Attentat à Istanbul ; 4 morts dont 3 Israéliens, 11 Israéliens blessés dont 2 grièvement
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Attentat à Istanbul ; 4 morts dont 3 Israéliens, 11 Israéliens blessés dont 2 grièvement

Les victimes israéliennes sont Simha Siman Demri, 60 ans, Yonathan Suher, 40 ans et Avraham Goldman, 70 ans

La police turque éloigne les gens après une explosion dans une rue piétonne et commerçante à Istanbul le 19 mars 2016. (Crédit : AFP / Bulent KILIC)
La police turque éloigne les gens après une explosion dans une rue piétonne et commerçante à Istanbul le 19 mars 2016. (Crédit : AFP / Bulent KILIC)

Dans un pays plongé dans en état d’alerte renforcée, cette attaque, la septième d’ampleur à frapper le pays depuis juin dernier, a visé la fameuse et très commerçante avenue Istiklal, sur la rive européenne de la mégapole stambouliote, où déambulent chaque jour des centaines de milliers de personnes.

Selon un bilan provisoire publié par le gouverneur d’Istanbul, Vasip Sahin, l’attentat a été commis par un « kamikaze », qui a été tué, et a fait au moins quatre morts, 3 Israéliens et un Iranien.

Les victimes israéliennes sont Simha Siman Demri, 60 ans, Yonathan Suher (40), Avraham Goldman (70), a précisé la chaîne d’information CNN-Türk.

Le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères, Dore Gold, a décidé d’interrompre une viste aux Etat-Unis pour se rendre à Istanbul, a indiqué pour sa part l’édition internet du journal Hürriyet.

Le Magen David Adom a affrété deux avions vers Istanbul afin d’évacuer des blessés israéliens, a annoncé un porte-parole de cette organisation à Jérusalem.

L’opération est menée en coopération avec le ministère israélien des Affaires étrangères dont un porte-parole a précisé qu’au moins 11 Israéliens avaient été blessés, dont deux grièvement.

« C’est bien un attentat suicide, une attaque terroriste », a déclaré le gouverneur. Selon lui, l’auteur de l’attaque visait en fait un bâtiment officiel situé dans le voisinage, « la sous-préfecture du quartier de Beyoglu ».

Le ministre de la Santé Mehmet Müezzinoglu a précisé plus tard que 36 personnes avaient été blessées, dont sept se trouvaient dans un état grave. Parmi ces blessés se trouvent 12 étrangers : six Israéliens, deux Irlandais, un Islandais, un Iranien, un Allemand et un citoyen de Dubaï.

Trois ressortissants israéliens figurent parmi les cinq personnes qui ont perdu la vie samedi, a déclaré le vice-ministre turc de la Santé, Ahmet Baha Ötüken.

« Une personne a succombé à ses blessures à l’hôpital, c’est un Israélien. Son nom est Simha Demri », a dit M. Ötüken, cité par l’agence de presse Dogan. Le ministère de la Santé avait auparavant fait état de six Israéliens blessés lors de cette attaque, qui en a fait un total de 36 selon le dernier bilan provisoire.

Le ministère des Affaires étrangères a, quant à lui, confirmé qu’au moins neuf Israéliens figuraient parmi des dizaines de blessés lors de l’attentat suicide.

Le chef de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, qui est en contact avec les responsables en Turquie, a évoqué 6 Arabes israéliens blessés.

Les autorités israéliennes n’arrivaient pas à joindre douze autres Israéliens actuellement dans le pays.

Un des Israéliens blessés, Naama Peled, a parlé aux médias de langue hébraïque de l’hôpital après l’attaque, tandis que le guide David Califa a confirmé sur les médias sociaux qu’il avait également été blessé.

« Pour tous ces braves gens qui sont inquiets, je suis désolé que je ne peux pas vous répondre», a écrit Califa en hébreu sur Facebook. « Naama et moi sommes légèrement blessés et traités. Le reste des membres du groupe sont dispersés entre quatre hôpitaux. S’il vous plaît priez avec nous pour leur santé ».

Les Israéliens blessés faisaient apparemment partie d’un groupe de 14 membres dirigé par Califa en Turquie à l’occasion d’un voyage culinaire.

