AIEA : L’Iran produit de l’uranium métal, utilisé pour fabriquer l’arme atomique
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AIEA : L’Iran produit de l’uranium métal, utilisé pour fabriquer l’arme atomique

Le groupe de surveillance de l'ONU a affirmé que Téhéran avait produit 200 grammes du matériau enrichi à 20 %, s'éloignant encore des engagements pris dans le cadre du JCPOA

Photo d'illustration : Un ouvrier iranien dans la structure de conversion de l'uranium d'Isfahan, à 40 kilomètres au sud de Téhéran, au mois de janvier 2014 (Crédit : AP /Vahid Salemi)
Photo d'illustration : Un ouvrier iranien dans la structure de conversion de l'uranium d'Isfahan, à 40 kilomètres au sud de Téhéran, au mois de janvier 2014 (Crédit : AP /Vahid Salemi)

Alors que les chances de redonner vie à l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 – le JCPOA – semblent s’évanouir, l’Iran a progressé dans sa production d’uranium métal, a fait savoir le groupe de veille nucléaire des Nations unies dans la journée de lundi.

« le 14 août 2021, l’Agence a vérifié… que l’Iran a utilisé 257 grammes d’uranium enrichi à 20 % U-235 sous la forme d’UF4 (tetrafluorure d’uranium) pour produire 200 grammes d’uranium métal enrichi à 20 % U-235, » a écrit l’Agence internationale d’énergie atomique, selon Reuters.

L’uranium métal peut être utilisé comme composant dans les armes nucléaires. L’Iran avait signé une interdiction de 15 ans concernant « la production ou l’acquisition de plutonium ou d’uranium métal ou de leurs alliages » dans le cadre du JCPOA qui avait été conclu en 2015 avec les puissances mondiales.

La république islamique avait antérieurement annoncé au groupe de veille de l’ONU avancer dans ses recherches sur la production d’uranium métal, disant que ces recherches visaient à fournir un carburant de pointe pour un réacteur de recherche de Téhéran.

L’AIEA a expliqué qu’avec cette initiative, Téhéran avait atteint la troisième étape d’un plan en quatre étapes – la quatrième étant la production d’une plaque de combustible nucléaire, a noté Reuters.

Mais l’Iran insiste de son côté sur le fait que ses activités nucléaires sont pacifiques et que Téhéran n’a pas pour intention de bâtir une arme atomique.

Le drapeau iranien devant le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique à Vienne, en Autriche, le 24 mai 2021. (Crédit : Florian Schroetter/AP)

L’ancien président américain Donald Trump avait retiré les États-Unis de l’accord en 2018 et il avait réimposé des sanctions qui avaient durement frappé l’économie iranienne, qui dépend du pétrole. La république islamique a riposté en s’éloignant de ses engagements pris dans le cadre du JCPOA, notamment en enrichissant son uranium à des niveaux sans précédent.

Des négociations avaient commencé à Vienne, au mois d’avril, visant à permettre aux deux parties de réintégrer l’accord. La dernière série de pourparlers a eu lieu en date du 20 juin et aucune date de reprise des discussions n’a été fixée. C’est l’UE qui chapeaute ces négociations.

Le président américain Joe Biden, qui a indiqué être prêt à réintégrer le JCPOA, s’est engagé dans des pourparlers indirects avec l’Iran – en plus des discussions officielles qui ont lieu entre les parties qui sont toujours dans l’accord : La Grande-Bretagne, la France, la Chine, l’Allemagne et la Russie.

Des agents de police devant le ‘Grand Hotel Wien’ à se déroulent les négociations sur le nucléaire avec l’Iran, à Vienne, en Autriche, le 9 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Florian Schroetter)

Cela fait longtemps que l’État juif s’oppose à l’accord sur le nucléaire et à l’intention de Biden de le réintégrer.

Un retour au pacte de 2015 semble improbable compte-tenu des tensions qui ont fait leur apparition, avec notamment une attaque au drone qui a pris pour cible un pétrolier exploité par une firme appartenant à un Israélien, le mois dernier, qui a tué deux membres d’équipage, un citoyen britannique et un ressortissant roumain alors que le navire naviguait au large d’Oman.

Le groupe G7 — formé des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon – a attribué la responsabilité de cette frappe au drone à l’Iran, qui rejette pour sa part toute responsabilité dans l’incident.

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