Attentats de Paris : Plusieurs milliers de personnes à Kikar Rabin à Tel Aviv
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Attentats de Paris : Plusieurs milliers de personnes à Kikar Rabin à Tel Aviv

L’ambassade française à Tel Aviv a remercié la municipalité de Tel-Aviv, qui a rendu possible cette réunion sur Kikar Rabin

L'ancien président, Shimon Peres, au rassemblement en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, le 14 novembre 2015 (Crédit : Ambassade de France)
L'ancien président, Shimon Peres, au rassemblement en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, le 14 novembre 2015 (Crédit : Ambassade de France)

L’ambassadeur de France en Israël avait appelé les Israéliens à manifester leur soutien auprès des victimes des attentats de Paris et du terrorisme dans son ensemble.

Un autre rassemblement avait été convié aujourd’hui à Tel Aviv par David Stein Potache, un juif Franco-israélien, originaire de Paris et vivant à Jérusalem et un ami, Tom Wexler.

« -Rejoignez-nous tous devant le Consulat de France à Tel Aviv au 1/3 Ben Yehuda Street à 18h ce soir pour témoigner de notre soutien aux victimes des attentats! » déclaraient les organisateurs de l’événement.

La mairie de Tel Aviv aux couleurs du drapeau français

Alors qu’un rassemblement de solidarité avec Paris débutait sur la place Rabin à Tel-Aviv, les responsables ont allumé le bâtiment de la municipalité de la ville, qui surplombe la place, avec les couleurs du drapeau français.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Kikar Rabin à Tel Aviv pour rendre hommage aux victimes des récentes attaques terroristes du 13 novembre à Paris et pour se tenir avec nous pour la liberté.

L’ambassade française à Tel Aviv a remercié la municipalité de Tel-Aviv, qui a rendu possible cette réunion sur Kikar Rabin, un lieu hautement symbolique pour le peuple israélien.

« Nous voulons aussi exprimer notre profonde gratitude aux dirigeants israéliens de premier plan qui ont assisté à la cérémonie, ont montré leur soutien au peuple français et réaffirmé par leurs discours émouvants les forts liens qui existent entre nos deux pays : Shimon Peres, l’ancien président d’Israël ; Silvan Shalom, le Premier ministre adjoint et le ministre de l’Intérieur et Isaac Herzog, le dirigeant de l’Union sioniste. »

Enfin, nos remerciements vont bien sûr à tous ceux qui ont assisté à la cérémonie, qui étaient des témoins dynamiques de la solidarité entre nos peuples : les membres de la Knesset, les membres du corps diplomatique, les citoyens israéliens, les compatriotes français vivant en Israël, les gens de partout dans le monde.

Représentant la coalition au pouvoir en Israël lors du rassemblement, le ministre de l’Intérieur, Silvan Shalom, a dit à l’ambassadeur français et à d’autres dignitaires rassemblés qu’ « Israël est avec vous et nous allons vous aider. Nous allons vaincre ceux qui veulent détruire nos valeurs ».

Le dirigeant de l'Union sioniste, Isaac Herzog, au rassemblement en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, le 14 novembre 2015 (Crédit : Ambassade de France)
Le dirigeant de l’Union sioniste, Isaac Herzog, au rassemblement en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, le 14 novembre 2015 (Crédit : Ambassade de France)

« Nous adressons nos sincères condoléances au président français, au gouvernement et à l’ensemble du peuple français. Nous allons nous tenir au coude à coude avec vous en tant que nation qui comprend mieux que d’autres ce que cela signifie d’être sous l’assaut de la terreur ».

L’ancien président frêle, Shimon Peres, a également passé un message à la foule, comme l’a fait le chef de l’opposition d’Israël, Isaac Herzog, et l’ambassadeur français Patrick Maisonnave.

Tous les intervenants ont souligné le dévouement commun d’Israël et de la France pour la liberté et les valeurs démocratiques, et la phrase « vive la liberté » a résonné à plusieurs reprises.

Peres a déclaré aux journalistes qu’il a une place dans son cœur pour la France parce que, dans les premiers jours de l’Etat, dans les années suivant sa fondation en 1948, la France a fourni à Israël des armes.

