WASHINGTON – Après une épuisante bataille législative, le président américain Barack Obama a fait adopter une mesure commerciale controversée qui contient notamment une législation historique contre le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) qui sévit en Europe.

La législation plus large a fait face à une bataille difficile auprès des alliés traditionnels d’Obama – les démocrates de la Chambre des représentants – qui ont résisté à son autorité et ont voté contre les dispositions clés de crainte que la libéralisation du commerce pourrait avoir un impact sur les emplois en Amérique.

Mais lundi, Obama a promulgué l’autorisation dite de « voie rapide » qui permettra aux négociateurs commerciaux américains de travailler à un accord tant attendu avec les États asiatiques connus comme le Partenariat Trans-Pacifique.

La loi Trade Promotion Authority (TPA) contient également des dispositions anti-BDS, qui font du rejet du phénomène une priorité absolue pour les négociateurs américains lorsqu’ils travailleront sur un accord de libre-échange avec l’Union européenne.

Ces lignes directrices, espèrent ses promoteurs, dissuaderont les gouvernements européens de participer aux activités de BDS en tirant parti de l’incitation que représenterait un accord de libre-échange avec les États-Unis.

« Ceci est une étape historique dans la lutte contre les ennemis d’Israël, puisque l’opposition américaine aux efforts insidieux visant à diaboliser et isoler l’Etat juif est désormais une loi. Le projet de loi bipartite adopté aujourd’hui conditionne tout accord de libre-échange avec l’Union européenne à son rejet de BDS », a déclaré le représentant Peter Roskam, qui, avec le représentant Juan Vargas, a parrainé une des deux dispositions anti-BDS présentes dans la loi.

« Cela va forcer les entreprises comme le géant des télécommunications Orange, qui est partiellement détenu par le gouvernement français, à réfléchir à deux fois avant d’engager une guerre économique contre Israël. Ces entreprises ne seront plus en mesure d’attaquer librement un allié clé des États-Unis sans conséquence », a-t-il ajouté.

« Néanmoins, ce que nous avons accompli aujourd’hui n’est que le début. De la même façon que le mouvement BDS continue de se développer, notre réplique doit continuer de se développer. »

Bien que les dispositions aient commencé comme une législation autonome, elles ont été adoptées à l’unanimité dans les versions de la Chambre et du Sénat de la loi TPA en avril.