Rechercher

39 mois de prison pour le psychothérapeute coupable d’abus sexuels sur des patientes

Yuval Carmi devra également verser 130 000 shekels à titre d’indemnisation à deux de ses victimes ; « Je regrette ce que j’ai fait », a-t-il confié suite au verdict

Yuval Carmi, psychologue reconnu coupable d'infractions sexuelles contre au moins deux de ses patientes, est traduit devant le tribunal de Jérusalem, le 2 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yuval Carmi, psychologue reconnu coupable d'infractions sexuelles contre au moins deux de ses patientes, est traduit devant le tribunal de Jérusalem, le 2 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le psychothérapeute Yuval Carmi, de Jérusalem, a été condamné mardi à trois ans et trois mois de prison par le tribunal de première instance de Jérusalem, suite à un plaider-coupable dans le cadre d’accusations d’agression sexuelle de la part de deux de ses patientes.

Il a été condamné à verser 100 000 shekels de dommages à Kim Ariel Arad, la première plaignante, et 30 000 à une deuxième victime dont le nom n’a pas été révélé.

« Je regrette grandement ce que j’ai fait », aurait déclaré Carmi, âgé de 67 ans, après le prononcé de sa condamnation, selon la Douzième chaîne. « Je suis désolé d’avoir causé du tort et j’espère que cela ne se reproduira pas », a-t-il ajouté.

Arad, qui s’est rendue au tribunal de Jérusalem mardi matin pour assister à l’audience, a déclaré que les excuses de Carmi lui importaient peu.

« J’espère pour lui qu’il est désolé, mais ce qu’il a fait est si grave que les mots ne servent à rien », a-t-elle déclaré à la Douzième chaîne.

Les victimes ont regretté ce qu’elles estiment être une peine clémente, prononcée dans le cadre d’un accord de plaidoyer.

Pour autant, la peine de Carmi est relativement sévère si l’on considère des cas similaires. Son avocat a fait valoir qu’il ne devrait pas être condamné à plus de 10 mois de prison, évoquant une décision de justice de 2015 qui avait condamné un thérapeute reconnu coupable d’abus sexuels à une peine de 10 mois, selon une information donnée par la chaîne publique Kan.

Carmi a admis en décembre avoir commis un acte indécent contre Arad, une patiente âgée 21 ans, venue le consulter pour des abus sexuels subis durant l’enfance.

En janvier, il a été reconnu coupable d’actes indécents commis contre une autre patiente, suite à des aveux obtenus dans le cadre d’un accord de plaidoyer.

Kim Ariel Arad, une des victimes de Carmi, lors d’une manifestation de soutien aux victimes de Carmi, à Jérusalem, le 24 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Informées de son arrestation, cinq autres plaignantes se sont manifestées, l’accusant également d’abus sexuels. L’intéressé n’a admis d’actes répréhensibles que dans trois de ces cas.

L’agression d’Arad a eu lieu début 2021, durant une des sessions. Dans une interview avec la Douzième chaîne diffusée cette année, Arad a déclaré ne pas avoir réagi au moment de l’agression. « Il savait exactement ce qui me faisait déconnecter… et il l’a utilisé. J’avais l’impression que ce n’était pas réel. Est-ce qu’il était vraiment en train de me toucher à cet endroit ? Lorsque j’ai ouvert les yeux, j’ai vu que nous nous embrassions », a-t-elle déclaré à la chaîne à l’époque.

Arad avait exprimé sa déception aux procureurs avant que l’accord de plaidoyer ne soit finalisé, affirmant que Carmi aurait dû être accusé de viol.

« Cet homme m’a utilisée et s’est invité dans ma vie privée pendant quatre ans, ce qui constitue une grave violation de l’éthique [de sa profession]. Il a fini par pénétrer mon corps. C’est arrivé dans son cabinet, lorsque je lui ai révélé les détails du viol que j’avais subi quand j’étais enfant », a déclaré Arad après la condamnation de Carmi en décembre.

Kim Ariel Arad, l’une des victimes de Carmi, avant une audience contre Carmi au tribunal de Jérusalem, le 2 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« J’espérais que police et justice prendraient leurs responsabilités … leur décision de qualifier ainsi ce que j’ai subi, qui ne correspond en rien à ce que j’ai vécu, continue d’alimenter mon sentiment d’insécurité. »

Elle a déclaré avoir envisagé de faire appel devant la Cour Suprême, mais s’être ravisée, consciente que ce serait « de la torture, et [qu’elle ne pouvait pas] en endurer davantage ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...