La France a annoncé dimanche avoir des « éléments » sur l’utilisation récente d’armes chimiques par le régime du président syrien Bashar el-Assad dans le nord-ouest du pays, près du Liban.

« Nous avons encore quelques éléments mais je n’ai pas les preuves donc je ne peux pas ici les donner », a répondu le président François Hollande au journaliste qui lui demandait s’il était vrai que le régime syrien avait actuellement recours aux armes chimiques.

« Ce que je sais, c’est que ce régime a démontré à la fois l’horreur des moyens qu’il pouvait utiliser et le refus de toute transition politique », a-t-il ajouté.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a précisé que « des indications, qu’il faut vérifier, nous sont données selon lesquelles il y aurait eu des attaques chimiques récemment ».

« Beaucoup moins importantes que celles de Damas il y a quelques mois, mais des attaques très mortelles, ponctuelles, au Nord-Ouest, pas loin du Liban ».

Une source française proche du dossier a indiqué que les « rapports » sur ces « présomptions « proviennent de différentes sources dont l’opposition syrienne ».

Dans le cadre d’un accord russo-américain de septembre 2013 ayant permis d’éviter des frappes militaires américaines, la Syrie, en proie à une guerre civile depuis trois ans, s’est engagée à détruire son arsenal d’armes chimiques d’ici au 30 juin.

Mais ces opérations ont pris du retard et plusieurs dates limites ont été dépassées. La Syrie a notamment évoqué le manque de sécurité et de matériel pour justifier ces retards tandis que les puissances occidentales accusent Damas de volontairement faire traîner le processus.

Selon l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), la Syrie avait, au 14 avril, évacué de son territoire près des deux tiers de son arsenal chimique.

L’accord russo-américain, suivi d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, avait été conclu après une attaque à l’arme chimique ayant fait des centaines de morts à proximité de Damas en août 2013.

Le régime et les rebelles se sont rejetés la responsabilité de l’attaque.

Une fois les armes chimiques évacuées par le port de Lattaquié, elles sont chargées à bord d’un navire américain qui doit procéder à leur destruction par hydrolyse.

« La France fait en sorte que la Syrie retrouve enfin la liberté et la démocratie. Nous avons voulu que les armes chimiques puissent être détruites », et « nous faisons tout pour permettre une négociation, pour permettre une transition politique », avait déclaré un peu plus tôt François Hollande.