Deux patients israéliens reçoivent un ménisque artificiel conçu à Netanya
Rechercher

Deux patients israéliens reçoivent un ménisque artificiel conçu à Netanya

Les deux procédures de la semaine dernière marquent le début de la commercialisation de cette solution orthopédique, déjà vendue en Europe

Des chirurgiens au centre médical Yitzhak Shamir, pratique une intervention avec un implant du ménisque, le 11 novembre 2019. (Autorisation)
Des chirurgiens au centre médical Yitzhak Shamir, pratique une intervention avec un implant du ménisque, le 11 novembre 2019. (Autorisation)

Deux patients en Israël ont reçu la semaine dernière un ménisque artificiel. C’est la première fois qu’une telle opération a eu lieu localement pour des raisons commerciales, et non expérimentales, selon une déclaration du développeur américain du produit, dimanche dernier.

Les interventions ont été réalisées par deux chirurgiens : lundi, le Dr Gabriel Agar du centre médical Yitzhak Shamir, anciennement centre médical Assaf Harofeh, dans le centre d’Israël, a réalisé la première opération dans un hôpital public ; mardi, le Dr Ron Arbel du centre médical de Ramat-Aviv a traité le premier patient commercial dans une clinique privée, Active Implants LLC.

Jusqu’à maintenant, l’implant n’était disponible en Israël que dans le cadre d’essais cliniques. Appelé NUsurface, l’implant a été développé par le centre de recherche et développement de Netanya de la firme américaine, et est fabriqué à base de polycarbonate-uréthane, un plastique médical.

Le ménisque est un tissu situé entre les os de la cuisse et du tibia ; le ménisque latéral est situé sur le côté externe du genou et le ménisque interne est orienté vers l’intérieur. Les traitements actuels pour les ruptures ou entorses du ménisque consistent à soulager la douleur, à des séances de kinésithérapie, des infiltrations et une méniscectomie partielle ou totale.

On estime à 2 millions le nombre de méniscectomie partielles réalisées chaque année pour soulager la douleur ; cependant, les études montrent que les patients ayant subi une méniscectomie continuent à ressentir une douleur qui amoindrit leur qualité de vie et peut conduire à la mise en place d’une prothèse du genou.

« Lors d’une opération de remplacement du genou, l’articulation est remplacée » par un mélange de métaux et de plastique, « et la période de convalescence est très longue », indique Eran Ganz, vice-président de la recherche et du développement et directeur de la branche israélienne de la firme.

L’implant NUsurface est un implant censé remplacer le ménisque interne. Il est conçu pour les patients qui « présentent des douleurs au genou après une opération du ménisque et convient particulièrement à ceux qui ont épuisé toutes les options de traitement, mais qui sont trop jeunes pour un remplacement complet du genou », explique le Dr Agar.

« Nous parlons de patients âgés de 35 à 65 ans », précise Eran Ganz.

Marcher le jour même

L’implant NUsurface est inséré dans l’articulation au moyen d’une petite incision, et les patients peuvent rentrer chez eux après l’opération. L’implant se loge comme un oreiller et n’a pas besoin d’être fixé à un os ou un tissu. Il reproduit la fonction d’un ménisque naturel et retransmet les charges à l’ensemble de l’articulation du genou, assure Eran Ganz.

Une fois que c’est fait, les patients peuvent « marcher le jour même », ajoute-t-il.

Les implants sont déjà commercialisés en Europe, et les interventions de la semaine dernière marquent le début de la commercialisation en Israël après avoir reçu les approbations réglementaires nécessaires, fait-il savoir.

« Après plus de 10 ans d’essais cliniques, c’est excitant de voir enfin l’implant NUsurface disponible pour les patients israéliens », se réjouit le Dr Agar. « La poursuite des douleurs après une déchirure du ménisque est un problème orthopédique très fréquent, et jusqu’à maintenant, nous n’avions pas d’option thérapeutique efficace. »

Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a récemment accordé à l’implant méniscal NUsurface la désignation de dispositif révolutionnaire, une voie qui vise à accélérer le développement et le processus d’examen des dispositifs médicaux qui sont nouveaux ou qui offrent une nouvelle technologie pour les patients atteints de maladies potentiellement mortelles ou irréversiblement débilitantes. La procédure n’a toutefois pas encore été approuvée par la FDA.

« Combler l’écart dans les options de traitement entre la réparation mini-invasive du ménisque, et l’arthroplastie totale du genou est un grand besoin non satisfait sur le marché orthopédique », d’après Ted Davis, président et PDG d’Active Implants, dans son communiqué. « L’implant NUsurface a été inventé et développé dans notre centre de recherche et de développement en Israël, donc pour nous, c’est très excitant de pouvoir enfin apporter l’appareil aux personnes vivant en Israël. »

Active Implants développe des solutions d’implants orthopédiques qui complètent la biomécanique naturelle de l’appareil locomoteur afin de permettre aux patients de maintenir ou de reprendre une vie active. La société américaine est une société privée dont le siège social se trouve à Memphis, Tennessee. Elle possède des bureaux européens à Haarlem, aux Pays-Bas, et des installations de recherche et développement à Netanya, en Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...