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Affrontements en Cisjordanie : Un suspect interpellé, un tireur palestinien tué

Deux journalistes et le frère du suspect auraient été blessé dans des circonstances peu claires lors d’affrontements le jour de Kippour

Des soldats israéliens arrêtent un Palestinien suspecté de terrorisme lors d’un raid dans le village de Deir al-Hatab, près de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 5 octobre 2022 (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)
Des soldats israéliens arrêtent un Palestinien suspecté de terrorisme lors d’un raid dans le village de Deir al-Hatab, près de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 5 octobre 2022 (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Un tireur palestinien a été tué au moment où les forces de l’ordre israéliennes procédaient à l’interpellation d’un suspect de la fusillade, survenue dimanche, contre un taxi et un bus en Cisjordanie, a-t-on su mercredi.

Salman Imran, âgé de 35 ans et originaire du village de Deir al-Hatab près de Naplouse, s’est rendu aux forces de l’ordre israéliennes, selon un communiqué conjoint de l’armée israélienne et du service de sécurité du Shin Bet.

« Des soldats ont encerclé la maison du suspect, lequel a tiré sur les soldats depuis l’intérieur », a expliqué l’armée dans un communiqué.

Le tireur, qui se trouve être le frère du suspect, a été blessé lors des affrontements qui ont eu lieu en marge de l’opération, menée lors de Yom Kippour.

Deux journalistes auraient également été blessés dans des circonstances qui restent à préciser.

Wafa, l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne, a déclaré que les deux journalistes étaient employés par la chaîne de télévision d’État Palestine TV.

« Une déclaration a été faite à propos de deux représentants des médias, présents dans la zone de combat et blessés, on ne sait pas à la suite de quoi », a indiqué Tsahal.

Un jeune Palestinien lance des pierres sur des véhicules militaires israéliens dans le village cisjordanien de Deir al-Hatab, à l’est de Naplouse, lors d’une opération visant le suspect d’un attentat terroriste, le 5 octobre 2022. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Selon les forces de l’ordre, Imran était membre du Hamas et avait déjà purgé une peine de prison. Un fusil M-16 a été saisi lors de l’arrestation.

Imran est soupçonné d’être impliqué dans l’attaque menée contre des véhicules israéliens, dimanche, entre la ville palestinienne de Bayt Furik et l’implantation d’Elon Moreh, à l’occasion de laquelle un chauffeur de taxi a été légèrement blessé.

Les forces de l’ordre ont encerclé la maison d’Imran, qui a dans un premier temps refusé de sortir, a précisé l’armée.

Le communiqué ajoute qu’Imran a ouvert le feu sur les soldats israéliens et qu’à un moment donné, son frère a été touché, dans des circonstances encore peu claires.

Il précise que des hommes armés, postés à proximité, avaient ouvert le feu sur les soldats israéliens, qui ont riposté, abattant un tireur au moins.

Alaa Zaghal, 21 ans, « est mort d’une blessure par balle à la tête tirée par l’armée d’occupation [israélienne] », a déclaré le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne dans un communiqué.

L’interpellation a été menée en réaction à l’attentat de dimanche, au cours duquel un homme armé a ouvert le feu sur des véhicules israéliens circulant le long de la route 555, en Cisjordanie. Un taxi a été touché, son conducteur blessé. Un bus a également été touché, heureusement sans faire de blessés.

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux semble montrer le moment exact où le bus a été pris pour cible des tirs.

Un groupe armé palestinien se faisant appeler « L’antre du Lion » a revendiqué la responsabilité de la fusillade dans un communiqué.

Le groupe – basé dans la vieille ville de Naplouse – a été créé ces derniers mois par des membres de plusieurs groupes terroristes. Certains de ses membres étaient apparemment auparavant affiliés à la Brigade des martyrs d’Al-Aqsa et au Jihad islamique palestinien.

« L’antre du Lion » est liée à Ibrahim Nabulsi, tireur palestinien tué lors d’une opération militaire israélienne à Naplouse le mois dernier.

Elle a revendiqué la responsabilité de plusieurs attentats dans le nord de la Cisjordanie ces dernières semaines.

Un taxi apparemment touché par des coups de feu sur une route de Cisjordanie, le 2 octobre 2022. (Crédit : Conseil régional de Samarie)

L’opération a eu lieu alors que Hussein al-Sheikh, ministre des Affaires civiles de l’AP et Secrétaire général du Comité exécutif de l’OLP, se trouvait à Washington pour s’entretenir avec le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan.

La Maison Blanche a déclaré mardi que Sullivan avait « souligné la nécessité de prendre des mesures pour désamorcer les tensions en Cisjordanie en luttant contre le terrorisme et l’incitation à la violence ».

L’attentat de dimanche est une des dernières manifestations en date de la flambée de violence que connaît actuellement la Cisjordanie.

Ces derniers mois, des hommes armés palestiniens ont pris pour cible des postes militaires, des soldats présents le long de la barrière de sécurité en Cisjordanie, des implantations israéliennes ou des civils sur les routes.

L’armée et la police israéliennes sont en état d’alerte accrue depuis la semaine passée, en cette période de fêtes juives, mais les tensions étaient déjà fortes en raison d’une offensive antiterroriste israélienne qui a occasionné la mort de plus de 100 Palestiniens et conduit à l’arrestation de plus de 2 000 hommes lors de raids nocturnes en Cisjordanie.

L’armée a lancé ces opérations « coup de filet » après une série d’attentats palestiniens qui ont tué 19 personnes entre la mi-mars et le début du mois de mai. Lors d’un nouvel attentat en septembre, une femme âgée a été tuée par un Palestinien dans la ville de Holon.

Les soldats israéliens ont essuyé à plusieurs reprises des tirs lors de raids nocturnes dans des villes palestiniennes en Cisjordanie.

Au cours d’une opération, en mai dernier, un commando de police a été tué alors que les soldats achevaient une opération d’arrestation à Jénine.

Le mois dernier, c’est un officier supérieur de Tsahal qui a été tué dans une fusillade avec des Palestiniens au niveau de la barrière de sécurité du nord de la Cisjordanie.

Tsahal ne serait « pas en capacité, sur le plan logistique » de poursuivre ces opérations coup de poing en Cisjordanie, selon une information « urgente » du contrôleur de l’État, publiée dimanche.

L’AFP a contribué à cet article.

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