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68 sénateurs américains tentent de faire annuler l’enquête de l’ONU sur Israël

Un groupe bipartite a rédigé un courrier adressé à Blinken, critiquant le Conseil des droits de l’homme pour sa « campagne visant à dénigrer, discréditer et dénoncer Israël »

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des colonnes de fumée s'élèvent dams le ciel après des frappes de missiles israéliennes sur la ville de Gaza, le 13 mai 2021. (Crédit : AP/Khalil Hamra)
Des colonnes de fumée s'élèvent dams le ciel après des frappes de missiles israéliennes sur la ville de Gaza, le 13 mai 2021. (Crédit : AP/Khalil Hamra)

Plus des deux tiers des membres du Sénat américain, avec une forte représentation bipartite, ont signé une lettre adressée au Secrétaire d’État Antony Blinken, pour appeler l’administration Biden à demander l’annulation d’une enquête du Conseil des droits de l’Homme (CDH) de l’ONU sur le traitement des Palestiniens par Israël.

« Cette approche unilatérale reflète le parti pris du CDH, traditionnellement défavorable à Israël, et l’utilisation disproportionnée de ressources pour une campagne destinée à dénigrer, discréditer et dénoncer Israël », peut-on lire dans la lettre ouverte envoyée à Blinken lundi, signée par 68 sénateurs.

Dirigée par le sénateur démocrate Ben Cardin du Maryland et le sénateur républicain Rob Portman de l’Ohio, l’initiative a reçu le soutien de 31 démocrates et 37 républicains.

L’administration Biden avait rejoint le Haut Commissariat des Nations (HCR) unies pour les réfugiés plus tôt cette année, après le retrait opéré par l’ex-président Donald Trump en raison du parti pris anti-israélien présumé de l’institution. Cherchant à justifier ce revirement, l’actuelle Maison Blanche avait fait valoir qu’elle était incapable d’influencer le dialogue international sur les droits de l’homme sans un siège à la table des discussions.

Les responsables de l’administration Biden ont insisté sur le fait qu’ils utiliseraient le renouvellement de l’adhésion des États-Unis pour s’opposer aux mesures unilatérales visant Israël, et s’élever contre le vote 125-8-34 ouvrant une enquête sur Israël suite à la guerre de mai 2021 contre le groupe terroriste du Hamas.

Outre le conflit entre Israël et le Hamas, la commission doit également enquêter sur « toutes les causes profondes sous-jacentes des tensions récurrentes, de l’instabilité et de la prolongation du conflit », y compris la discrimination et la répression, selon les termes du texte.

La seule façon d’annuler l’enquête, une fois que le HCR a voté pour la création d’une commission d’enquête et que l’Assemblée générale des Nations Unies a voté pour approuver un budget annuel de plus de 4 millions de dollars, serait que le Conseil adopte une résolution annulant la précédente, éventualité toutefois assez improbable compte tenu du soutien écrasant dont bénéficie l’initiative.

Des diplomates arrivent dans la salle du Conseil des droits de l’homme au siège européen des Nations Unies, à Genève, en Suisse, le 2 juin 2009. (Crédit : AP Photo/Keystone/Salvatore Di Nolfi)

Le courrier de lundi fait suite à une lettre bipartite similaire rédigée à la Chambre des Représentants, et signée par 42 législateurs sur un total de 435 représentants.

La lettre du Sénat a été saluée par l’AIPAC, le groupe de pression pro-israélien, qui a qualifié l’enquête de « rouage dans la vaste campagne de l’ONU, qui dure depuis des décennies, pour criminaliser et délégitimer le seul État juif du monde ».

La commission d’enquête a été dénoncée par les dirigeants israéliens dès son annonce en mai dernier, peu après la fin d’une guerre de 11 jours entre Israël et les combattants dirigés par le Hamas, à Gaza.

Les groupes terroristes gazaouis avaient tiré des milliers de roquettes sur Israël pendant les hostilités appelées par Israël « Opération Gardien des murs », tuant 12 personnes, parmi lesquelles 11 civils.

Les frappes aériennes de représailles menées par Israël sur des cibles dans la bande de Gaza avaient tué quelque 250 personnes, dont 66 mineurs, selon le ministère de la Santé du Hamas, qui ne fait pas de différence entre membres d’un groupe terroriste et civils.

Israël avait indiqué que la majorité des personnes tuées étaient des terroristes et insisté sur le fait qu’il avait fait en sorte d’éviter les victimes civiles, tout en combattant des groupes armés profondément et délibérément ancrés dans des zones peuplées.

Israël – parfois soutenu par les États-Unis – accuse depuis longtemps le Conseil des droits de l’homme de partialité anti-israélienne et a le plus souvent refusé de coopérer avec ses enquêteurs.

La rédaction du Times of Israel a contribué à cet article.

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