Moselle : 6 individus néo-nazis qui envisageaient un acte terroriste interpellés
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Moselle : 6 individus néo-nazis qui envisageaient un acte terroriste interpellés

Parmi eux, deux hommes de 56 et 29 ans et une femme de 53 ans doivent être présentés à la justice ce vendredi ; les trois autres ont été remis en liberté

Le Palais de justice de Metz, en Moselle. (Crédit : Fab5669 / CC BY-SA 3.0)
Le Palais de justice de Metz, en Moselle. (Crédit : Fab5669 / CC BY-SA 3.0)

Six membres d’un groupuscule néonazi, soupçonnés d’un projet d’attentat contre une loge maçonnique, ont été interpellés mardi dans l’est de la France et trois d’entre eux présentés vendredi à un juge d’instruction antiterroriste en vue d’une éventuelle mise en examen.

À l’issue de leur garde à vue, le parquet national antiterroriste (Pnat), qui avait ouvert une enquête préliminaire en février 2021 sur les activités de ce groupuscule d’ultradroite baptisé « Honneur et nation », a décidé de confier les investigations à des juges d’instruction antiterroriste.

Trois de ces suspects, deux hommes et une femme âgés de 29 à 56 ans, doivent être présentés dans la journée aux magistrats en vue de leur éventuelle mise en examen pour « association de malfaiteurs terroriste » criminelle.

Les trois autres, deux hommes et une femme également, ont de leur côté été libérés sans poursuite à ce stade.

Selon une source proche du dossier, les personnes mises en cause sont soupçonnées d’avoir voulu préparer une action violente, potentiellement contre une loge maçonnique. Le projet ne semblait toutefois pas imminent.

Elles ont été interpellées à la suite d’échanges entre elles, et notamment parce qu’elles faisaient des recherches sur d’éventuels explosifs et avaient effectué des repérages. Des écrits néonazis ont été retrouvés en perquisition.

Selon une source proche, certaines de ces personnes étaient en contact avec Rémy Daillet, figure du mouvement complotiste français résidant en Malaisie.

Plusieurs enquêtes antiterroristes liées à la mouvance de l’ultradroite sont en cours en France.

Début avril, le parquet antiterroriste a demandé un procès en correctionnelle pour neuf membres du groupe d’ultradroite surnommé OAS, dont son chef autoproclamé, Logan Nisin.

Démantelé en 2017, le groupuscule était soupçonné initialement d’avoir voulu s’en prendre à des responsables politiques français dont Christophe Castaner, ancien ministre de l’Intérieur, ou à des musulmans. La décision sur un renvoi éventuel en procès revient désormais aux juges d’instruction chargés de ces investigations.

Par ailleurs, au moins quatre autres enquêtes liées à des projets d’action violente de l’ultradroite sont en cours depuis 2017.

Un an après l’arrestation de Logan Nisin, un autre groupuscule soupçonné de vouloir frapper des cibles musulmanes avait été démantelé. À l’automne 2020, quinze membres ou proches de ce groupe appelé Action des forces opérationnelles (AFO), teinté de survivalisme d’extrême droite, étaient mises en examen dans l’enquête, qui se poursuit.

Un autre groupuscule, issu d’un groupe Facebook surnommé « Les Barjols » et accusé d’avoir voulu attenter à la vie du président Macron, a été arrêté en 2018.

Deux autres enquêtes antiterroristes liées à l’ultradroite portent, l’une sur un groupe proche de l’idéologie néo-nazie soupçonné de viser des lieux de cultes juifs et musulmans, l’autre sur un suprémaciste admirateur de l’auteur de l’attentat en 2019 contre des mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

En janvier, le coordonnateur national du renseignement Laurent Nuñez s’était inquiété d’une « montée en puissance des suprémacistes et du survivalisme ». On estime que l’ultradroite représente 1 000 à 1 500 personnes, ce que M. Nuñez n’a pas démenti.

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