Ambassade US : Abbas fustige la Hongrie, la Roumanie et la République tchèque
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Ambassade US : Abbas fustige la Hongrie, la Roumanie et la République tchèque

L'AP les accuse d'avoir violé la loi en bloquant une critique de l'UE du transfert de l'ambassade, ajoutant que leurs liens avec le monde arabe et islamique en pâtiront

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, et le président roumain  Klaus Iohannis durant une conférence de presse conjointe dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 10 mars 2016 (Crédit : AFP/Abbas MomaniI)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, et le président roumain Klaus Iohannis durant une conférence de presse conjointe dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 10 mars 2016 (Crédit : AFP/Abbas MomaniI)

Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a accusé samedi la Hongrie, la Roumanie et la République tchèque d’avoir violé le droit international après des informations annonçant que les pays avaient oeuvré aux côtés d’Israël pour bloquer une condamnation de l’Union européenne de la relocalisation de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Dans un communiqué transmis par l’agence de presse officielle palestinienne Wafa, l’AP a estimé que le positionnement de ces pays était en opposition avec la politique de l’Union européenne, les résolutions des Nations unies et la convention de Genève. Elle a ajouté que Budapest, Bucarest et Prague subiraient les conséquences de leurs actions et, en particulier, dans leurs liens avec les mondes arabe et islamique.

L’AP a également appelé les autres pays à ne pas suivre l’initiative prise par les Etats-Unis de transférer leur ambassade au sein de la capitale israélienne, disant qu’elle porterait plainte contre les pays qui le feraient.

La condamnation par l’AP de la Roumanie, de la Hongrie et de la République tchèque a eu lieu après qu’un reportage diffusé sur la Dixième chaîne a fait savoir qu’Israël s’était associé à ces trois pays pour bloquer une résolution demandée par la France, qui cherchait à présenter un front européen unifié contre le déménagement de l’ambassade par Washington.

Selon le reportage, le projet de résolution affirmait que Jérusalem devait être la capitale de deux états – Israël et la Palestine ; que le statut de Jérusalem devait seulement être résolu dans le cadre de négociations de paix et que les nations de l’UE ne suivraient pas les Etats-Unis en déplaçant leurs missions dans la ville sainte.

Le président de la République tchèque a, pour sa part, exprimé son soutien au transfert de l’ambassade de son pays à Jérusalem, une démarche à laquelle son Premier ministre est opposé. La Première ministre roumaine s’est également dit favorable à un tel transfert auquel ne souscrit pas le président du pays.

Un nouveau panneau indiquant le chemin vers la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem le 7 mai 2018. (AFP Photo / Thomas Coex)

Mercredi, la chaîne Hadashot a indiqué que des diplomates européens bouderont un événement organisé la semaine prochaine par le ministère des Affaires étrangères, marquant l’ouverture de l’ambassade américaine qui s’installera sur le site d’une structure consulaire américaine de la capitale.

Même si le Premier ministre Benjamin Netanyahu a invité l’ensemble du corps diplomatique à l’événement de dimanche, de nombreux envoyés européens – notamment du Royaume-Uni, de France et d’Allemagne – boycotteront la cérémonie, a ajouté la chaîne.

Le haut-responsable palestinien Saeb Erekat a appelé lundi les dignitaires étrangers en Israël et dans le monde entier à rester à l’écart de l’inauguration, la semaine prochaine, de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem, de manière à ne pas approuver tacitement ce qu’il a qualifié de « violations flagrantes du droit international » de la part de Washington.

« Alors que Washington poursuit une politique d’encouragement de l’anarchie internationale et de mépris des organisations et du droit internationaux, nous appelons tous les corps diplomatiques, les organisations issues de la société civile et les autorités religieuses à boycotter la cérémonie d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem à moins qu’ils n’accordent une légitimité à une décision illégale et à des politiques continues d’occupation, de colonisation et d’annexion de la part d’Israël », a déclaré Erekat.

« La décision prise le 6 décembre par le président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale de l’Etat juif et d’y relocaliser son ambassade est « non seulement illégale, mais elle déjoue également la réalisation d’une paix durable et équitable entre deux états souverains et démocratiques sur les frontières de 1967, Israël et la Palestine vivant côte à côte dans la paix et la sécurité », a continué Erekat.

Les Palestiniens ont rejeté avec force la politique de Trump sur Jérusalem et ont évité depuis le 6 décembre tout contact avec les responsables américains.

Le négociateur palestinien Saeb Erekat prend la parole lors de la conférence du Haaretz et du New Israel Fund à New York le 13 décembre 2015 (Crédit : Amir Levy / Flash90)

L’événement organisé dimanche par le ministère des Affaires étrangères marquera également l’ouverture par le Guatemala de sa mission dans la ville la semaine prochaine, en présence du président du pays Jimmy Morales. Le Guatemala avait annoncé ce transfert quelques semaines après que Trump a fait part de sa décision, devenant le deuxième pays à faire une telle démarche.

Le Paraguay a, pour sa part, confirmé mercredi qu’il déplacerait son ambassade dans la ville sainte, après que Nahshon a expliqué lundi que le président Horacio Cartes se rendrait au sein de l’Etat juif à la fin du mois pour l’inauguration.

Raphael Ahren et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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