Jérusalem a convoqué le haut représentant de l’Union européenne en Israël du ministère des Affaires étrangères pour protester contre une déclaration de l’Union publié en collaboration avec la Ligue arabe, qu’il considère comme étant partial et biaisé contre Israël.

Le chef de la division européenne du ministère des Affaires étrangères, Rafi Schutz, s’est plaint lundi matin à l’ambassadeur Lars Faaborg-Andersen d’une déclaration adoptée par les ministres européens des Affaires étrangères et leurs homologues arabes après une réunion de la semaine dernière à Athènes.

« La déclaration était manifestement unilatérale, on pouvait fondamentalement la lire comme si elle avait été dictée par la Ligue arabe », a déclaré au Times of Israel un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères.

« Elle salue l’union Fatah-Hamas et fait l’éloge de l’engagement pour la démocratie et les droits de l’Homme des Palestiniens, mais pas un mot sur les tirs de roquettes depuis Gaza sur nos citoyens, ou tout autre élément négatif sur les Palestiniens ».

La déclaration de dix pages ne mentionne pas explicitement le Hamas, elle ne mentionne pas les tirs de roquettes contre des civils israéliens ou toute autre forme de terrorisme palestinien, simplement condamnant
« tous les actes de violence contre les civils » et appelant au « plein respect du droit international humanitaire ».

D’autre part, la déclaration – adoptée mercredi dernier lors d’un sommet présidé par le chef de la politique étrangère de l’UE Catherine Ashton et le Secrétaire général de la Ligue arabe Nabil Elaraby – ne manque pas de critiques sévères des violations israéliennes présumées.

Par exemple, les ministres des Affaires étrangères européens et arabes se sont inquiétés de la « situation humanitaire grave dans la bande de Gaza, en grande partie causée par le blocus imposé par la puissance occupante», selon la déclaration.

Les ministres ont également « souligné leur position commune selon laquelle pour eux, les implantations israéliennes, la barrière de séparation construite n’importe où dans le territoire palestinien occupé, les démolitions de maisons et les expulsions sont illégales au regard du droit international, constituent un obstacle à la paix et mettent en danger la viabilité de la solution à deux Etats ».

En outre, les ministres ont réaffirmé leur préoccupation concernant les
« mesures unilatérales », en violation du droit international, telles que les
« activités d’implantation à Jérusalem Est occupée ». Ils ont appelé à la libération des prisonniers palestiniens « conforme aux accords précédents » et exigé la fin de l’ « utilisation excessive de la détention administrative en violation du droit international » par Israël.

Les ministres européens et arabes ont également accueilli la formation du gouvernement d’union palestinien « comme un élément important pour parvenir à une solution à deux Etats », appelant Israël à coopérer avec le nouveau gouvernement.

« Les ministres ont salué l’engagement de la Palestine à la démocratie et aux droits de l’Homme exprimé par son adhésion aux traités et conventions internationaux pertinents », selon la déclaration.

En avril, l’Autorité palestinienne a posé sa candidature à 15 conventions et traités internationaux, une mesure qui selon Israël a contribué à l’effondrement des pourparlers de paix, quelques semaines plus tard.

S’adressant au Times of Israel, avant la réunion avec Lars Faaborg-Andersen au ministère des Affaires étrangères lundi, un haut fonctionnaire de l’UE a défendu la déclaration, la décrivant comme étant globalement équilibrée, en affirmant qu’en condamnant tous les actes de violence, elle critique indirectement le Hamas.

Le responsable a également souligné que la déclaration salue les principes du Quartet pour le Moyen-Orient – reconnaissance d’Israël, renonciation à la violence et respect des accords antérieurs – ce qui est important dans une déclaration co-signée par la Ligue arabe.

« Certains pays arabes soutiennent le Hamas, alors pour eux, accepter les principes du Quatuet est considérable », a déclaré le haut fonctionnaire.

Israël doit se rendre compte que l’UE a réussi à « attirer les Arabes vers notre position, et non le contraire », a ajouté le responsable, se référant non seulement aux parties de la déclaration concernant le processus de paix, mais celles qui sont axées sur d’autres questions dans la région, telles que la violence en Syrie.

La déclaration conjointe de la semaine dernière est « très similaire » à celle publiée après le dernier sommet de l’UE et de la Ligue arabe, qui a eu lieu en 2012 au Caire. Elle représente fidèlement les positions de l’UE sur le processus de paix au Moyen-Orient et d’autres questions, a ajouté le responsable.

Le texte a été mis à jour en ce qui concerne le nouveau gouvernement palestinien d’union nationale, mais rappelle simplement les positions de l’Union européenne qui ont été exprimées à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, indique le responsable. « Nous pouvons entièrement assumer cette déclaration ».