Après quatre semaines d’opération punitive israélienne, aérienne et terrestre, qui a fait près de 2 000 morts (dont environ 1 000 hommes armés, selon Israël) et détruit une grande partie de la bande de Gaza, le Hamas survit.

Pour Israël, cela pourrait ne pas être le pire cas de figure.

Parce que malgré son extrémisme violent, le Hamas régit un territoire, entretient un département de service social et contrôle les factions extrémistes plus réduites.

Grâce à des médiateurs, le Hamas et Israël ont conclu des accords en 2011 et en 2012, et en négocient un nouveau en ce moment-même au Caire.

Mais beaucoup d’organisations djihadistes compatriotes du Hamas à Gaza n’ont pas les mêmes intérêts. Pour la plupart, le seul objectif est de combattre, et pas seulement Israël, mais de propager le règne islamiste à travers le monde entier.

C’est pourquoi, au beau milieu du conflit le 28 juillet, le chef de la Defense Intelligence Agency sortant, le lieutenant-général Michael Flynn, a déclaré qu’à la place du Hamas pourrait s’installer « une entité comme l’EIIL », le groupe islamiste radical qui conquiert l’Irak et la Syrie.

« Si le Hamas était détruit et venait à disparaître, nous nous retrouverions probablement avec bien pire », a déclaré Flynn, selon Reuters.

De quels groupes s’agit-il ?

Voici un rapide aperçu des autres grandes organisations dans la bande de Gaza qui aspirent à la destruction d’Israël.

Le Jihad islamique palestinien

Parfois connu en Israël simplement comme « le Jihad », c’est le deuxième plus grand groupe terroriste à Gaza après le Hamas. Fondé en 1979 comme une branche de Frères musulmans égyptiens, le Jihad islamique ressemble au Hamas sous de nombreux aspects.

C’est un mouvement national palestinien, il reçoit des fonds de l’Iran et entretient une petite aile de service social qui comprend des écoles, des hôpitaux et des services de médiation familiale, selon le New York Times. Il fait également partie des négociations au Caire.

Un article de Reuters de 2011 estimait la milice du Jihad islamique, la Brigade Al-Qods, à 8 000 membres, contre des dizaines de milliers du Hamas.

Le Jihad islamique a exécuté un certain nombre d’attaques terroristes au cours de la deuxième Intifada, il y a une dizaine d’années, y compris l’enlèvement et l’assassinat de deux jeunes garçons de 14 ans en 2011 au Gush Etzion.

Il tire souvent des roquettes sur Israël depuis la bande de Gaza, y compris pendant les trois séries de conflits entre Israël et le Hamas au cours des dernières années.

Les Comités de résistance populaires

Les Comités de résistance populaire (CRP) sont une branche du Fatah palestinien, qui gouverne l’Autorité palestinienne en Cisjordanie.

Les CRP ont été fondés en 2000 et s’opposent au processus de paix du Fatah avec Israël. Contrairement à de nombreux groupes opérant dans la bande de Gaza, les CRP ne sont pas islamistes. En 2012, Yediot Aharonot a estimé que c’était la troisième plus forte milice dans la bande de Gaza, qui bénéficie du financement du Hezbollah, également soutenu par l’Iran.

Les CRP ont également mené des attaques terroristes au cours de la deuxième Intifada. En 2006, ils ont collaboré avec le Hamas dans l’enlèvement du soldat israélien Gilad Shalit.

Les groupes djihadistes

Un certain nombre de groupes djihadistes sont actifs dans la bande de Gaza. Ils sont favorables ou participent à l’objectif de l’État islamique et d’Al-Qaïda de rétablir un califat islamique international. Parmi eux, l’Armée de l’Islam, qui a participé à l’enlèvement de Shalit, et qui a kidnappé le journaliste de la BBC Alan Johnston en 2007.

Un autre groupe, Tawhid wal’Jihad, a tiré un certain nombre de roquettes sur Israël et est célèbre pour l’enlèvement et l’assassinat en 2011 de Vittorio Arrigoni, militant italien de l’International Solidarity Movement.

Un autre groupe, Jund Ansar Allah, a tenté d’attaquer Israël en 2009 et a déclaré Gaza émirat islamique cette même année, déclenchant un échange de tirs avec les forces du Hamas.