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1 100 singes pris en charge par le KKL-JNF et le Sanctuaire des primates

Le Fonds national juif offre des terres dans les forêts pour accueillir des macaques restés enfermés dans des cages depuis la fermeture de l'élevage de Petah Tikva

Des singes dans une cage de la Mazor Farm près de Petah Tikva, dans le centre d'Israël. (Autorisation : IPSF)
Des singes dans une cage de la Mazor Farm près de Petah Tikva, dans le centre d'Israël. (Autorisation : IPSF)

Le Fonds national juif a accepté de prendre en charge plus de mille singes laissés dans l’incertitude depuis plus de six ans, après la fermeture par Israël de l’Institut où ils avaient été élevés pour des expérimentations.

Les singes vont quitter la ferme Mazor, à proximité de Petah Tikva, où ils vivaient dans des cages dans une grande promiscuité et ils vont être confiés aux soins de la Fondation israélienne du sanctuaire des primates, qui va les héberger dans la forêt de Ben Shemen, à l’ouest de la localité de Modiin, a confirmé lundi le KKL-JNF durant une réunion organisée au ministère de la Protection environnementale.

Le KKL-JNF offrira au Sanctuaire des terres pour accueillir les macaques dans ses forêts, situées près du centre du pays. Le ministère de la Protection environnementale a promis d’allouer la somme de 10 millions de shekels à la construction de nouveaux abris pour les animaux.

Avec ces nouvelles arrivées, le Sanctuaire va devenir l’un des plus importants en son genre dans le monde.

Illustration : Un singe utilisé pour une expérimentation dans un laboratoire de l’hôpital Hadassh Ein Karem Hospital à Jérusalem, le 22 juillet 2003 (Crédit : Flash90)

« Nous commençons à retrouver un certain optimisme après de nombreuses années », s’est réjoui Ori Linial, responsable des animaux sauvages maintenus en captivité au sein de l’Autorité israélienne de la Nature et des Parcs (INPA).

Ces singes sont la progéniture d’environ 600 macaques qui avaient été confiés au Sanctuaire des primates en 2013 quand le ministre de la Protection environnementale de l’époque, Gilad Erdan, avait ordonné la fermeture de l’élevage de singes BFC et la vente de ses animaux.

Cet élevage avait ouvert ses portes en 1991 pour fournir des singes pour les laboratoires des États-Unis et également, dans un premier temps, au Royaume-Uni. Les singes avaient alors été importés en Israël depuis l’île Maurice, où ces primates sont considérés comme des nuisibles et où ils peuvent être capturés et exportés légalement.

Cela faisait des décennies que les activistes réclamaient la fermeture de l’élevage quand Erdan avait décidé de mettre un terme à la pratique autorisée de faire naître des singes à des fins d’expérimentation.

A l’époque, le Sanctuaire avait accepté une demande du ministère de la Protection environnementale et de l’INPA de prendre en charge un peu plus de 600 singes adultes de l’élevage, majoritairement des femelles. Ils avaient rejoint 200 singes qui s’y trouvaient déjà après avoir été sauvés des trafiquants pratiquant le commerce illégal des animaux sauvages et d’autres situations, ou qui avaient été adoptés après avoir quitté les laboratoires.

Des singes à la Fondation du sanctuaire des primates en Israël. (Autorisation : IPSF)

Alors que l’État tentait d’examiner ce qu’il pouvait faire des plus de mille singes à la destinée encore incertaine, une organisation à but non-lucratif, Monkey Rescue, avait repris l’élevage, utilisant pour ce faire une donation de deux millions de dollars d’un amoureux des animaux israélo-américain, Adi Gil.

Gil avait ainsi financé la maintenance et l’alimentation des singes pendant deux ans. A l’issue de cette période, Monkey Rescue avait eu des difficultés à soulever des fonds ailleurs et le gouvernement s’était investi, acceptant de prendre en charge les primates jusqu’à leur mort. L’espérance de vie d’un macaque en captivité est de 25 ans à 35 ans.

Pour économiser de l’argent, l’ONG avait été tenue de mettre 30 à 40 singes dans chacune de ses cages.

« Ces animaux sont très intelligents », commente Tamar Fredman, primatologue connue dans le monde entier qui dirige le Sanctuaire, auprès du Times of Israel. « Mais ils ont manqué de stimulation depuis des années. Et dans de telles conditions, ils n’ont pas eu de territoire bien à eux, ce qui peut entraîner de l’agressivité et des combats. »

עכשיו שיש לנו עוד 1100 ילדים – הקופים הצעירים שעדיין חיים בחוות מזור- אנחנו חייבים עוד המון המון צעצועים! אם יש לכם…

Posted by ‎Israeli Primate Sanctuary Foundation -מקלט הקופים הישראלי‎ on Monday, December 13, 2021

L’INPA a pris officiellement la responsabilité des singes en date du 1er décembre, chargeant le Sanctuaire de s’occuper d’eux.

Fredman avait d’ores et déjà effectué un certain nombre de changements pour améliorer la vie des macaques, qui sont âgés de 8 à 11 ans, et ce, même avant qu’ils ne partent vers leur nouvelle vie, dans la forêt. Elle avait embauché un zoologue qui a supervisé les opérations à Mazor Farm, ajouté un troisième repas constitué de différentes graines pour apprendre aux animaux à chercher eux-mêmes leur alimentation et leur a donné des jouets pour les stimuler.

Lundi, en sortant de la réunion organisée au ministère de la Protection environnementale, Fredman a lancé un appel aux dons de jouets sur Facebook.

Fredman prévoit aussi de rénover et d’utiliser certaines des vieilles cages abandonnées pour faire des abris, permettant à un plus grand nombre de singes d’avoir leur propre territoire. Le sol en béton des abris sera recouvert de copeaux de bois.

Un singe, une femelle, capturée dans une forêt de l’île Maurice et élevée à Mazor Farm, s’amuse avec un jouet à la Fondation du Sanctuaire des primates. (Crédit : IPSF)

Linial affirme que ce transfert de responsabilité de la part d’une organisation qui manquait d’expérience et d’argent à Fredman, la primatologue renommée, est « un pas en avant énorme ».

« C’est enthousiasmant de voir les changements qu’elle a déjà effectués et la manière dont réagissent les singes », explique Linial. « Il y a quelques jours, elle a pris de vieilles planches, dévorées par les vers, qui avaient été enlevées des cages et elle les a remises. Elle a compris que ça les amuserait. Au début, ils étaient craintifs – puis le chef du groupe s’est approché et ils ont compris qu’il y avait des vers là-dedans, et ils ont commencé à se chamailler pour déterminer qui serait le premier à aller vers les planches. Ils ont été actifs pendant plusieurs heures, grâce à cela ».

Fredman est impatiente de rencontrer rapidement les autorités chargées de la planification pour mettre au point la construction de nouveaux enclos et pour les fabriquer au plus vite. Il faudra un total d’un peu plus de quatre hectares pour accueillir 39 groupes de macaques en leur offrant un territoire suffisant pour évoluer, il faudra des bassins pour qu’ils puissent s’y rafraîchir, des abris pour qu’ils puissent y dormir et s’y réfugier lorsqu’il y a des intempéries et il faudra aussi créer des allées qui permettront aux personnels de s’occuper des animaux.

« Tout cela montre simplement tout ce qu’on peut faire quand toutes les instances concernées décident d’unir leurs forces et d’agir », dit-elle.

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