« D’autres pays ont voté pour nous, mais ils [les Français] nous ont donné des fusils. Ils étaient les seuls qui nous ont permis de défendre nos vies. Beaucoup de gens ne connaissent pas cette histoire ».

Lors du rassemblement, l’ancien président israélien avait déclaré : “Monsieur le President, Cher Francois Hollande, Chers amis francais, ce soir nous sommes tous Francais. Votre douleur est la nôtre. Votre combat est le nôtre. Votre espoir et le nôtre. Vos valeurs sont les nôtres.”

“Vous avez toujours été et serez toujours à la pointe du combat contre la barbarie. Vous êtes la cavalerie humaine qui ouvre le chemin vers la liberté et vers la paix. Le terrorisme ne connaît ni frontiers ni morale et nous sommes dans une guerre sans compromission possible, pour stopper ces atrocités.”

“Tous les citoyens d’Israel présentent leurs sincères condoléances auz familles des victims et prient depuis Jérusalem pour un prompt retablissement des blessés.”

“En ces jours difficiles nous sommes tous unis aux côtés de la République francaise. La France sera victorieuse. La France restera toujours une grande nation,” a conclu Shimon Peres.

Interrogé pour savoir si la France avait demandé à Israël de l’aide dans la lutte contre le terrorisme, l’Ambassadeur français en Israël Patrick Maisonnave a déclaré au Times of Israel que « nous ne partons pas de zéro. Il y a toujours eu une grande coopération entre les deux Etats, en particulier en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme. Probablement à cause de ce qui est arrivé, nous allons demander une augmentation de cette coopération ».

Le Belge Israélien, Laurent Cige (Créidt : Simona Weinglass / Times of Israel
Le Belge Israélien, Laurent Cige (Créidt : Simona Weinglass / Times of Israel

Environ la moitié des personnes présentes étaient d’origine israélienne. Le reste étaient des citoyens français ou européens qui ont déménagé en Israël, certains pour échapper à la montée de l’antisémitisme.

Laurent Cige, le propriétaire d’une chaîne de magasins de chocolat appelés Daskalides, a émigré en Israël de la Belgique, il y a 26 ans. Il a précisé qu’il est venu à la manifestation pour montrer leur solidarité avec la douleur du peuple français.

« J’ai le sentiment qu’en tant que démocrates, Israéliens et Juifs, nous partageons de nombreuses valeurs avec les Français, en particulier l’égalité et la fraternité. Voilà comment j’ai été élevé en Belgique. En tant que francophone, je partage la culture française ».

Michal Beit Halachmi (Crédit : Simona Weinglass/Times of Israel)
Michal Beit Halachmi (Crédit : Simona Weinglass/Times of Israel)

Michal Beit Halachmi, une joueuse de clarinette professionnelle, est venue au rassemblement parce qu’elle a beaucoup d’amis à Paris et qu’elle y a été plusieurs fois.

« C’est l’un de mes endroits préférés dans le monde. Les gens dont je me soucie y vivent. Dès que cela est arrivé, j’ai couru vers le téléphone pour voir si elles allaient bien ».

« J’ai parlé à mes amis de la peur », dit-elle.

« Il est important de montrer que nous nous en soucions pour que nous puissions les aider à apprendre à vivre avec la terreur, sans s’y habituer, mais sans qu’ils aient peur au point de cesser de vivre. Je leur ai donné cette énergie. Certains de mes amis m’ont dit, ‘comment tu vis avec ça tous les jours ?’ Je leur ai dit : ‘la seule façon de lutter contre le terrorisme est à travers la vie’ ».

La foule occupait une bonne partie de l’esplanade devant le bâtiment de la mairie éclairé aux couleurs du drapeau français et scandait “Je suis le Bataclan, solidarité à la France”, “France! Israël est avec toi”.

“Cent morts dans une même soirée, même en Israël, même au coeur de l’intifada (le soulèvement palestinien), on n’a pas vu ça”, souligne une manifestante Karine Abbou, une Franco-Israélienne.

Quelques dizaines de Palestiniens se sont rassemblés en soirée devant le centre culturel français à Ramallah, écrivant le mot “Paris” avec des bougies, en signe de solidarité.

Simona Weinglass a contribué à cet article.

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