Un responsable du Parti Justice et Développement du président Recep Tayyip Erdogan, Irem Aktas, aurait tweeté peu après l’attaque « J’espère que les touristes israéliens blessés sont morts », et son compte a ensuite été retiré des médias sociaux.

L’attentat de l’avenue Istiklal n’a fait l’objet d’aucune revendication immédiate.

Des images de vidéosurveillance publiées en ligne par l’agence de nouvelles privée, Dogan, semblent montrer le moment de l’explosion :

« On a entendu une forte explosion. On s’est approché de la fenêtre et là j’ai vu des morceaux de corps collés aux vitres », a raconté à l’AFP un témoin, Ahmet, qui vit dans un immeuble situé en face de l’attaque. « Ensuite, la police nous a évacués ».

‘Forte détonation’

« J’ai entendu une forte détonation. J’ai senti la terre trembler et puis j’ai vu des policiers et des ambulances passer », a pour sa part indiqué, Abdullah, un cireur de chaussures de la place Taksim. « Quand ma fille m’a appelé, j’ai tout de suite compris que c’était grave ».

La rue Istiklal a été évacuée après l’attentat, ainsi qu’une bonne partie de la place Taksim située en amont de l’artère, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Un hélicoptère de la police surveillait à basse altitude la zone, où de nombreux policiers, armes à la main, ont été déployés face à des touristes étrangers interloqués.

Premier officiel à réagir, le vice Premier-ministre Numan Kurtulmus a réaffirmé la détermination du gouvernement islamo-conservateur. « Nous ne cèderons pas face au terrorisme », a-t-il déclaré devant la presse.

Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a réuni dans l’après-midi à Istanbul une réunion de sécurité d’urgence, selon les médias turcs.

La Turquie vit en état d’alerte renforcée depuis une série d’attentats meurtriers attribués aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ou aux rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont repris l’été dernier leurs affrontements avec les forces de sécurité turques.

Le dernier en date, dimanche dernier, une attaque à la voiture piégée qui a visé un arrêt de bus en plein centre d’Ankara, a fait 35 tués et plus de 120 blessés. Le 17 février, un autre attentat du même type avait fait 29 morts, déjà dans la capitale turque.

Ces deux attaques ont été revendiquées par un groupe radical kurde proche des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) en représailles à la mort de civils pendant les opérations de l’armée et la police contre la rébellion kurde dans plusieurs villes du sud-est anatolien.

Alertes

Les TAK ont promis d’autres actions contre l’Etat turc. Face à cette menace, le niveau d’alerte a été renforcé dans de nombreuses grandes villes du pays.

L’Allemagne a fermé jeudi son ambassade à Ankara, son consulat général à Istanbul et ses écoles dans les deux villes en raison d’un risque d’attentat. Le consulat, situé près de la place Taksim, et les deux écoles sont aussi restés fermés vendredi.

En janvier, 12 touristes allemands avaient été tués dans un attentat-suicide, attribué à l’EI dans le centre historique d’Istanbul.

L’ambassade des Etats-Unis à Ankara a également mis en garde ses ressortissants en Turquie contre de possibles attentats et leur a recommandé d' »éviter tout rassemblement politique ou manifestation » lors du fêtes du Nouvel an kurde prévues dimanche et lundi.

Embarrassé par les critiques qui dénoncent les ratés de ses services de sécurité, le président Recep Tayyip Erdogan a réagi en relançant sa guerre contre les « complices » des « terroristes » kurdes, élus, intellectuels ou journalistes.

Depuis plusieurs jours, il presse le Parlement de lever l’immunité de députés du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) poursuivis pour « propagande terroriste », alors que la police multiplie les arrestations de partisans de la cause kurde, suscitant des réactions indignées en Turquie comme à l’étranger.

Vendredi, M. Erdogan a en outre accusé l’Europe de complaisance pour la rébellion kurde, au moment où son pays signait à Bruxelles un accord sur les migrants. « Vous nourrissez une vipère en votre sein », leur a-t-il lancé.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a condamné samedi l’attentat « odieux et lâche » qui a frappé Istanbul.

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