Après avoir blâmé le Hezbollah, la blogueuse libanaise traite Israël de « cancer »
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Après avoir blâmé le Hezbollah, la blogueuse libanaise traite Israël de « cancer »

Réagissant à l'article du ToI sur sa condamnation du groupe terroriste, Dima Sadek a déclaré que ses commentaires étaient un "débat interne", qualifiant Israël "d'État d'apartheid"

La blogueuse et journaliste libanaise Dima Sadek. (Capture d'écran vidéo)
La blogueuse et journaliste libanaise Dima Sadek. (Capture d'écran vidéo)

Une célèbre blogueuse libanaise a qualifié Israël de « cancer », en réponse à la publication par le Times of Israël d’un article concernant une vidéo dans laquelle elle critiquait le Hezbollah et son chef Hassan Nasrallah à la suite de l’explosion meurtrière du port de Beyrouth.

« Quand nous critiquons Nassrallah, c’est un débat intérieur libanais. Mais une chose est évidente : nous, les Libanais, serons unis autour de la résistance contre toute attaque israélienne ! », a tweeté Dima Sadek, en lien avec l’article original du ToI sur ses précédents commentaires.

« Israël est un cancer et le système d’apartheid israélien est une honte », a-t-elle ajouté.

Vendredi, Mme Sadek a publié sur Twitter, où elle compte plus de 621 000 abonnés, une vidéo dans laquelle elle dénonçait le Hezbollah comme étant pire pour le Liban que l’ennemi de l’autre côté de la frontière.

La vidéo s’adressait au chef de l’organisation, Hassan Nasrallah, après son discours niant les allégations selon lesquelles le Hezbollah était responsable de l’explosion du port.

« Je veux vous dire une chose : si vous pouvez répondre à cette question pour le peuple libanais, alors je vous jure que nous nous inclinerons tous devant vous – je m’inclinerai devant vous si vous pouvez répondre à cette question », a-t-elle déclaré dans le clip. « Qu’a fait Israël contre nous qui soit pire que vous ? Répondez-moi. »

Dima Sadek, jusqu’à l’année dernière présentatrice d’un talk-show politique populaire avant d’être écartée pour avoir critiqué le Hezbollah, reste une voix populaire sur les réseaux sociaux libanais.

La vidéo de Sadek avait été visionnée plus de 715 000 fois lundi.

La vidéo a donné lieu à des interviews dans les médias. Une d’entre elles, publiée lundi dans le quotidien italien La Repubblica, titrait : « Israël est un ennemi, mais le Hezbollah a fait pire. »

Dans l’interview, Sadek a insisté : « Il n’est pas exagéré de dire que le Hezbollah est pire pour le Liban qu’Israël. Mon problème avec Israël n’est pas politique, mais moral. Je ne suis pas d’accord avec la façon dont il traite les Palestiniens. »

Elle a accusé Nasrallah de mentir sur la culpabilité du Hezbollah concernant l’explosion. « Le Hezbollah contrôle tout dans ce pays. Ils savent exactement ce qui se trouvait dans le port. »

Des manifestants libanais, furieux de l’explosion mortelle imputée à la négligence du gouvernement, affrontent les forces de sécurité pour la deuxième soirée consécutive près d’une rue d’accès au Parlement dans le centre de Beyrouth, le 9 août 2020. (JOSEPH EID/AFP)

Sadek a régulièrement critiqué le Hezbollah et le président du Liban Michel Aoun, un allié du groupe.

Selon les derniers bilans, l’explosion du 4 août a fait 171 morts, 7 000 blessés et environ 300 000 sans-abri. Il s’agit de l’une des plus puissantes explosions non nucléaires jamais enregistrées, endommageant des bâtiments sur des kilomètres à la ronde et creusant un cratère au cœur du port de Beyrouth.

Le Liban faisait déjà face à une situation d’urgence économique grave, due à une corruption de longue date, à des dysfonctionnements politiques et à la pandémie de coronavirus. La destruction des silos à grains du port pourrait également laisser le pays confronté à une pénurie alimentaire.

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