L’Iran enrichit l’uranium à 63 %, selon l’AIEA
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L’Iran enrichit l’uranium à 63 %, selon l’AIEA

L'agence onusienne a constaté que Téhéran a dépassé le plafond d'enrichissement de 60 % qu'il avait annoncé, ce qui le rapproche encore plus du niveau d'armement.

Sur cette image réalisée à partir d'une vidéo du 17 avril 2021, publiée par la télévision d'État Islamic Republic Iran Broadcasting, IRIB, diverses machines à centrifuger sont alignées dans un hall de l'installation d'enrichissement d'uranium de Natanz, en Iran. (IRIB via AP, File)
Sur cette image réalisée à partir d'une vidéo du 17 avril 2021, publiée par la télévision d'État Islamic Republic Iran Broadcasting, IRIB, diverses machines à centrifuger sont alignées dans un hall de l'installation d'enrichissement d'uranium de Natanz, en Iran. (IRIB via AP, File)

L’Iran a enrichi de l’uranium à 63 % de pureté, soit plus que les 60 % qu’il a annoncés, ce qui est déjà bien au-delà des 3,67 % autorisés par l’accord nucléaire de 2015, indique un rapport mardi, citant un document de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

« Selon l’Iran, des fluctuations des niveaux d’enrichissement (…) ont été constatées », a déclaré l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU dans un rapport confidentiel, selon l’agence de presse Reuters.

« L’analyse par l’agence des échantillons environnementaux prélevés le 22 avril 2021 montre un niveau d’enrichissement allant jusqu’à 63 % d’U-235, ce qui correspond aux fluctuations des niveaux d’enrichissement décrites par l’Iran », indique le document.

Il s’agit d’une courte étape technique qui sépare des 90 % de qualité militaire. L’Iran insiste sur le fait qu’il n’a pas l’intention de fabriquer une bombe nucléaire, même si ses dirigeants menacent régulièrement d’anéantir Israël et de raser ses villes.

Cette évolution intervient alors que les puissances mondiales ont tenu des discussions de haut niveau visant à ramener les États-Unis dans l’accord nucléaire avec l’Iran, les deux parties signalant leur volonté de résoudre les principaux points d’achoppement. Les deux parties ont fait part de leur volonté de surmonter les principaux obstacles. Les pourparlers ont débuté en Autriche au début du mois d’avril et un quatrième cycle a eu lieu vendredi dernier.

La Maison Blanche a déclaré vendredi que les sanctions contre l’Iran ne seraient levées que si le pays se remettait en conformité avec l’accord nucléaire. Aucun autre détail n’a été donné sur les conditions potentielles qui devraient être remplies pour l’assouplissement des sanctions.

La porte-parole Jen Psaki a déclaré que des progrès avaient été réalisés dans les pourparlers de Vienne entre les puissances mondiales et l’Iran, et que la poursuite des discussions était un bon signe.

Les États-Unis se sont retirés de l’accord historique en 2018 après que le président de l’époque, Donald Trump, a déclaré que le pacte devait être renégocié. L’accord avait promis à l’Iran des incitations économiques en échange de la limitation de son programme nucléaire, et l’administration Trump a réimposé de lourdes sanctions à la République islamique dans une tentative infructueuse d’amener Téhéran à de nouvelles discussions.

L’Iran a réagi en multipliant les violations de l’accord : il a enrichi de l’uranium à un degré de pureté supérieur à celui autorisé, stocké plus d’uranium enrichi que prévu et utilisé des centrifugeuses plus perfectionnées, entre autres mesures visant à faire pression sur les puissances restantes dans l’accord – l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine – pour obtenir un allégement économique.

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