Les Juifs du Liban se préparent à la réouverture de la synagogue Magen Avraham à Beyrouth après une phase de restauration qui a duré cinq ans, rapporte le quotidien arabe basé à Londres A-Sharq Al-Awsat.

Construite en 1926, la synagogue est située dans le quartier Wadi Abou Jamil, à prédominance juive au cours de cette époque. Aujourd’hui, les Juifs libanais ne sont plus qu’une centaine, selon le dirigeant de la communauté juive, Isaac Arazi.

« L’effort visant à relancer la communauté juive, c’est avant tout la réouverture de la synagogue dans la zone où les Juifs ont vécu », a déclaré Arazi au quotidien arabe.

« Nous avons récolté des fonds de Juifs libanais résidant en diaspora. Mais les chrétiens et les musulmans nous ont également aidés ».

En 2008, Arazi estimait que le projet coûterait 1 million de dollars.

Seule synagogue de la capitale libanaise, sa structure a été détruite au début de la guerre civile qui a duré près de quinze ans.

Les projets de restauration ont commencé en 2009, avec l’autorisation du gouvernement libanais et même la discrète approbation du mouvement terroriste Hezbollah.

« Nous respectons la religion juive comme nous respectons le christianisme. Les Juifs ont toujours vécu parmi nous. Nous sommes contre l’occupation de la terre par Israël », avait déclaré un porte-parole du Hezbollah en 2008.

Le rapport effectué par le quotidien arabe donne un aperçu de la vie juive libanaise, en publiant des photos d’un cimetière juif abandonné dans la ville de Sidon, et en plongeant dans la mentalité des membres de la communauté.

«  Vous pouvez être assurés que si j’étais un sioniste israélien, je ne voudrais pas rester au Liban une seconde de plus », a déclaré Arazi.

« Mais nous [la communauté juive libanaise] n’avons aucun lien avec ceux qui ont décidé de vivre en Israël et de tuer des innocents » a-t-il ajouté. « Nous nous identifions en tant que Libanais à 100 % ».

Une autre personne interrogée, anonyme, a parlé d’un temps où au Liban, les Juifs se comptaient par milliers et avaient des postes dans la politique et dans l’administration.

L’enquête mentionne aussi le phénomène des « Juifs cachés » au Liban – Juifs qui ont officiellement changé de religion après la création de l’Etat d’Israël en 1948, mais qui pouvaient continuer à pratiquer dans la discrétion.

Un des interviewés, qui se fait appeler Ibrahim, a affirmé qu’il est devenu musulman pour éviter les problèmes parce que « certains Libanais n’acceptaient pas notre présence parmi eux et qu’il était problématique de vivre ouvertement en tant que Juifs ».