dernières années, et un photographe de l’unité des porte-paroles de Tsahal a été inclus dans presque chaque bataillon d’infanterie, même s’il passent maintenant par un entraînement aux techniques militaires de base avec des soldats de combat, au lieu de la brigade Golani.

Même si leurs structures opérationnelles et hiérarchiques sont différentes, les photographes de guerre d’Israël et des Etats-Unis opèrent de manières similaires. Les deux passent par huit mois de formation au combat et à l’entraînement professionnel avant d’être déployés.

En tant que photographes de guerre, ces soldats sont incorporés dans des forces d’infanterie régulière et servent à la fois en tant que photographe et soldat, pouvant passer d’une fonction à l’autre en un instant.

« On le sent quand quelque chose cloche. Quand quelque chose se passe mal, tu laisses ton appareil photo et tu prends ton arme », a déclaré le sergent Fleites, de l’équipe victorieuse, qui a fait plusieurs missions en Afghanistan.

Des soldats israéliens participent à une compétition de l’armée américaine à Quantico, Virginia, en mai 2019. (Armée américaine)

Ben-Ami, l’Israélien le plus gradé à avoir participé à la compétition et qui sert en tant que chef des photographes militaires du Commandement du nord, a dit que si lui et ses soldats n’ont pas encore vu un conflit de grande ampleur, ils ont pris part à un certain nombre d’opérations.

Des soldats israéliens cherchent un tunnel d’attaque transfrontalier du Hezbollah depuis le sud Liban, le long de la frontière nord d’Israël, le 8 décembre 2018. (crédit : armée israélienne)

« Lors de l’opération Bouclier du nord, nous avons été impliqués dans chaque étape », a-t-il dit en référence à l’opération lancée en décembre 2018 pour trouver et détruire des tunnels d’attaque creusés par le Hezbollah depuis le Liban vers le nord d’Israël.

Ben-Ami a dit qu’il a été informé de l’opération presque un mois avant qu’elle ne soit lancée, et que ses soldats ont travaillé en étroite collaboration avec les unités d’infanterie, de renseignement et d’ingénierie impliqués dans l’opération.

Il a aussi ajouté que des photographes de guerre de Tsahal ont été envoyés, à plusieurs reprises, à la frontière avec Gaza, à la fois lors des émeutes le long de la barrière de sécurité, mais aussi pendant les épisodes de violence quand il y a eu l’éventualité d’opérations terrestres dans l’enclave côtière.

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