Affaire Duma : un suspect israélien en résidence surveillée
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Affaire Duma : un suspect israélien en résidence surveillée

Cette décision survient après que la cour a rejeté les aveux d'un suspect, mineur au moment des faites ; le parquet laisse 4 jours à la défense pour faire appel

Un policier palestinien inspecte les dégâts à l'intérieur d'une maison incendiée appartenant à un témoin clé d'un incendie criminel perpétré l'année dernière par des extrémistes juifs qui ont tué une famille palestinienne, dans le village de Duma, en Cisjordanie, après l'incendie qui a éclaté dans la maison aux premières heures du 20 mars 2016. (AFP/Jaafar Ashtiyeh)
Un policier palestinien inspecte les dégâts à l'intérieur d'une maison incendiée appartenant à un témoin clé d'un incendie criminel perpétré l'année dernière par des extrémistes juifs qui ont tué une famille palestinienne, dans le village de Duma, en Cisjordanie, après l'incendie qui a éclaté dans la maison aux premières heures du 20 mars 2016. (AFP/Jaafar Ashtiyeh)

Un tribunal israélien a ordonné jeudi la mise en résidence surveillée d’un Israélien détenu depuis deux ans qui est soupçonné de complicité dans un incendie criminel à Duma ayant tué une famille palestinienne.

Le 31 juillet 2015, des engins incendiaires avaient été lancés contre une maison palestinienne, en Cisjordanie, tuant Ali Dawabsha, un bébé de 18 mois, alors qu’il dormait.

Son père Saad et sa mère Riham, surpris comme lui dans leur sommeil, avaient succombé à leurs blessures les semaines suivantes. Seul avait survécu Ahmed, le frère, alors âgé de quatre ans.

Le principal suspect, Amiram Ben Uliel, a été inculpé en janvier 2016 du triple meurtre. Il doit aussi répondre de la tentative de meurtre d’Ahmed. Il avait fait des aveux complets.

Un autre Israélien, mineur à l’époque des faits et qui n’était pas présent sur les lieux le jour de l’incendie, a été inculpé de complicité de meurtre.

Ces deux personnes sont actuellement derrière les barreaux.

Saad et Riham Dawabsha, avec leur bébé Ali. Tous les trois sont morts lorsque leur maison dans le village de Duma, en Cisjordanie, a été incendiée par des extrémistes juifs présumés, le 31 juillet 2015 (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

En juin dernier, un tribunal de Lod (centre) avait invalidé la quasi-totalité des aveux de la deuxième personne, jugeant qu’ils avaient été obtenus par des moyens coercitifs. Les charges contre Amiram Ben Uliel avaient en revanche été maintenues.

Le jeune homme de 20 ans sera « assigné à résidence avec un bracelet électronique », a affirmé dans un communiqué l’organisation d’extrême droite Honenou, qui défend les deux suspects. Il n’aura pas le droit d’entrer en contact avec des personnes hors de son cercle familial.

L’un de ses avocats, Adi Kedar, a qualifié cette décision de « victoire ».

La libération du suspect en vue du placement en résidence surveillée n’est censée intervenir que dimanche, afin de laisser au parquet le temps de faire appel, selon un communiqué du ministère de la Justice.

« Le procès se poursuit contre les deux suspects qui restent inculpés », souligne par ailleurs le ministère.

Cette décision survient moins d’un mois après que la cour a rejeté les aveux du complice présumé, parce qu’ils auraient été obtenus au moyen d’interrogatoires extrêmement difficiles menés par les services de sécurité du Shin Bet.

Avant l’audience de jeudi, la ministre de la Justice Ayelet Shaked a appelé à la libération du jeun de 20 ans, dont l’identité n’a pas été révélée car il était mineur au moment des faits.

« A la lumière des récentes révélations, j’espère que l’audience sur sa détention sera menée avec miséricorde et que les juges autoriseront (le suspect) à être libéré de prison pendant la durée du procès », a-t-elle écrit dans un communiqué.

« Je suggère que [nous en tirions] une leçon générale sur cette affaire encore non close, à savoir que les parties ne se précipitent pas à juger selon les gros titres des médias », a-t-elle conclu.

En décembre 2015 – plusieurs mois après l’attaque – Shaked avait affirmé qu’il n’y avait pas eu de délit dans l’interrogatoire des suspects. La ministre de la Justice avait déclaré qu’elle surveillait de près l’affaire pour s’assurer qu’elle était correctement gérée.

Bien que le bureau du procureur ait insisté jeudi que la décision de Justice ne change pas la probabilité d’une inculpation, elle marquait tout de même un coup pour l’accusation et le Shin Bet.

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