Au moins 35 migrants tués dans deux naufrages au large de la Turquie
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Au moins 35 migrants tués dans deux naufrages au large de la Turquie

La Turquie est devenue l'un des principaux points de départ des migrants qui veulent s'installer en Europe

De jeunes enfants de réfugiés syriens font la queue pour la nourriture pour rompre le jeûne le 20 juin 2015 à Akcakale, dans la province de Sanliurfa, pendant le mois sacré du Ramadan. (Crédit : AFP)
De jeunes enfants de réfugiés syriens font la queue pour la nourriture pour rompre le jeûne le 20 juin 2015 à Akcakale, dans la province de Sanliurfa, pendant le mois sacré du Ramadan. (Crédit : AFP)

Au moins 35 migrants ont trouvé la mort lundi en mer Egée, au large des côtes occidentales de la Turquie, dans deux naufrages survenus alors qu’ils tentaient de rallier les îles grecques, a rapporté l’agence de presse Dogan.

Un premier drame s’est produit au large de la localité de Dikili, dans la province d’Izmir (ouest), d’où étaient partis les migrants en direction de Lesbos, faisant 11 morts, a précisé l’agence.

Trois passagers de l’embarcation ont été secourus par les gardes-côtes turcs.

Dans une deuxième tragédie, 24 migrants, eux aussi en route pour Lesbos, se sont noyés lorsque leur embarcation a fait naufrage cette fois au large de la localité d’Edremit (ouest), au nord de Dikili. Quatre personnes ont pu être sauvées.

Les gardes-côtes poursuivaient par air et par mer les recherches en début d’après-midi aux alentours d’Edremit pour essayer de retrouver d’éventuels rescapés, a ajouté Dogan.

Ces nouveaux drames coïncident avec une courte visite de travail à Ankara lundi de la chancelière allemande Angela Merkel, venue presser les Turcs d’en faire plus pour ralentir le flux des migrants vers l’Europe.

Ankara et Bruxelles ont signé fin novembre un « plan d’action » qui prévoit une aide européenne de 3 milliards d’euros aux autorités turques en échange de leur engagement à mieux contrôler leurs frontières et à lutter contre les passeurs.

Les pays européens ont validé mercredi le financement de cette enveloppe financière.

La Turquie, qui accueille officiellement quelque 2,7 millions de Syriens et 300 000 Irakiens qui ont fui leur pays en guerre, est devenue l’un des principaux points de départ des migrants qui veulent s’installer en Europe.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a prévenu lundi que son pays ne supporterait pas à lui seul « tout le fardeau » de l’accueil des réfugiés syriens, alors qu’une nouvelle vague de 30.000 personnes ayant fui les combats à Alep se presse à la frontière turque.

« Personne ne doit penser que, comme la Turquie accepte les réfugiés et assume cette responsabilité, elle doit porter toute seule le fardeau » de cet accueil, a déclaré M. Davutoglu devant la presse, après un entretien à Ankara avec la chancelière allemande Angela Merkel. « Environ 30.000 Syriens sont maintenant massés dans une zone proche de la frontière de la Turquie ».

Selon les dernières statistiques publiées par le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), quelque 68 000 migrants sont parvenus à traverser la mer Egée pour entrer en Grèce depuis le début de l’année.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a de son côté recensé 284 décès de migrants pendant la même période sur cette route.

Ankara et Berlin vont demander cette semaine lors d’une réunion à l’Otan l’aide de l’Alliance pour lutter contre les passeurs le long des côtes turques afin de réduire l’afflux migratoire vers l’Europe, a indiqué lundi la chancelière Angela Merkel.

« Nous allons utiliser la rencontre des ministres de la Défense de l’Otan (…) pour parler des possibilités et dans quelle mesure l’Otan peut aider en matière de surveillance en mer pour soutenir le travail de Frontex et des garde-côtes turcs », a déclaré, lors d’un déplacement en Turquie, Mme Merkel.

La Macédoine construit une double clôture pour maîtriser le flux migratoire

La Macédoine a commencé à ériger une nouvelle clôture barbelée à sa frontière avec la Grèce, afin de mieux maîtriser le flux de migrants illégaux, a-t-on appris de source militaire.

La nouvelle clôture sera construite en parallèle avec une autre qui existe déjà, avec l’objectif de rendre plus difficiles les passages des migrants qui entrent dans le pays balkanique en provenance de la Grèce, a dit à l’AFP un responsable de l’armée macédonienne.

« L’idée est d’envoyer aux migrants un message pour dire qu’il y a une double clôture et de renoncer à la franchir illégalement », a déclaré ce responsable ayant requis l’anonymat.

La Macédoine a commencé en novembre à filtrer les migrants, en autorisant uniquement ceux venant des pays en guerre (la Syrie, l’Afghanistan et l’Irak) d’entrer sur son territoire pour poursuivre ensuite leur périple vers l’Europe occidentale.

Toutefois, ceux issus de plusieurs autres pays, considérés comme des migrants économiques, tentent de passer illégalement la frontière entre la Grèce et la Macédoine.

La nouvelle clôture sera érigée près de celle placée en novembre des deux côtés du passage frontalier de Gevgelija par lequel passent régulièrement les réfugiés, selon le responsable militaire, qui a refusé de préciser sa longueur.

Les médias locaux affirment pour leur part qu’elle sera longue de plus de 30 kilomètres.

Plus de 68.000 réfugiés sont entrés en Macédoine depuis le début de l’année, tandis que la police locale a empêché en janvier quelque 4.000 personnes de franchir illégalement la frontière, selon les chiffres officiels.

L’afflux des migrants souhaitant rejoindre les pays de l’Europe occidentale et nordique s’est poursuivi durant l’hiver malgré des températures basses et la périlleuse traversée de la mer entre la Turquie et les îles grecques.

L’Autriche a appuyé samedi une demande de longue date de la Hongrie qui veut « une ligne de défense » dans les Balkans pour stopper l’afflux de migrants face à l’incapacité de la Grèce à « protéger l’espace Schengen ».

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