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Abbas : l’OLP va revoir les accords avec Israël et pourrait en abroger plusieurs

Le chef de l'Autorité palestinienne a déclaré que Ramallah pourrait aussi annuler des accords avec Washington en raison du transfert de l'ambassade à Jérusalem

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'adresse à Palestine TV, la chaîne de télévision officielle de l'Autorité palestinienne. (Crédit : capture d'écran Facebook)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'adresse à Palestine TV, la chaîne de télévision officielle de l'Autorité palestinienne. (Crédit : capture d'écran Facebook)

Un des principaux organes de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) examinera les accords que les Palestiniens ont conclus avec Israël, et pourrait décider d’abroger certains d’entre eux, a déclaré le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas dans une interview télévisée.

Abbas a fait ces commentaires quelques jours avant que le conseil central palestinien, un organe décisionnel de l’OLP, ne se réunisse à Ramallah les 28 et 29 octobre prochains.

« Nous allons mettre tous les accords entre nous et les Israéliens sur la table, et nous leur demanderons d’arrêter de violer chaque accord », a déclaré Abbas à Palestine TV, la chaîne de télévision officielle de l’AP, dans une interview diffusée mardi soir.

« Je ne dis pas que c’est une affaire facile, c’est une affaire dangereuse. Peut-être en arriverons-nous au point d’abroger une grande partie de ce qui nous oppose aux Israéliens. »

L’OLP et Israël ont signé plusieurs accords, parmi lesquels les accords d’Oslo, qui ont instauré l’AP et qui ont défini les liens sécuritaires, économiques et autres entre elle et l’Etat juif.

Le centre Farashe Yoga est situé sur la place Al Manara à Ramallah. (Crédit : Ilia Yefimovich/Getty Images/JTA)

Ces dernières années, Abbas a tenu des propos similaires au sujet des accords entre les Palestiniens et Israël, mais il ne les a jamais abrogés.

Le président de l’AP a toutefois déclaré que son gouvernement basé à Ramallah ne serait pas en mesure de se soustraire aux décisions prises par le conseil central lors de sa prochaine réunion, qualifiant l’organe de l’OLP de « plus haute autorité palestinienne ».

Interrogé sur la déclaration d’Abbas, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a refusé de répondre.

M. Abbas a également déclaré que le conseil central pourrait annuler les accords entre les Palestiniens et les États-Unis.

Dans de récents discours, Abbas a fait référence à un accord avec les Etats-Unis, qui, selon lui, implique que les Palestiniens s’engagent à ne pas rejoindre les agences des Nations unies, à condition que l’administration américaine ne relocalise pas son ambassade en Israël à Jérusalem, ne modifie pas le statut du bureau de représentation de l’OLP à Washington, DC, et continue ses versements au profit des Palestiniens.

Cette année, l’administration Trump a déplacé son ambassade en Israël à Jérusalem, fermé le bureau de représentation de l’OLP dans la capitale américaine, et mis fin à presque tous ses versements au titre de l’aide aux Palestiniens.

Pour leur part, les Palestiniens ont demandé leur adhésion à au moins trois agences de l’ONU plus tôt cette année, sans pour autant tenter de se joindre à d’autres.

Des écoliers palestiniens chantent des slogans et font le signe de la victoire devant le drapeau de l’ONU lors d’une manifestation organisée le 5 septembre 2018 dans le camp de réfugiés d’Arroub, près de Hébron, en Cisjordanie, dans une école financée par les États-Unis, qui a été construite sous les auspices de l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency). Les Etats-Unis, premier contributeur de l’UNRWA, ont annoncé le 31 août qu’ils mettaient fin à tout financement de l’organisation, qu’ils ont qualifiée d’ « irrémédiablement défectueuse » (Crédit : AFP PHOTO / HAZEM BADER)

Les États-Unis s’opposent depuis longtemps au fait que les Palestiniens rejoignent les agences de l’ONU parce que leurs lois stipulent que le financement américain doit être coupé à toute organisation de l’ONU qui leur accorde la pleine adhésion.

Les Palestiniens et les Etats-Unis font également partie d’un accord bilatéral sur la lutte contre le terrorisme, selon le président de l’AP.

Abbas a ajouté que le conseil central se pencherait également sur le statut de la bande de Gaza, et a signalé que si le Hamas ne transférait pas le contrôle de l’enclave côtière à l’AP, les dirigeants palestiniens mettraient fin à tout financement dans ce territoire.

« Soit nous prenons tout en charge et assumons la responsabilité de tout, soit ils prennent tout en charge et assument la responsabilité de tout », a-t-il précisé. « Cette question sera soumise au conseil Central. »

Le Hamas et le Fatah ont signé un accord parrainé par l’Égypte en octobre 2017 pour réunir la Cisjordanie et la bande de Gaza sous un seul gouvernement, mais ne sont pas parvenus à le faire appliquer.

L’organisation terroriste du Hamas est le souverain effectif à l’intérieur de Gaza depuis qu’elle a chassé du territoire l’AP dominée par le Fatah en 2007.

Les armes des groupes armés à Gaza constituent l’un des principaux points de désaccord entre le Fatah et le Hamas. Abbas, qui préside le Fatah, a déclaré que toutes les armes à Gaza devraient être sous contrôle de l’AP. Les dirigeants du Hamas, quant à eux, ont défendu le « droit » des groupes armés de la bande de Gaza à posséder des armes et n’ont pas dit qu’ils seraient prêts à les remettre à l’AP.

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