Au moins 68 morts dans une collision ferroviaire en Espagne ; Saar présente ses condoléances
La tragédie d'Urda est la plus grande catastrophe ferroviaire en Espagne depuis un déraillement meurtrier qui avait fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle en 2013
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Au moins 68 personnes ont été tuées et plus d’une centaine d’autres blessées dans la collision mercredi de deux trains à à grande vitesse à environ 150 km au sud de Madrid, selon les autorités espagnoles, qui ont évoqué une possible erreur humaine à l’origine de cette tragédie.
Cet accident meurtrier est la pire tragédie ferroviaire en Espagne depuis 2013, moins d’un an après une collision entre deux trains à Adamuz, en Andalousie, qui avait fait 46 morts.
« Il y a eu un choc très violent », a raconté à l’AFP Pablo Mejía, 42 ans, évoquant « les gens au sol, les uns sur les autres, des sièges arrachés, une grande confusion », dans l’un des trains accidentés, celui de la Renfe, la compagnie nationale.
Accueilli dans l’un des centres d’accueil d’Urda, la commune de Castille-La-Manche où s’est produit l’accident, il porte des blessures au visage et son pull gris est maculé de sang.
Il estime devoir son salut à un simple changement de place en cours de trajet: « C’est ce qui m’a sauvé la vie. »
« Toute l’Espagne est en deuil », a de son côté déclaré solennellement le Premier ministre Pedro Sánchez depuis le centre de coordination des secours, jugeant « inacceptable » que le pays ait subi deux accidents ferroviaires majeurs « la même année »: « S’il y a eu des négligences, elles seront mises au jour. »
Le dirigeant socialiste a décrété trois jours de deuil national, de jeudi à samedi, alors que le bilan ne cesse de s’alourdir, désormais à 68 morts, selon le président de la région, Emiliano García-Page.
Les autorités ont fait état par ailleurs de 108 blessés, dont 58 hospitalisés.
Décision humaine « inexplicable »
Face à la presse, le ministre des Transports Óscar Puente a fourni des détails sur les circonstances de l’accident, survenu « à 08H53 » (07H53 GMT) entre un train de la compagnie privée Iryo – filiale à 51 % des chemins de fer italiens FS -, avec 152 personnes à bord, et un de la Renfe, qui transportait près de 400 passagers.
D’après son récit, le système de signalisation LZB est tombé en panne « vers 08H30 », provoquant tout d’abord « l’arrêt automatique » de six trains se trouvant dans la zone, dont les deux trains accidentés.
Mais quelques minutes plus tard, le centre de contrôle a ordonné la reprise en marche du train Renfe, une décision « erronée » et « inexplicable », selon les termes d’Óscar Puente.
En un quart d’heure, ce train de la Renfe a parcouru 25 kilomètres, selon le ministre, avant de heurter, à une vitesse encore inconnue et en pleine ligne droite, le train Iryo, resté lui à l’arrêt.
Face aux nombreuses questions des journalistes, Óscar Puente, qui a rejeté l’idée d’une démission, a qualifié l’accident d' »invraisemblable » et assuré que le système ferroviaire espagnol était « sûr ».
Pire tragédie depuis 2013
Sur place, à Urda, un journaliste de l’AFP a vu les trains accidentés, dont deux voitures ont déraillé avant de finir en contrebas du talus. Des passagers, encore sous le choc, étaient évacués le long d’une route voisine, traînant leurs bagages.
Commentant l’incident dans un message rédigé en espagnol sur le réseau social X, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a indiqué qu’Israël continuait à « suivre avec une vive inquiétude les informations concernant ce tragique accident ferroviaire ». Il a présenté, au nom de l’État juif, « ses condoléances les plus sincères aux victimes et à leurs familles en ces moments difficiles », ajoutant qu’il « partageait la douleur du peuple espagnol ».
Avec près de 4 000 kilomètres de voies ferrées, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième du monde, après celui de la Chine.
Près de 26 millions de passagers ont voyagé en TGV en Espagne entre janvier et août, selon des chiffres de l’institut national de la statistique (INE).
La collision d’Adamuz le 18 janvier avait ravivé les débats en Espagne sur l’entretien du réseau ferroviaire et sur la sécurité pour les passagers, dans le deuxième pays le plus visité au monde chaque année.
Avec un bilan qui reste provisoire, la tragédie d’Urda est la plus grande catastrophe ferroviaire en Espagne depuis un déraillement meurtrier ayant fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) en 2013.
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