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Accidents de trottinettes à Tel Aviv : 70 % roulent sans casque, 20 % sont ivres

La plupart des casques sont minimalistes et ne protègent pas assez ; un blessé dit avoir "été hospitalisé plusieurs jours, sans pouvoir boire ou manger pendant 3 semaines"

Des Israéliens sur leurs trottinettes électriques sur le boulevard Rothschild, à Tel Aviv, le 5 mai 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)
Des Israéliens sur leurs trottinettes électriques sur le boulevard Rothschild, à Tel Aviv, le 5 mai 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)

Un hôpital de Tel Aviv submergé par les blessures liées aux trottinettes électriques a révélé que 70 % des conducteurs accidentés ne portaient pas de casque et que 20 % d’entre eux étaient sous l’emprise de l’alcool.

Alors que le nombre de trottinettes électriques se multiplie dans les rues de la Ville Blanche ces dernières années – un grand nombre d’entre elles appartenant à des particuliers, mais aussi des services de location et à des entreprises de livraison de nourriture – de nombreux riverains ont exprimé leurs inquiétudes concernant les risques pour les piétons. Une étude menée par l’hôpital Sourasky de Tel Aviv a révélé les risques encourus par les conducteurs, en particulier ceux qui ne se protègent pas de manière adéquate.

L’étude porte sur les accidents impliquant des vélos et des trottinettes électriques, même si les accidents impliquant ces premiers sont moins fréquents. L’étude a révélé que même lorsque les conducteurs blessés portaient un casque, c’étaient en général des casques dits « demi-coquilles », qui offrent une protection limitée mais sont plus à la mode que les casques complets.

« Malheureusement ces statistiques ne me surprennent pas », a déclaré au Times of Israel le Dr Shimrit Arbel, un des médecins chefs du département de chirurgie buccale et auteur principal de l’étude. « À l’hôpital, nous voyons au quotidien les conséquences des blessures causées par les trottinettes. Le nombre de conducteurs qui les utilisent, souvent sans aucune expérience, augmente tous les jours et le nombre de blessés graves est trop élevé. »

« Le message à faire passer est que les gens doivent porter un casque, un casque complet qui protège tout le visage ».

Tal Sigwai, un patient rétabli de Sourasky, qui a été blessé alors qu’il portait un casque à demi-coque, photographié à l’hôpital. (Crédit : Autorisation/Hôpital Sourasky)

Selon l’étude menée par l’hôpital Sourasky, il y aurait entre 100 000 et 150 000 trottinettes électriques en Israël. On peut y lire que dans une étude distincte, des chercheurs ont constaté qu’entre 2014 et 2019, les accidents impliquant des vélos et des trottinettes électriques comptaient pour plus de 10 % des admissions à l’hôpital pour des blessures dentaires et maxillo-faciales.

La nouvelle étude porte sur les admissions liées aux vélos électriques et aux trottinettes électriques en 2019 et 2020. Pendant cette période, 320 admissions au total ont été enregistrées, soit une admission en moyenne presque tous les deux jours. Parmi celles-ci, 238 patients ont été blessés en conduisant une trottinette électrique et 82 patients ont été blessés lors de la conduite d’un vélo électrique.

Environ un tiers des cas présentaient des fractures des os du visage qui ont nécessité une hospitalisation et une intervention chirurgicale sous anesthésie générale pour réparer les fractures, d’après Arbel. Les blessures les plus courantes sont des dents cassées, voire perdues, et des entailles dans la zone faciale qui nécessitent des points de suture.

Les statistiques concernant le nombre de blessures qui pourraient être évitées grâce à la généralisation du port du casque sur les trottinettes ne sont pas encore claires. Une étude distincte portant sur les casques pour le cyclisme a néanmoins démontré leur forte capacité de protection. Un résumé de travaux universitaires publiés au cours des 18 années précédentes, examiné par des pairs en 2017, a révélé que les casques de vélo réduisaient les traumatismes crâniens de 48 %, les traumatismes crâniens graves de 60 %, les traumatismes cérébraux de 53 %, les blessures au visage de 23 % et le nombre total de cyclistes tués ou gravement blessés de 34 %.

Les préoccupations concernant les risques encourus par les conducteurs de trottinettes trouvent un écho international. L’année dernière, des universitaires à Barcelone ont publié une recherche évaluée par des pairs intitulée : Electric Scooter-Related Injuries : A New Epidemic in Orthopedics » [Blessures liées aux trottinettes électriques : Une nouvelle épidémie en orthopédie].

On peut y lire que « la mode des trottinettes a un coût » et que « le nombre de blessures associées aux accidents de trottinettes électriques est devenu un problème de santé publique en occasionnant une forte hausse des admissions dans les salles d’urgence. »

Le Dr Shimrit Arbel, médecin principal du service de chirurgie buccale de l’hôpital Sourasky (Crédit : Autorisation/Hôpital Sourasky)

Selon le Dr Arbel, ces études soulignent les risques accrus de blessures graves au visage, y compris de fractures des os du visage, en cas de conduite imprudente, de conduite sans casque ou de conduite sous l’emprise de l’alcool.

Tal Sigwai, un des patients traités à Sourasky cet été, qui s’est rétabli depuis, a déclaré que malgré le fait qu’il ait protégé sa tête, il avait souffert de blessures graves à cause du type de casque qu’il portait. Comme beaucoup, il portait un casque dit « demi-coque », c’est-à-dire un casque qui ne couvre que le haut de la tête.

Sigwai a fait une embardée en rentrant du travail à Tel Aviv, causée par un nid-de-poule. Ce créateur de robes de mariée de 34 ans a déclaré : « Au début, je pensais que je n’étais que très légèrement blessé, mais quand je suis arrivé aux urgences, j’ai réalisé que je m’étais disloqué la mâchoire et que je devais subir une intervention chirurgicale pour la réparer. Je ne comprenais pas comment une minute je mesurais une robe pour une mariée, et 30 minutes plus tard j’étais sur le point de subir une opération. »

Un casque à demi-coque. Illustration (Crédit : LanaStock/iStock by Getty Images)

« Tout cela à cause de quelque chose d’aussi inutile et dangereux : une trottinette. J’ai été hospitalisé pendant plusieurs jours dans l’unité buccale et maxillo-faciale et, pendant les trois semaines qui ont suivi, je n’ai pratiquement rien pu manger ni boire.  »

« Cela a été une période difficile pour moi. Aujourd’hui, je ne veux plus conduire de trottinette et je n’ai aucune intention de recommencer. Mais à ceux qui continuent à conduire ces engins dangereux, je leur conseille de jeter leur demi-casque et d’acheter un casque intégral. Je sais à coup sûr que si j’avais roulé avec un casque intégral, je n’aurais pas été dans cette situation. »

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