Airbnb se retire des implantations
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Airbnb se retire des implantations

Le communiqué ne précise pas quand la décision entrera en vigueur, ni si les habitations israéliennes de Jérusalem-Est seront aussi retirées de la liste

Annonces Airbnb utilisées dans l'étude (Crédit : autorisation)
Annonces Airbnb utilisées dans l'étude (Crédit : autorisation)

La plate-forme de réservation de logements en ligne Airbnb a indiqué dans un communiqué de presse qu’elle avait réexaminé sa politique, en renonçant à publier des offres dans les implantations.

Après avoir consulté diverses autorités, l’entreprise a décidé de supprimer environ 200 annonces publiées dans les implantations.

« Nous avons conclu que nous devrions retirer de nos listes les logements dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée qui sont au cœur de la dispute entre Israéliens et Palestiniens », a indiqué dans un communiqué Airbnb.

« Nous savons que des gens vont être en désaccord avec cette décision et nous respectons leur perspective. C’est une question controversée », a ajouté le texte.

Le communiqué ne précise pas quand la décision entrera en vigueur, ni si les habitations israéliennes dans la partie annexée de Jérusalem-Est seront également retirées de la liste d’Airbnb.

Le ministre israélien du Tourisme Yariv Levin a immédiatement dénoncé dans un communiqué la décision « honteuse et malheureuse » d’Airbnb. « Notre ministère a commencé à préparer des mesures immédiates pour limiter les activités d’Airbnb » en Israël.

Il a ajouté qu’il comptait lancer un programme pour encourager la location de courte durée de logements dans les implantations de Cisjordanie.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, a appelé tous « ceux qui sont affectés d’envisager de porter plainte contre Airbnb », en se basant sur une loi israélienne contre le boycott de l’Etat hébreu.

Oded Revivi, le porte-parole à l’étranger du Conseil de Yesha, mouvement pro-implantation, lors de la Conférence sur la paix de Haaretz à Tel Aviv, le 12 juin 2017. (Crédit : Tomer Appelbaum)

Le président du conseil municipal d’Efrat, Oded Revivi, a réagi à la décision d’Airbnb.

« Il est décevant de voir le site céder aux pressions extrêmes, ce qui nuit à l’essence même de son existence ainsi qu’à son caractère unique », a déclaré Revivi, qui est également le représentant pour l’étranger du Conseil de Yesha, l’organe qui chapeaute les implantations.

« L’intérêt du site est sa capacité à rapprocher les gens pour leur permettre de discuter et de poser des questions – et pas seulement pour faire de l’argent, » a-t-il ajouté dans un communiqué.

« Cette décision est injuste pour les Israéliens vivant en Judée et en Samarie, et constitue une reddition aux extrémistes et une erreur qui éloigne la paix. »

Arvind Ganesan, directeur de la division Entreprises et droits humains, au sein de Human Rights Watch (Crédit : capture d’écran YouTube)

Un haut responsable palestinien, Saëb Erakat, a en revanche estimé dans un communiqué que la décision d’Airbnb « constitue un première étape positive ».

« Il était crucial qu’Airbnb se conforme au droit international selon lequel Israël est une puissance occupante et que les colonies de Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, sont illégales et constituent un crime de guerre », a ajouté M. Erakat.

« Nous réitérons notre appel au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à rendre public la base de données concernant les entreprises qui profitent de l’occupation israélienne », a-t-il ajouté.

Arvind Ganesan, directeur de la division Entreprises et droits humains au sein de Human Rights Watch, a déclaré :

« La décision d’Airbnb de mettre fin à ses inscriptions dans les colonies de peuplement israéliennes est une reconnaissance importante du fait que ces inscriptions ne peuvent pas être à la hauteur de ses responsabilités en matière de droits de l’Homme. Depuis deux ans, Human Rights Watch s’est entretenu avec Airbnb au sujet de la négociation de contrats de location dans des colonies de Cisjordanie illégales au regard du droit international humanitaire et pour lesquels les détenteurs de cartes d’identité palestiniennes sont interdits, et avons publié un rapport à ce sujet demain. Nous exhortons les autres entreprises à faire de même. »

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué qu’elle allait rendre public mardi un rapport intitulé « Bed and Breakfast en terre volée » pour dénoncer les activités d’Airbnb dans les implantations.

L’observatoire des implantations La Paix maintenant a salué lundi la décision prise par Airbnb d’abandonner ses listings dans les habitations israéliennes situées au-delà de la Ligne verte.

« Même si la Ligne verte est invisible aux yeux de Netanyahu et Bennett, le reste du monde fait la distinction entre Israël, le pays souverain, et les Territoires occupés », a noté l’ONG de gauche.

« Les entreprises internationales sont intéressées par faire du commerce avec l’Etat d’Israël mais elles ne souhaitent pas accepter le contrôle militaire continu de millions de Palestiniens ». « Si le gouvernement veut réellement éliminer le BDS – alors il mettra un terme à l’occupation », a conclu le groupe.

Les Palestiniens avaient menacé en 2016 de poursuive Airbnb pour ses activités en Cisjordanie en accusant le site de proposer à la location des logements situés dans des implantations et de les présenter comme localisés en Israël.

La plate-forme Airbnb, basée aux Etats-Unis, avait alors réagi en affirmant « respecter les lois en vigueur là où (elle) opère et enquêter sur des inquiétudes soulevées au sujet de certains référencements ».

Environ 430 000 Israéliens vivent une coexistence souvent conflictuelle avec plus de 2,5 millions de Palestiniens en Cisjordanie, tandis qu’environ 200 000 Israéliens résident à Jérusalem-est.

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